Ça me parait intéressant comme perspective. Je n'ai pas trop lu ou vu de choses là dessus donc je ne sais pas vraiment quoi en penser. Mais à chaud (ou plutôt à tiède), je me dis que ça permet justement d'agir.
C'est peut-être justement parce que je ne considère pas le gars comme un monstre, mais bien comme un pair, que ça me choque d'autant plus (bon, toutes proportions gardées, je ne suis pas là stupéfait et figé devant mon écran, traumatisé ou autre hein - même si ça me paraîtrait raisonnable de l'être dans le fond). J'ai entendu parler de gens qui se font bouffer par des ours. C'est horrible et terrifiant, mais quelque part ça me choque moins : l'ours "n'est pas des nôtres" (fin, un peu, c'est quand même un collègue mammifère, mais bref), je ne suis pas en train de galérer à essayer de comprendre ce qu'il s'est passé dans sa tête pour en arriver là. Au contraire, c'est même plutôt simple surtout si on anthropomorphise un peu : si ça se trouve, comme nous, il fait du spécisme, il fait assez peu d'empathie pour les humains, il a faim, il voit une proie, il la bouffe. Je ne cautionne pas chez l'humain, mais c'est très répandu et banalisé et je suis né là dedans. Ce n'est peut-être pas ce qu'il se passe exactement dans la tête de l'ours (d'autant qu'on parle quand même d'une espèce dont les membres peuvent manger leur propre progéniture, on a quand-même du mal à s'identifier à ça en général) mais en tout cas c'est plausible.
Si on considère que la personne est un monstre, on peut se dire que c'est tragique mais que c'est comme ça. Si on la considère des nôtres, c'est plus facile d'essayer de chercher à comprendre :
la cause
comment on résout le problème
J'ai émis l'hypothèse du trouble psy. Ça existe, et les gens ayant des troubles psy ne sont pas des monstres. Cette hypothèse pousse à :
améliorer les diagnostiques
améliorer la prise en charge
améliorer l'adaptation de l'environnement.
Sans avoir besoin de l'hypothèse trouble psy, on peut déjà réfléchir à retirer le permis à des gens qui ont un casier judiciaire liée à de la violence (impulsive ?) comme ça.
Je dirais même plus : c'est humain (et répandu) de se laisser emporter par ses émotions. OK. Justement pour cette raison, en fait, pour conduire un tel véhicule si dangereux, vu qu'on sait que ça existe et que c'est humain, il faudrait probablement des tests pour vérifier que tu n'es pas sujet à une telle impulsivité et à un tel manque de contrôle sur tes émotions avant de t'accorder le permis. Ne pas savoir se contrôler, ça devrait être éliminatoire. Tant pis, il y a d'autres moyens de transports et de manière de s'en sortir. C'est loin d'être tout le monde qui se laisse autant aller à ses émotions. Et tu repasses le test quand tu as travaillé sur cet aspect. Perso, je suis capable de bien m'agacer, peut-être devenir verbalement agressif (quand même en général ça se limite à crier "C'EST UNE PISTE CYCLABLE !" ou "VOUS ÊTES À CONTRE SENS !" et après je suis trop loin de toute façon), mais je ne m'imagine tout simplement pas perdre autant contrôle, me remettre en marche vers la direction d'un type et l'écraser. Bon, je ne sais pas si c'est facilement mesurable, et surtout de manière éthique (parce que si le test consiste à te pousser à bout pour voir comment tu réagis, c'est probablement pas ouf).
J'ai aussi rencontré l'hypothèse d'un symptôme du masculinisme excessif (on peut d'ailleurs retirer "excessif", le masculinisme c'est de toute façon excessif). C'est plus osé, mais raisonnable et aussi très puissant et actionnable. En gros, si on arrête d'apprendre aux hommes qu'il faut avoir une grosse bite, il y aura peut-être moins de mecs dans cette perspective de prendre des gros SUV qui sont, en ville, totalement inutiles mais très nuisibles, et de chercher à montrer (même inconsciemment) qu'ils sont puissants (et notamment en choisissant des véhicules chers pour montrer qu'ils en ont une grosse), et par conséquent de se croire tout permis et intouchable. Là encore, si on considère que le type est un monstre, effectivement on passe à côté du fait que c'est un homme assez typique symptôme d'un problème systémique.
Pour moi, il y a une grosse part de sensibilisation à faire. Le gars s'est probablement développé une haine envers les cyclistes. Il faut déterminer la cause et travailler dessus. Et travailler sur la réaction de certains automobilistes vocaux en mode "touche pas à ma bagnole" que tu mentionnes (et qui est probablement effectivement un symptôme du masculinisme - "touche pas à ma bite" (ouais, l'hypothèse me plaît - on ne peut pas conclure sur un seul point de donnée si on myopise sur cette situation uniquement, mais ça me parait plausible)).
En réalité, tout ce que je dis s'applique à nos deux situations personnelles aussi donc quelque part, ça va dans ton sens que c'est un spectre, juste à un niveau plus haut de gravité. Ça ne m'enlève pas de l'esprit qu'il y a quand-même un sacré faussé entre nos deux situations regrettables et ce type qui a un tel manque de contrôle de ses émotions qu'il passe autant à l'act.
Le fait qu'on soit beaucoup que ça ait choqué est utile : j'espère que ça poussera à l'analyse de la situation, et la résolution de problèmes (parmi lesquels, systémiques).
[^] # Re: .
