• [^] # Re: De la liberté de ne pas être représenté par ceux qui prétendent vous représenter

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal LGB ≠ T. Évalué à 3.

    Pourtant les prêtres catholiques qui sont tenus au célibat ne se reconnaissent pas nécessairement dans l’énumération LGBTQIA+, et la réciproque est tout autant possible.

    Vu que tu parles d'asexualité, il y a quelques livres qui me permettent de nuancer ce point:

    • Sodoma, Enquête au cœur du Vatican, de Frederic Martel ou l'auteur affirme que l'homosexualité des prêtres, notamment au sein de la curie romaine, est loin d'être un phénomène marginal.

    • Des soutanes et des hommes: Enquête sur la masculinité des prêtres catholiques, de Josselin Tricou. Je n'ai pas encore lu tout le livre en question, mais le chapitre 2 et 3 parlent du sujet, et l'auteur reprends des bouts de son travail qu'il a déjà présenté, comme Refaire des « taupes » : gouverner le silence des prêtres homosexuels à l’heure du mariage gay.

    Je ne sais plus lequel des deux l'a écrit, mais il faut bien voir que le célibat des prêtres a servi pendant longtemps de porte de sortie à l'obligation d’hétérosexualité et de procréation pour des hommes gays (et sans doute aussi pour les femmes lesbiennes, même si les nonnes lesbiennes, ça fait quand même vachement cliché littéraire du 19eme siécle, ou porno du 20eme).

    Ne pas avoir à fonder une famille tout en ayant une position de prestige, c'était quand même un deal intéressant.

    Ensuite, il faut aussi voir que la communauté autour de l'asexualité est relativement récente (en tant que groupe) vu que ça a commencé dans les années 2000, et dans mon souvenir, le concept a été forgé en prenant comme exemple les communautés LGBT de l'époque (source chapitre 2 de Ace, d'Angle Chen). Mais visiblement, la question de savoir si l'asexualité doit être groupé avec le reste ne fait pas consensus y compris parmi les personnes asexuelles (cf cet essai vidéo de 1h30 sur le sujet).

    Donc oui, sans doute que la majeur partie des prêtres ne s'y reconnaissent pas. D'abord parce que la communauté est récente (encore plus en France, ou les assoces semblent aller et venir, avec l'AVA fondée en 2010 et re-fondée en 2012, puis re-re-fondée en 2019, puis une autre assoce fondée en 2023 quand la première s'est re-re-dissoute), mais aussi parce qu'il y a sans doute plein de prêtres qui ont une vision du devoir de célibat hétérosexuel qui est plus axé sur la lettre de la loi que son esprit.