Y'a aussi le fait de présenter les choses, si les journalistes rappelaient les prises de position passés et les mensonge passés avant la prise de parole d'un politicien, il regarderaient à 2x avant de recommencer à dire des conneries.
Le problème, c'est le décalage entre le temps qu'il faut pour dire une connerie, et le temps qu'il faut pour la contredire. Si un politicien dit "à l'époque j'étais déja favorable à ce projet", il te faut combien de temps pour aller retrouver les votes qui correspondent? Tu vas arriver 20 minutes après, tout essouflé, avec un truc du genre "Pourtant le 17 janvier 2012 vous aviez voté contre à l'assemblée", et le gars, qui est un professionnel de la rhétorique, va te répondre "C'est hors du contexte, j'ai voté contre cet amendement parce qu'il était proposé par le FN, mais le lendemain j'ai voté pour celui proposé par mon groupe parlementaire", et pouf tu es reparti pour 20 minutes, et quand tu reviens l'interview est terminée, et le gars a eu le temps de raconter 50 autres mythos. Tu ne peux pas t'en sortir.
Et puis, quoi, tu vas préparer des vidéos d'archives, et coup de bol, tu en as préparée une qui contredit ce que le gars vient de dire. Du coup, ton journaliste tout frétillant va en pleine interview passer l'extrait, le politicien va te répondre "Évidemment, j'ai dit ça en 2017, mais vous avez tronqué le début : je disais que A, et peut-être B. J'ai changé d'avis sur B, parce que le contexte international a changé, la situation n'est plus la même. Tout le monde peut changer d'avis, mais de toutes manières B n'a pas d'importance. N'empêche que vous vous êtes bien gardé de montrer que je disais A, et que je suis constant là-dessus depuis mon engagement en politique. Vous voyez, les journalistes, vous essayez toujours de me faire passer pour un menteur, mais c'est vous qui mentez : il y a 10 ans je disais A, et aujourd'hui je dis toujours A, j'ai toujours été constant sur ce point, et essayer d'insinuer le contraire c'est une attaque contre moi. Parce qu'évidemment vous n'avez pas passé un tel extrait à Machin qui est venu hier, ça montre bien qu'il y a une différence de traitement entre ceux qui disent A et les autres".
Il y a bien eu quelques tentatives par exemple où un panel d'experts mettait en temps réel au cours d'un débat des couleurs sur ce que venait de raconter l'un ou l'autre des intervenants. Et puis, quoi? Monsieur Z. va dire "Mes opposants politiques se gardent bien d'assumer une politique migratoire qui vise à progressivement remplacer les français par des Africains d'origine Musulmane, alors que moi je le dis sans cesse depuis 20 ans, parce qu'on doit la vérité aux Français", et là paf la barre devient toute rouge, et du coup, Z. continue "Ben voyons, on voit bien d'où ils viennent vos experts, ils viennent d'un milieu privilégié, ils ont grandi dans des beaux quartiers, ils vivent dans une tour d'ivoire et ne voient pas ce qui est évident pour les vrais Français. Je suis fier d'être en désaccord avec vos experts de pacotille." Et re-paf, victimisation, les journalistes et arbitres sont présentés comme des opposants politiques et ne sont pas neutres, ils ne me laissent pas dire la vérité, bla bla bla, tu n'as rien gagné.
[^] # Re: C'est bien!
Posté par arnaudus . En réponse au lien Ils nous mentent. Évalué à 4.
Le problème, c'est le décalage entre le temps qu'il faut pour dire une connerie, et le temps qu'il faut pour la contredire. Si un politicien dit "à l'époque j'étais déja favorable à ce projet", il te faut combien de temps pour aller retrouver les votes qui correspondent? Tu vas arriver 20 minutes après, tout essouflé, avec un truc du genre "Pourtant le 17 janvier 2012 vous aviez voté contre à l'assemblée", et le gars, qui est un professionnel de la rhétorique, va te répondre "C'est hors du contexte, j'ai voté contre cet amendement parce qu'il était proposé par le FN, mais le lendemain j'ai voté pour celui proposé par mon groupe parlementaire", et pouf tu es reparti pour 20 minutes, et quand tu reviens l'interview est terminée, et le gars a eu le temps de raconter 50 autres mythos. Tu ne peux pas t'en sortir.
Et puis, quoi, tu vas préparer des vidéos d'archives, et coup de bol, tu en as préparée une qui contredit ce que le gars vient de dire. Du coup, ton journaliste tout frétillant va en pleine interview passer l'extrait, le politicien va te répondre "Évidemment, j'ai dit ça en 2017, mais vous avez tronqué le début : je disais que A, et peut-être B. J'ai changé d'avis sur B, parce que le contexte international a changé, la situation n'est plus la même. Tout le monde peut changer d'avis, mais de toutes manières B n'a pas d'importance. N'empêche que vous vous êtes bien gardé de montrer que je disais A, et que je suis constant là-dessus depuis mon engagement en politique. Vous voyez, les journalistes, vous essayez toujours de me faire passer pour un menteur, mais c'est vous qui mentez : il y a 10 ans je disais A, et aujourd'hui je dis toujours A, j'ai toujours été constant sur ce point, et essayer d'insinuer le contraire c'est une attaque contre moi. Parce qu'évidemment vous n'avez pas passé un tel extrait à Machin qui est venu hier, ça montre bien qu'il y a une différence de traitement entre ceux qui disent A et les autres".
Il y a bien eu quelques tentatives par exemple où un panel d'experts mettait en temps réel au cours d'un débat des couleurs sur ce que venait de raconter l'un ou l'autre des intervenants. Et puis, quoi? Monsieur Z. va dire "Mes opposants politiques se gardent bien d'assumer une politique migratoire qui vise à progressivement remplacer les français par des Africains d'origine Musulmane, alors que moi je le dis sans cesse depuis 20 ans, parce qu'on doit la vérité aux Français", et là paf la barre devient toute rouge, et du coup, Z. continue "Ben voyons, on voit bien d'où ils viennent vos experts, ils viennent d'un milieu privilégié, ils ont grandi dans des beaux quartiers, ils vivent dans une tour d'ivoire et ne voient pas ce qui est évident pour les vrais Français. Je suis fier d'être en désaccord avec vos experts de pacotille." Et re-paf, victimisation, les journalistes et arbitres sont présentés comme des opposants politiques et ne sont pas neutres, ils ne me laissent pas dire la vérité, bla bla bla, tu n'as rien gagné.