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au lien Vidéo présentant les lieux du meurtre de Paul Varry, avec voitureS roulant sur la piste cyclable. Évalué à 4. Dernière modification le 24 octobre 2024 à 09:03.
Ça me parait intéressant comme perspective. Je n'ai pas trop lu ou vu de choses là dessus donc je ne sais pas vraiment quoi en penser. Mais à chaud (ou plutôt à tiède), je me dis que ça permet justement d'agir.
C'est peut-être justement parce que je ne considère pas le gars comme un monstre, mais bien comme un pair, que ça me choque d'autant plus (bon, toutes proportions gardées, je ne suis pas là stupéfait et figé devant mon écran, traumatisé ou autre hein - même si ça me paraîtrait raisonnable de l'être dans le fond). J'ai entendu parler de gens qui se font bouffer par des ours. C'est horrible et terrifiant, mais quelque part ça me choque moins : l'ours "n'est pas des nôtres" (fin, un peu, c'est quand même un collègue mammifère, mais bref), je ne suis pas en train de galérer à essayer de comprendre ce qu'il s'est passé dans sa tête pour en arriver là. Au contraire, c'est même plutôt simple surtout si on anthropomorphise un peu : si ça se trouve, comme nous, il fait du spécisme, il fait assez peu d'empathie pour les humains, il a faim, il voit une proie, il la bouffe. Je ne cautionne pas chez l'humain, mais c'est très répandu et banalisé et je suis né là dedans. Ce n'est peut-être pas ce qu'il se passe exactement dans la tête de l'ours (d'autant qu'on parle quand même d'une espèce dont les membres peuvent manger leur propre progéniture, on a quand-même du mal à s'identifier à ça en général) mais en tout cas c'est plausible.
Si on considère que la personne est un monstre, on peut se dire que c'est tragique mais que c'est comme ça. Si on la considère des nôtres, c'est plus facile d'essayer de chercher à comprendre :
J'ai émis l'hypothèse du trouble psy. Ça existe, et les gens ayant des troubles psy ne sont pas des monstres. Cette hypothèse pousse à :
Sans avoir besoin de l'hypothèse trouble psy, on peut déjà réfléchir à retirer le permis à des gens qui ont un casier judiciaire liée à de la violence (impulsive ?) comme ça.
Je dirais même plus : c'est humain (et répandu) de se laisser emporter par ses émotions. OK. Justement pour cette raison, en fait, pour conduire un tel véhicule si dangereux, vu qu'on sait que ça existe et que c'est humain, il faudrait probablement des tests pour vérifier que tu n'es pas sujet à une telle impulsivité et à un tel manque de contrôle sur tes émotions avant de t'accorder le permis. Ne pas savoir se contrôler, ça devrait être éliminatoire. Tant pis, il y a d'autres moyens de transports et de manière de s'en sortir. C'est loin d'être tout le monde qui se laisse autant aller à ses émotions. Et tu repasses le test quand tu as travaillé sur cet aspect. Perso, je suis capable de bien m'agacer, peut-être devenir verbalement agressif (quand même en général ça se limite à crier "C'EST UNE PISTE CYCLABLE !" ou "VOUS ÊTES À CONTRE SENS !" et après je suis trop loin de toute façon), mais je ne m'imagine tout simplement pas perdre autant contrôle, me remettre en marche vers la direction d'un type et l'écraser. Bon, je ne sais pas si c'est facilement mesurable, et surtout de manière éthique (parce que si le test consiste à te pousser à bout pour voir comment tu réagis, c'est probablement pas ouf).
J'ai aussi rencontré l'hypothèse d'un symptôme du masculinisme excessif (on peut d'ailleurs retirer "excessif", le masculinisme c'est de toute façon excessif). C'est plus osé, mais raisonnable et aussi très puissant et actionnable. En gros, si on arrête d'apprendre aux hommes qu'il faut avoir une grosse bite, il y aura peut-être moins de mecs dans cette perspective de prendre des gros SUV qui sont, en ville, totalement inutiles mais très nuisibles, et de chercher à montrer (même inconsciemment) qu'ils sont puissants (et notamment en choisissant des véhicules chers pour montrer qu'ils en ont une grosse), et par conséquent de se croire tout permis et intouchable. Là encore, si on considère que le type est un monstre, effectivement on passe à côté du fait que c'est un homme assez typique symptôme d'un problème systémique.
Pour moi, il y a une grosse part de sensibilisation à faire. Le gars s'est probablement développé une haine envers les cyclistes. Il faut déterminer la cause et travailler dessus. Et travailler sur la réaction de certains automobilistes vocaux en mode "touche pas à ma bagnole" que tu mentionnes (et qui est probablement effectivement un symptôme du masculinisme - "touche pas à ma bite" (ouais, l'hypothèse me plaît - on ne peut pas conclure sur un seul point de donnée si on myopise sur cette situation uniquement, mais ça me parait plausible)).
En réalité, tout ce que je dis s'applique à nos deux situations personnelles aussi donc quelque part, ça va dans ton sens que c'est un spectre, juste à un niveau plus haut de gravité. Ça ne m'enlève pas de l'esprit qu'il y a quand-même un sacré faussé entre nos deux situations regrettables et ce type qui a un tel manque de contrôle de ses émotions qu'il passe autant à l'act.
Le fait qu'on soit beaucoup que ça ait choqué est utile : j'espère que ça poussera à l'analyse de la situation, et la résolution de problèmes (parmi lesquels, systémiques).