• [^] # Re: ce n'est malhereusement pas que l'édition qui souffre.

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien 2024, le début de la fin pour l'édition indépendante ?. Évalué à 4.

    Tu as des preuves que c'est délibéré, genre tout fait dans ce but réel ?

    Personnellement, je n'en ai pas l'impression, je pense surtout que c'est un effet de bord économique et politique.

    Effet de bord politique car en effet la législation est complexe (mais il y a souvent une bonne raison aussi). Du coup le petit acteur indépendant aura du mal à suivre et à savoir comment s'en sortir. C'est l'avantage des grands groupes de pouvoir recourir facilement à des services de juristes, fiscalistes, etc. qui peuvent les guider.

    L'effet de bord économique car les grands groupes ont l'avantage des économies d'échelles et de l'image de marque. En France tout le monde connaît la Fnac ou Amazon (ou presque). Si tu veux acheter un livre par exemple où que ce soit en France, c'est un réflexe facile à adopter avec en plus un site pour facilement commander si on veut ce qui n'est pas forcément le cas de la librairie de quartiers. Et Fnac peut optimiser de nombreux coûts, utiliser sa diversification aussi pour tenir le coup si la vente des livres rend le business non rentable quelques temps, obtenir des prix pour la logistique, affecter les employés à différentes tâches si le besoin baisse en rayon livre, avoir une publicité nationale sur tout support, etc. Et encore le livre est un secteur avec le prix unique qui limite cet effet, dans des processus industriels non concernés par ce genre de loi c'est encore plus puissant que ça car en jouant sur les volumes tu peux vendre moins cher le produit.

    C'est un effet de bord connu de l'industrialisation, c'est l'industrialisation qui a permis aussi d'augmenter significativement le pouvoir d'achat. Oui les meubles Ikea sont moins chers que celui de l'artisan du coin, mais c'est lié à ce phénomène.

    Pour y remédier, donner juste des aides n'est pas la bonne approche, il faudrait plutôt :

    • Simplifier la loi et aides existantes quand c'est possible pour permettre leur bon suivi par les petits acteurs ;
    • Regrouper des acteurs indépendants ensembles, par exemple des librairies qui s'unissent pour avoir un site web pour commander des ouvrages et savoir où ils sont facilement en ayant le contrôle dessus ;
    • Les acteurs peuvent se diversifier, certains petits commerces n'ont pas le choix à ce sujet ;
    • Trouver un moyen de se démarquer, certes ils vendent moins mais plus chers en faisant du sur mesure ou de la qualité ou en fournissant un service souhaité, plus compliqué quand on vend un produit qu'on ne fait pas soi même ;
    • Faire des événements, par exemple dans le milieu de la littérature des moments de lectures, débats autour d'un livre, dédicaces, ce genre de choses pour tenter de se démarquer de ce que proposent les groupes plus grand.

    Je ne dis pas que d'ailleurs les petites structures ne font pas déjà cela, et ce n'est d'ailleurs pas une garantie de succès non plus. Si le client ne veut pas du service du petit acteur car le gros acteur convient pour lui, cela va être difficile de changer cela.

    Mais en tout cas on peut largement expliquer la difficulté des petits acteurs quelque soit le secteur d'activité par ce genre de phénomènes sans impliquer une volonté politique forte de les détruire.