À première-vue ce que je vais dire n’est pas le sujet du journal, mais en fait je pointe une confusion que tu fais que tu sembles dénoncer dans un autre domaine.
Tu as écrit :
Les religions du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam et autres)
Attention, l’expression « les religions du Livre » est une expression coranique qui signifie « les religions du Coran », employer cette expression est une profession de foi islamique. Employer cette expression, faire cette profession de foi c’est affirmer que le Judaïsme et le Christianisme n’existent que selon les dogmes islamiques, et que les juifs et les chrétiens sont soumis à l’Islam. C’est non-seulement l’expression d’une domination, mais cela suppose que toute interprétation se fait selon l’Islam. Les chrétiens sont alors non-pas définis parce qu’ils sont, mais par l’expérience islamique d’Arabie du 7e siècle, c’est pourquoi ils sont appelés Nazaréens par l’Islam, du nom d’une secte chrétienne éteinte de cette époque dans cette région. Il en est de même des juifs, qui n’ont pas d’autre possibilité que d’être considéré comme l’étaient les juifs au temps premiers de l’Islam, selon les relations de l’époque et du lieu de l’émergence de l’Islam. Employer cette expression c’est aussi faire sienne l’affirmation musulmane que la bible serait falsifiée, et suppose d’accepter les changements islamiques dans les dogmes et les récits (comme par exemple des changements de généalogie, de lieux, etc.).
Il me semble que ton journal cherche à dénoncer une confusion similaire qui serait faite à ton encontre dans un sujet différent. En d’autres termes : peut-être ne te reconnais-tu pas dans le drapeau LGBT, quand bien même le sigle LGBT prétend te représenter. Par exemple, supposons que tu sois une femme qui pratique le lesbianisme, le L du sigle LGBT prétend te représenter, et pourtant tu as le droit ne pas être représenté par le mouvement LGBT, par ce sigle, et par ce drapeau.
En effet, le drapeau et le sigle LGBT sont le produit d’un courant philosophique et politique auquel on a le droit de ne pas adhérer, quand bien même on pratiquerai certaines pratiques listées dans le catalogue LGBT. Le mot de catalogue est important. En fait ce courant philosophique a été notamment popularisé par certains travaux américains dans le sillage du docteur Kinsey. Par exemple si l’on prend la page Wikipédia sur la monosexualité on peut lire :
D'après les rapports Kinsey, 87 % des femmes et 63 % des hommes peuvent être décrits comme monosexuels, en prenant comme outil de classification les expériences sexuelles débouchant sur un orgasme—« Prevalence of Homosexuality » The Kinsey Institute
Comme on le voit ici, selon ces principe, c’est le sexe de celui qui te consomme sexuellement qui définit ce que tu es. Cela suppose d’adhérer à au moins deux dogmes :
l’agir précède l’être (je suis parce que je fais)
ma nature est d’être un produit de consommation dans un marché
Le drapeau LGBT et le sigle supposent l’adhésion à ces principes philosophiques : ils expriment tout deux le catalogue de produits de consommations dans lequel tu es listé par avance.
Pourtant tu peux pratiquer le lesbianisme et ne pas vouloir être réduit à être un produit de consommation sexuelle dans un catalogue. Pourtant tu peux pratiquer le lesbianisme et être convaincu que l’être précède l’agir. En ce sens, tu as parfaitement le droit de ne pas te reconnaître dans le drapeau LGBT et dire que ce n’est pas ton drapeau, quand bien même ce drapeau prétendrait te représenter. Supposer que ce drapeau représente tout le monde est faux, et c’est une domination que de le prétendre.
Je donne un autre exemple : selon la doctrine du catalogue des produits de consommation sexuelles, le célibat est renommé « asexualité » : ce qui est consommé est la continence, et l’homme ou la femme sont consommés pour cela. Pourtant les prêtres catholiques qui sont tenus au célibat ne se reconnaissent pas nécessairement dans l’énumération LGBTQIA+, et la réciproque est tout autant possible.
Prétendre que le drapeau LGBT représente toutes les lesbiennes serait aussi absurde que de prétendre que le drapeau de l’Action Française représente tous les français, ou que la rose socialiste représente tous les travailleurs sociaux (en particulier ici, le socialisme est la doctrine politique du contractualisme, la religion du contrat social élevé au rang de divinité, ce qui n’a donc rien à voir avec « faire du social »).
Puisque tu parles du T de « LGBT », on retrouve encore des conflits doctrinaux à l’intérieur de ce « T », par exemple la différence entre le transsexualisme (philosophiquement plus naturaliste, avec la volonté de transformer le corps et donc la reconnaissance indiscutable de caractères sexuels), et le transgenrisme (philosophiquement contractualiste, c’est parce que tu m’appelles madame et donc que tu acceptes ce contrat que je suis une femme, le contrat social est tenu pour créateur de ma féminité).
Tu exposes dans ton journal d’autres conflits possibles à l’intérieur du sigle LGBT, séparant LGB et T, ce qui reste même possible en adhérant aux principes du contrat cause de toute réalité, de l’agir qui précède l’être, et de la nature première de produit sexuel dans un catalogue. Ce qui ne fait que confirmer que ces symboles ne sont pas aptes à représenter les gens. Et si d’autres gens ne sont pas d’accord avec toi, savoir qui a raison n’a aucune espèce d’importance : si vous n’êtes pas d’accord, alors le sigle ou le drapeau LGBT ne vous représentent pas.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
# De la liberté de ne pas être représenté par ceux qui prétendent vous représenter
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal LGB ≠ T. Évalué à 4.
