"Apres, que tu te sentes naif, dans un sens je dirais "tant mieux", un cynique sous Linux n'y resterait pas longtemps..."
Très intéressant. Ca semble parfaitement logique, et pourtant (j'en suis parfois le premier surpris), j'ai plusieurs contre-exemples dans mon entourage. On va virer completement hors-sujet mais tant pis...
Je connais pas mal de gens qui considèrent que "la bataille" est déjà perdue, pas pour GNU/Linux seulement mais pour ce monde qu'ils qualifient de pourri. Ils pensent que la politique n'est plus que "tolerée" par les multinationales. Que les alter-mondialistes font eux même partie du système. Que pendant qu'on se fout de la gueule des americains (avec des commentaires parfois proches du racisme) et de leur malbouffe, on nous prépare la même ici, et qu'on a beau ne pas être des americains, ca va marcher tout pareil. Pour eux, toute initiative pour empêcher cela a été, est, et sera récuperée et mise à la télé. Ils considèrent aussi que croire qu'un danger guette l'humanité (résumé: "le pognon"), c'est déjà se planter, car le danger c'est l'humain, celui qui regarde TF1 et qui engendre ce joli systeme. Que la démocratie est la moins pire des solutions et que pourtant c'est le pouvoir à la majorité, c'est à dire aux cons. Que la seule raison de ne pas vouloir en finir avec tous ces boeufs c'est qu'une dictature ce serait pire encore. Que Victor Hugo prétendait qu'en apprennant a lire aux masses on arriverait à creer un monde politique parfait, et qu'il est beau le resultat: ils lisent ... les pubs pour StarAcademie.
Comme en plus ces pessimistes s'en amusent, presque contents que "la main passe" (l'humanité aurait "fait son temps" et place aux suivants - souvent cités pour la relève: les cafards), je pense qu'on peut les qualifier de cyniques.
Pourtant, à fond linuxiens: si on leur demande à quoi bon, ils répondent que le nihilisme d'accord, mais avec classe. Et pour définitivement m'enterrer dans le hors sujet, je dirai que Camus et son Sysiphe n'auraient peut etre pas craché la dessus, voire Cioran (pourtant ces deux là ne s'entendaient pas trop). Alors OK nous sommes d'une race de pollueurs, d'apprentis sorciers inconséquents, corrompus, boursouflés de vanité, d'hypocrisie et de vénalité, et on va tous y passer, sans rédemption parceque bien sûr les religions ce sont "des sectes qui ont réussi, des escrocs plus malins que les autres". Mais pour la beauté du geste et parce que la seule manière d'agir avec authenticité c'est de commetre l'acte gratuit d'après Gide, l'orchestre jouera pendant que le paquebot coule, on le fera à la sauce opensource notre naufrage, et quand l'homme ne sera plus rien, il n'en restera rien du tout, mais on s'en fout: c'est beau. Le panache du condamné à mort digne devant l'échafaud.
En même temps, l'histoire est pleine d'empires qui s'effondrent pour donner naissance à "autre chose", mais force est de constater que si la "fin du monde" actuelle est seulement une illusion d'optique, elle est sacrément bien fichue.
Quoi qu'il en soit et pour revenir au post d'origine: oui je connais des cyniques qui ne lacheront pas GNU/Linux.
[^] # Re: Une année faste pour Debian
Posté par stéphane . En réponse à la dépêche Une année faste pour Debian. Évalué à 3.
Très intéressant. Ca semble parfaitement logique, et pourtant (j'en suis parfois le premier surpris), j'ai plusieurs contre-exemples dans mon entourage. On va virer completement hors-sujet mais tant pis...
Je connais pas mal de gens qui considèrent que "la bataille" est déjà perdue, pas pour GNU/Linux seulement mais pour ce monde qu'ils qualifient de pourri. Ils pensent que la politique n'est plus que "tolerée" par les multinationales. Que les alter-mondialistes font eux même partie du système. Que pendant qu'on se fout de la gueule des americains (avec des commentaires parfois proches du racisme) et de leur malbouffe, on nous prépare la même ici, et qu'on a beau ne pas être des americains, ca va marcher tout pareil. Pour eux, toute initiative pour empêcher cela a été, est, et sera récuperée et mise à la télé. Ils considèrent aussi que croire qu'un danger guette l'humanité (résumé: "le pognon"), c'est déjà se planter, car le danger c'est l'humain, celui qui regarde TF1 et qui engendre ce joli systeme. Que la démocratie est la moins pire des solutions et que pourtant c'est le pouvoir à la majorité, c'est à dire aux cons. Que la seule raison de ne pas vouloir en finir avec tous ces boeufs c'est qu'une dictature ce serait pire encore. Que Victor Hugo prétendait qu'en apprennant a lire aux masses on arriverait à creer un monde politique parfait, et qu'il est beau le resultat: ils lisent ... les pubs pour StarAcademie.
Comme en plus ces pessimistes s'en amusent, presque contents que "la main passe" (l'humanité aurait "fait son temps" et place aux suivants - souvent cités pour la relève: les cafards), je pense qu'on peut les qualifier de cyniques.
Pourtant, à fond linuxiens: si on leur demande à quoi bon, ils répondent que le nihilisme d'accord, mais avec classe. Et pour définitivement m'enterrer dans le hors sujet, je dirai que Camus et son Sysiphe n'auraient peut etre pas craché la dessus, voire Cioran (pourtant ces deux là ne s'entendaient pas trop). Alors OK nous sommes d'une race de pollueurs, d'apprentis sorciers inconséquents, corrompus, boursouflés de vanité, d'hypocrisie et de vénalité, et on va tous y passer, sans rédemption parceque bien sûr les religions ce sont "des sectes qui ont réussi, des escrocs plus malins que les autres". Mais pour la beauté du geste et parce que la seule manière d'agir avec authenticité c'est de commetre l'acte gratuit d'après Gide, l'orchestre jouera pendant que le paquebot coule, on le fera à la sauce opensource notre naufrage, et quand l'homme ne sera plus rien, il n'en restera rien du tout, mais on s'en fout: c'est beau. Le panache du condamné à mort digne devant l'échafaud.
En même temps, l'histoire est pleine d'empires qui s'effondrent pour donner naissance à "autre chose", mais force est de constater que si la "fin du monde" actuelle est seulement une illusion d'optique, elle est sacrément bien fichue.
Quoi qu'il en soit et pour revenir au post d'origine: oui je connais des cyniques qui ne lacheront pas GNU/Linux.