• # Mon avis à moi

    Posté par . En réponse au journal Les pique-assiettes de l'open source. Évalué à 9. Dernière modification le 11 octobre 2024 à 21:32.

    Cet article de blog, de l'auteur initial de Ruby On Rails, est intéressant sur la dualité "c'est libre mais en fait partage le pognon ou je me fâche" qui fait la une de la presse depuis quelques temps déjà : Automattic is doing open source dirty.

    La concentration sur quelques acteurs est problématique, et l'est d'autant plus que souvent c'est des boîtes américaines, avec les problèmes de souveraineté que ça pose. Couplée à la difficulté d'obtenir des versions "à installer chez soi" (on premises) de ces logiciels, on se retrouve avec une exfiltration forcée des données. C'est TRÈS problématique.

    Concernant le vendor lock-in, c'est aussi vrai quand tu passes d'un outil libre à un autre. Si Spip avait un module d'import depuis un blog Wordpress, ce serait étonnant que l'inverse existe et que l'équipe de Spip fournisse un joli outil pour aller de Spip à Wordpress. Je ne crois pas que personne ait de solution à ça, sauf à utiliser le plus petit dénominateur commun, genre IMAP pour migrer ses mails, Webdav pour les fichiers...

    Sur l'intégration des install.sh des outils proprios, j'ai une expérience plutôt positive finalement. En général c'est prévu pour RHEL/CentOS à minima, de plus en plus souvent pour Ubuntu, et retrouver les libs manquantes est facile. Et souvent, ça fonctionne quand même bien sans rien faire.

    l'argent dépensé pour ces services tiers pourrait être utilisé pour embaucher des développeurs, profiter aux communautés open source et obtenir de meilleurs résultats.

    Sur ce point, je suis totalement d'accord et je te fais un câlin :). Parfois on remplace un Redmine pour un Jira parce qu'il y a plein de fonctions sexy, mais dont on pourrait se passer sans souffrir plus que ça. Ou bien on trouve que Blender c'est compliquay1 (oui, c'est compliqué, mais Maya aussi c'est compliqué).

    Elles introduisent des dépendances envers un service ou un site tiers, qui lorsqu'ils sont cassés prenne votre activité en otage

    Oui ! Et c'est un vrai problème. Très peu d'entreprises ont un schéma ou une matrice permettant de montrer à quel endroit tel ou tel composant (interne ou externe) intervient, pour détecter les points chauds et préparer de la redondance. Même sans parler d'analyse de risque, dès que tu es sur des petites structures, il n'y a pas de plan B. Et comme les TPE/PME sont l'immense majorité des entreprises en France, ben ça tache quand AWS est en carafe...

    Pour finir, je vais être un peu cruel, mais ClamAV ou d'autres anti-virus qui ne fonctionnent que par signature statique, non, en 2024, ça ne sert quasiment plus à rien. Il faut un EDR à minima, et les outils proprios sont malheureusement vraiment en avance sur ce terrain :(.


    1. La killer feature de Blender ? Avoir inversé le bouton gauche et droite pour les sélections.