À première-vue ce que je vais dire n’est pas le sujet du journal, mais en fait je pointe une confusion que tu fais que tu sembles dénoncer dans un autre domaine.
Tu as écrit :
Attention, l’expression « les religions du Livre » est une expression coranique qui signifie « les religions du Coran », employer cette expression est une profession de foi islamique. Employer cette expression, faire cette profession de foi c’est affirmer que le Judaïsme et le Christianisme n’existent que selon les dogmes islamiques, et que les juifs et les chrétiens sont soumis à l’Islam. C’est non-seulement l’expression d’une domination, mais cela suppose que toute interprétation se fait selon l’Islam. Les chrétiens sont alors non-pas définis parce qu’ils sont, mais par l’expérience islamique d’Arabie du 7e siècle, c’est pourquoi ils sont appelés Nazaréens par l’Islam, du nom d’une secte chrétienne éteinte de cette époque dans cette région. Il en est de même des juifs, qui n’ont pas d’autre possibilité que d’être considéré comme l’étaient les juifs au temps premiers de l’Islam, selon les relations de l’époque et du lieu de l’émergence de l’Islam. Employer cette expression c’est aussi faire sienne l’affirmation musulmane que la bible serait falsifiée, et suppose d’accepter les changements islamiques dans les dogmes et les récits (comme par exemple des changements de généalogie, de lieux, etc.).
Il me semble que ton journal cherche à dénoncer une confusion similaire qui serait faite à ton encontre dans un sujet différent. En d’autres termes : peut-être ne te reconnais-tu pas dans le drapeau LGBT, quand bien même le sigle LGBT prétend te représenter. Par exemple, supposons que tu sois une femme qui pratique le lesbianisme, le L du sigle LGBT prétend te représenter, et pourtant tu as le droit ne pas être représenté par le mouvement LGBT, par ce sigle, et par ce drapeau.
En effet, le drapeau et le sigle LGBT sont le produit d’un courant philosophique et politique auquel on a le droit de ne pas adhérer, quand bien même on pratiquerai certaines pratiques listées dans le catalogue LGBT. Le mot de catalogue est important. En fait ce courant philosophique a été notamment popularisé par certains travaux américains dans le sillage du docteur Kinsey. Par exemple si l’on prend la page Wikipédia sur la monosexualité on peut lire :
Comme on le voit ici, selon ces principe, c’est le sexe de celui qui te consomme sexuellement qui définit ce que tu es. Cela suppose d’adhérer à au moins deux dogmes :
Le drapeau LGBT et le sigle supposent l’adhésion à ces principes philosophiques : ils expriment tout deux le catalogue de produits de consommations dans lequel tu es listé par avance.
Pourtant tu peux pratiquer le lesbianisme et ne pas vouloir être réduit à être un produit de consommation sexuelle dans un catalogue. Pourtant tu peux pratiquer le lesbianisme et être convaincu que l’être précède l’agir. En ce sens, tu as parfaitement le droit de ne pas te reconnaître dans le drapeau LGBT et dire que ce n’est pas ton drapeau, quand bien même ce drapeau prétendrait te représenter. Supposer que ce drapeau représente tout le monde est faux, et c’est une domination que de le prétendre.
Je donne un autre exemple : selon la doctrine du catalogue des produits de consommation sexuelles, le célibat est renommé « asexualité » : ce qui est consommé est la continence, et l’homme ou la femme sont consommés pour cela. Pourtant les prêtres catholiques qui sont tenus au célibat ne se reconnaissent pas nécessairement dans l’énumération LGBTQIA+, et la réciproque est tout autant possible.
Prétendre que le drapeau LGBT représente toutes les lesbiennes serait aussi absurde que de prétendre que le drapeau de l’Action Française représente tous les français, ou que la rose socialiste représente tous les travailleurs sociaux (en particulier ici, le socialisme est la doctrine politique du contractualisme, la religion du contrat social élevé au rang de divinité, ce qui n’a donc rien à voir avec « faire du social »).
Puisque tu parles du T de « LGBT », on retrouve encore des conflits doctrinaux à l’intérieur de ce « T », par exemple la différence entre le transsexualisme (philosophiquement plus naturaliste, avec la volonté de transformer le corps et donc la reconnaissance indiscutable de caractères sexuels), et le transgenrisme (philosophiquement contractualiste, c’est parce que tu m’appelles madame et donc que tu acceptes ce contrat que je suis une femme, le contrat social est tenu pour créateur de ma féminité).
Tu exposes dans ton journal d’autres conflits possibles à l’intérieur du sigle LGBT, séparant LGB et T, ce qui reste même possible en adhérant aux principes du contrat cause de toute réalité, de l’agir qui précède l’être, et de la nature première de produit sexuel dans un catalogue. Ce qui ne fait que confirmer que ces symboles ne sont pas aptes à représenter les gens. Et si d’autres gens ne sont pas d’accord avec toi, savoir qui a raison n’a aucune espèce d’importance : si vous n’êtes pas d’accord, alors le sigle ou le drapeau LGBT ne vous représentent pas.
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