• [^] # Re: Pas très clair

    Posté par . En réponse au lien L’algorithme de notation de la CNAF attaqué devant le Conseil d’État par 15 organisations. Évalué à 6. Dernière modification le 17 octobre 2024 à 14:19.

    Ton message est très clair, voire nuancé, et plutôt juste à mon sens. Jusqu'à ce "ps" final :

    PS : je vais quand même vous rassurer, ça n'enlève rien qu'il n'y a pas vraiment de problème, "les personnes en difficulté se retrouvent sur-contrôlées" est une façon de tourner les faits pour que ça plaise à ceux qui râlent, pour ne pas dire "les personnes qui sont les plus rentables à contrôler se retrouvent contrôlées plus que les moins rentables" car ça casserait les éléments de langage de victimisation.

    Attend un peu là, c'est toi qui (pour râler, comme tu le dis) tourne et détourne des propos afin d'attaquer des êtres imaginaires qui choisiraient volontairement un "langage de victimisation" pour "pouvoir se plaindre".

    Reprend la lecture de l'article s'il te plaît, et arrête de râler avant de comprendre. Il est très simple dans son raisonnement:

    1. Il existe un algorithme attribuant un score de suspicion aux allocataires
    2. Ce score augmente la probabilité d'être contrôlé
    3. L'algorithme prend en compte les faibles revenus, le chômage, etc. dans les indicateurs permettant d'augmenter le score
    4. Donc, les gens ayant des faibles revenus, qui sont au chômage, etc. sont plus susceptibles d'être contrôlés.

    C'est un constat, pas une tournure de phrase : les contrôles sont plus probables quand tu es très pauvre. C'est ça qui est critiqué, et pas autre chose.

    L'élément que tu apportes en plus, celui de la rentabilité, est annexe à ce constat. C'est ce qui en serait la cause (d'ailleurs on a une source là dessus, ou bien c'est tiré d'un chapeau magique ?).

    Une cause n'est pas une équivalence, ni une tournure de phrase différente. Ne pas évoquer une cause, ce n'est pas pour la passer sous silence afin d'apporter des "éléments de langage de victimisation". C'est très simplement parce que ce n'est pas elle qui est critiquée.

    Qu'on cherche à "rentabiliser" les contrôles, pourquoi pas après tout. Mais comme pour tout, les intentions ne suffisent pas à justifier toute action, il faut en regarder les conséquences. Or, la conséquence dans ce cas, c'est que les contrôles sont automatiquement et mécaniquement plus fréquents chez les populations les plus pauvres.

    Et c'est ça et uniquement ça qui est critiqué : la conséquence, quelle qu'en soit son origine. Si tu ne vois "pas vraiment de problème" dans le fait que l'état ou une de ses administrations puisse avoir par défaut une suspicion de délit plus élevée dans ses populations les plus fragiles financièrement, je ne peux rien pour toi.

    Et puis allons plus loin mettons de côté le fait que tu mélanges la critique d'une chose avec celle de sa cause. Cette cause qui te semble fort naturelle (la rentabilité des contrôles) et ne pas poser de problème me semble au contraire terrifiante. Depuis quand la rentabilité doit être un aspect fondamental de la justice ? C'est pas une pente glissante, c'est un gouffre moral ce que tu avances là.