• [^] # Re: Distributions GNU/Linux d'origine européenne existantes

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Une pétition pour un « EU-Linux » : un appel à la souveraineté numérique européenne. Évalué à 10.

    Pour être plus précis, voici les principaux arguments cités par les deux officiers de gendarmerie pour utiliser une variante d'Ubuntu plutôt qu'une Ubuntu directement:

    • Personnalisation de l’interface utilisateur : GendBuntu a été conçu pour ressembler autant que possible à l’environnement Windows utilisé précédemment, afin de minimiser les perturbations pour les utilisateurs. Par exemple, une barre des tâches similaire à celle de Windows a été ajoutée, et les outils intégrés ont été configurés pour offrir un rendu visuel et fonctionnel familier.
    • Simplification des usages : Certaines fonctionnalités et outils inutiles ou superflus dans le contexte de la Gendarmerie ont été supprimés pour alléger le système et le rendre plus efficace pour les tâches spécifiques des agents.
    • Contrôle total sur les mises à jour : En développant une variante spécifique, la Gendarmerie a pu intégrer ses propres politiques de sécurité, notamment en termes de configuration, de mise à jour, et de gestion des correctifs. Cela permet de réduire les risques liés à des modifications externes ou des dépendances à des décisions prises par Canonical (éditeur d’Ubuntu).
    • Intégration aux infrastructures de la Gendarmerie : Les systèmes informatiques de la Gendarmerie ont des exigences uniques, comme la compatibilité avec des logiciels métiers spécifiques, des bases de données et des systèmes d’authentification centralisés. GendBuntu a été conçu pour être parfaitement interopérable avec ces infrastructures existantes.
    • Support des matériels spécifiques : Certains matériels, comme des systèmes radio ou des dispositifs de communication sécurisée, nécessitent des pilotes ou des configurations particulières qui ne sont pas inclus dans une version standard d’Ubuntu.
    • Réduction de la dépendance vis-à-vis de Canonical : Bien qu’Ubuntu soit libre, sa gestion reste influencée par Canonical, une entreprise privée. En créant GendBuntu, la Gendarmerie conserve un contrôle total sur l’évolution et le cycle de vie de son système, évitant toute contrainte imposée par un tiers.
    • Flexibilité dans les choix technologiques : GendBuntu permet d’introduire ou de retirer des composants spécifiques sans attendre les décisions d’un éditeur externe, assurant une totale autonomie technologique.
    • Homogénéité et industrialisation : GendBuntu est optimisé pour être déployé sur les 80 000 postes informatiques de la Gendarmerie, avec des outils de gestion centralisée spécifiques, comme OCS Inventory et des scripts de configuration adaptés.
    • Stabilité et support de long terme : La Gendarmerie a basé GendBuntu sur les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, tout en ajoutant ses propres correctifs et fonctionnalités pour garantir une stabilité maximale sur de longues périodes, essentielle pour un environnement critique comme celui des forces de l’ordre.

    Je ne doute pas que la majorité de ces arguments s'appliquent au reste des administrations européennes.

    La (re)lecture des 2 études de 2022 sur le poste de travail Linux en France (l'une pour la DGFIP et l'autre pour le Ministère des armées - déjà cités dans la dépêche) donnera également un éclairage plus récent.

    "There's no such thing as can't. You always have a choice." - Ken Gor