Une des conf les plus sympa d'astro que j'ai vu cette année, est celle de Sandrine Vinatier en visio à l'observatoire de Paris. Dispo sur le Tube. Cela concerne l'exploration de Titan, et c'est passionnant. C'est à la fois un défi technique et scientifique, et une véritable aventure, même si ce sont désormais des robots qui en sont les protagonistes directement impliqués !
Une remarque pour approfondir un peu la réflexion sur la science et ces acteurs. Dans l'histoire de la science, il fut un temps où les grandes découvertes étaient surtout le fait de personne exceptionnelles, d'individus inspirés, de savants géniaux. C'est encore peut-être un peu le cas, mais ça devient vraiment l'exception. Le progrès scientifique moderne n'est plus l'affaire d'individus géniaux, mais c'est avant tout une affaire collective. Certain diront même que c'était déjà le cas avant certes. Les célèbres nains sur les épaules de géants
L'étude des systèmes complexe demande de facto de l'interdisciplinarité. J'ai un exemple amusant pour illustrer ça, même si je doute de sa justesse. Mais imaginons un climatologue, étudiant le réchauffement de l'atmosphère et en déduisant qu'il provient, entre autre, du taux de CO2 qu'elle contient. Ce taux augmente de façon plus ou moins constante, sauf durant une petite période de quelque années. Comment imaginer expliquer cela d'un point de vue climatologique alors que la cause racine de cette baisse temporaire est due à la mutation dans l'ARN d'un virus en Chine entrainant une pandémie planétaire ?
Les systèmes complexe ont cette propriété de ne pouvoir être étudiés par une simple méthode réductionniste isolée. Cette méthode qui consiste à diviser les problèmes complexe en sous-problème plus simple à résoudre échoue car certains effets n'existent qu'a l'échelle complète du système et du fait de l'interdépendance des systèmes entre eux. Dans notre histoire de virus qui fait baisser le taux d'augmentation du CO2 dans l'atmosphère d'une planète, il faut pour expliquer cela, de la virologie, de la biologie, de l'écologie, de la médecine, de l'économie, de la géopolitique, de la sociologie, de la physique, de la géophysique et de la climatologie (et j'en oublie surement).
Beaucoup de sciences modernes sont confronté à ça. L'écologie, l'économie, la psychologie cognitive et les neurosciences, par exemple, et dans une certaine mesure, l'informatique, ou des technologie comme l'IA sont à la fois une solution à ce type de problèmes tout en étant aussi un problème de ce type à résoudre, puisqu'on ne sait pas vraiment encore expliquer, en tout cas il me semble, pourquoi ça marche aussi bien.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
# La science moderne face à la complexité et son inévitable besoin de changer d'échelle.
Posté par Big Pete . En réponse à la dépêche L’exploration et le calcul de l’espace : l’horlogère, l’astronome et l’astrophysicienne. Évalué à 7.
Merci pour cette dépêche !
Une des conf les plus sympa d'astro que j'ai vu cette année, est celle de Sandrine Vinatier en visio à l'observatoire de Paris. Dispo sur le Tube. Cela concerne l'exploration de Titan, et c'est passionnant. C'est à la fois un défi technique et scientifique, et une véritable aventure, même si ce sont désormais des robots qui en sont les protagonistes directement impliqués !
Une remarque pour approfondir un peu la réflexion sur la science et ces acteurs. Dans l'histoire de la science, il fut un temps où les grandes découvertes étaient surtout le fait de personne exceptionnelles, d'individus inspirés, de savants géniaux. C'est encore peut-être un peu le cas, mais ça devient vraiment l'exception. Le progrès scientifique moderne n'est plus l'affaire d'individus géniaux, mais c'est avant tout une affaire collective. Certain diront même que c'était déjà le cas avant certes. Les célèbres nains sur les épaules de géants
Reste qu'aujourd'hui, cela a pris une toute autre dimension. Et c'est surement un des effets de la complexité.
L'étude des systèmes complexe demande de facto de l'interdisciplinarité. J'ai un exemple amusant pour illustrer ça, même si je doute de sa justesse. Mais imaginons un climatologue, étudiant le réchauffement de l'atmosphère et en déduisant qu'il provient, entre autre, du taux de CO2 qu'elle contient. Ce taux augmente de façon plus ou moins constante, sauf durant une petite période de quelque années. Comment imaginer expliquer cela d'un point de vue climatologique alors que la cause racine de cette baisse temporaire est due à la mutation dans l'ARN d'un virus en Chine entrainant une pandémie planétaire ?
Les systèmes complexe ont cette propriété de ne pouvoir être étudiés par une simple méthode réductionniste isolée. Cette méthode qui consiste à diviser les problèmes complexe en sous-problème plus simple à résoudre échoue car certains effets n'existent qu'a l'échelle complète du système et du fait de l'interdépendance des systèmes entre eux. Dans notre histoire de virus qui fait baisser le taux d'augmentation du CO2 dans l'atmosphère d'une planète, il faut pour expliquer cela, de la virologie, de la biologie, de l'écologie, de la médecine, de l'économie, de la géopolitique, de la sociologie, de la physique, de la géophysique et de la climatologie (et j'en oublie surement).
Beaucoup de sciences modernes sont confronté à ça. L'écologie, l'économie, la psychologie cognitive et les neurosciences, par exemple, et dans une certaine mesure, l'informatique, ou des technologie comme l'IA sont à la fois une solution à ce type de problèmes tout en étant aussi un problème de ce type à résoudre, puisqu'on ne sait pas vraiment encore expliquer, en tout cas il me semble, pourquoi ça marche aussi bien.
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.