Non, parce que toutes les IA n'en sont pas. Par exemple GNU Chess, que j'ai fait exprès de citer pour cette raison.
Je sais que ma définition est incomplète et imparfaite. Mon but n'était pas de donner une définition définitive. L'IA évolue, c'est normal que les définitions soient révisées. C'est normal pour tout domaine qui évolue.
Plus généralement, hors des mathématiques, c'est normal de n'avoir que des définitions imparfaites à notre disposition. Rien n'est clairement et définitivement défini. Quand on écrit un papier de recherche, on est d'ailleurs obligé·e de dédier une introduction pour présenter un point de vue en particulier du domaine dans lequel le papier s'inscrit, voire une section définition pour cadrer le papier.
J'invite à lire ce que dit Ali Alkhatib à ce propos.
Je viens de le faire, ça ressemble à ta présentation dans le journal, et je n'adhère vraiment pas du tout à ce mode de réflexion. Ça ne colle juste pas. Je ne comprends pas de quoi on parle, ce qu'on critique vraiment, etc.
Je ne vois pas de problème à décrire une idéologie liée à l'IA, ou (puisque c'est ça dont il a l'air de s'agir) même plus généralement à critiquer la pensée libertarienne ou le capitalisme ou le libéralisme, ou d'argumenter sur le fait que certaines manifestations liées à l'IA sont des conséquences ou des symptômes de ces idéologies.
Par ailleurs, je ne suis pas convaincu du tout que la définition "technique" de l'IA devrait être remplacée par une définition idéologique. L'article n'en donne d'ailleurs pas. C'est ok, c'est peut-être un début de réflexion, mais du coup il manque la pièce centrale pour travailler sur quelque chose de concret. On peut bien sûr définir des bases pour ensuite poser une réflexion bien carrée (d'ailleurs c'est un peu obligatoire), mais je ne repère pas trop ça dans l'article. On n'a pas d'ailleurs besoin d'une définition si on ne s'en sert pas dans une argumentation plus tard.
Il y a ça dans l'article :
AI is an ideological project to shift authority and autonomy away from individuals, towards centralized structures of power
Ça ressemble à une définition mais ça n'en est pas une. C'est une qualification. Et je ne pense pas que ça soit une qualification fidèle, ni même correcte. De tout le mal que je pense de l'IA aujourd'hui, je ne pense pas que l'objectif des gens qui bossent sur l'IA soit de limiter l'autorité ou l'autonomie des individus, ni de pousser vers des structures centralisées de pouvoir. Ça serait peut-être plutôt des conséquences de certaines manifestations de l'IA parce qu'elle vit dans l'idéologie dominante qui a tendance à avoir ces travers. Elles ne sont pas non plus spécifiques à l'IA. Ça peut s'appliquer à chacun des GAFAM, même dans leurs activités non IA, et ce depuis longtemps. Et d'un tas d'autres trucs.
Mon point de vue :
cette qualification sent la théorie du complot. Comme s'il y avait quelques grands acteurs qui se coordonnaient dans l'ombre pour prendre le pouvoir grâce à l'IA. Ça me pose problème pour plusieurs raisons, au moins celles-là :
en fait, les grands acteurs de ce monde ont déjà le pouvoir et n'ont pas attendu l'IA pour ça
ils ne se coordonnent pas vraiment, ils se font plutôt la compétition
ça ne me parait pas être la description la plus simple de ce qu'il se passe (rasoir d'Ockham)
l'auteur s'oppose en fait au capitalisme / libertarianisme / libéralisme économique. On dirait qu'il découvre les problèmes de ces idéologies avec l'IA pour une raison que je ne comprends pas. Et il passe complètement à côté d'une analyse plus utile, générale, et actionnable en se concentrant sur l'IA. L'IA vie dans l'idéologie dominante, et donc en montre des symptômes et des problèmes, mais comme beaucoup d'autres trucs.
OpenAI et ses copains et leurs modes opératoires sont des artefacts du système économique actuel... qui a une tendance à retirer le pouvoir aux individus et à produire des mégas structures avec des mégas pouvoir. Ça a été vrai depuis des années et l'IA n'est pas un élément nécessaire pour analyser cela. Au mieux, il est intéressant d'analyser ces jeux de pouvoirs à travers les manifestations actuelless de l'IA.
[^] # Re: Réflexions sur le sujets chez Debian
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au journal L'IA est-elle compatible avec le Libre ?. Évalué à 2. Dernière modification le 22 janvier 2025 à 11:14.
Non, parce que toutes les IA n'en sont pas. Par exemple GNU Chess, que j'ai fait exprès de citer pour cette raison.
Je sais que ma définition est incomplète et imparfaite. Mon but n'était pas de donner une définition définitive. L'IA évolue, c'est normal que les définitions soient révisées. C'est normal pour tout domaine qui évolue.
Plus généralement, hors des mathématiques, c'est normal de n'avoir que des définitions imparfaites à notre disposition. Rien n'est clairement et définitivement défini. Quand on écrit un papier de recherche, on est d'ailleurs obligé·e de dédier une introduction pour présenter un point de vue en particulier du domaine dans lequel le papier s'inscrit, voire une section définition pour cadrer le papier.
Je viens de le faire, ça ressemble à ta présentation dans le journal, et je n'adhère vraiment pas du tout à ce mode de réflexion. Ça ne colle juste pas. Je ne comprends pas de quoi on parle, ce qu'on critique vraiment, etc.
Je ne vois pas de problème à décrire une idéologie liée à l'IA, ou (puisque c'est ça dont il a l'air de s'agir) même plus généralement à critiquer la pensée libertarienne ou le capitalisme ou le libéralisme, ou d'argumenter sur le fait que certaines manifestations liées à l'IA sont des conséquences ou des symptômes de ces idéologies.
Par ailleurs, je ne suis pas convaincu du tout que la définition "technique" de l'IA devrait être remplacée par une définition idéologique. L'article n'en donne d'ailleurs pas. C'est ok, c'est peut-être un début de réflexion, mais du coup il manque la pièce centrale pour travailler sur quelque chose de concret. On peut bien sûr définir des bases pour ensuite poser une réflexion bien carrée (d'ailleurs c'est un peu obligatoire), mais je ne repère pas trop ça dans l'article. On n'a pas d'ailleurs besoin d'une définition si on ne s'en sert pas dans une argumentation plus tard.
Il y a ça dans l'article :
Ça ressemble à une définition mais ça n'en est pas une. C'est une qualification. Et je ne pense pas que ça soit une qualification fidèle, ni même correcte. De tout le mal que je pense de l'IA aujourd'hui, je ne pense pas que l'objectif des gens qui bossent sur l'IA soit de limiter l'autorité ou l'autonomie des individus, ni de pousser vers des structures centralisées de pouvoir. Ça serait peut-être plutôt des conséquences de certaines manifestations de l'IA parce qu'elle vit dans l'idéologie dominante qui a tendance à avoir ces travers. Elles ne sont pas non plus spécifiques à l'IA. Ça peut s'appliquer à chacun des GAFAM, même dans leurs activités non IA, et ce depuis longtemps. Et d'un tas d'autres trucs.
Mon point de vue :