• [^] # Re: armée industrielle de réserve

    Posté par . En réponse à la dépêche Syntec Informatique : 7 Propositions pour "aider" les SSII en France. Évalué à 5.

    Non, c'est bien, c'était intéressant de citer Marx parce que pour son temps il a été visionnaire ; ce passage décrit en effet précisément la situation salariale des ouvriers & des cadres, du moins en France. Moi j'aimerais juste que les p'tits jeunes qui débutent relisent ce passage avec attention, en oubliant l'auteur du texte parce que beaucoup de sociologues ou d'économistes contemporains pourraient dire la même chose.

    Et puis, tant qu'on est parti, allons un peu plus loin dans la réflexion :

    Non seulement le passage décrit la régulation du marché du travail tel qu'on le vit actuellement, mais notre système économique en a absolument besoin pour fonctionner. De même qu'un frigo a besoin d'une source chaude et d'ue source froide pour fonctionner, nontre système actuel fonctionne grâce à l'existence d'une population de salariés en situation de plein emploi, et d'une population de salariat précaire & de chômeurs.

    Il y a un véritable enjeu, qui est de normaliser et de faire accepter le salariat précaire. De même qu'au 19è siècle il a fallu une révolution culturelle et institutionnelle pour imposer la forme salariale -- non, ça n'est pas tombé du ciel -- de même aujourd'hui il faut une réforme mentale, culturelle & institutionnelle pour imposer le salariat précaire comme l'horizon normal du salariat pour les classes populaires.

    Et c'est bien la raison de la montée de cet état libéral pour les classes aisées et pour les employeurs, et paternaliste pour les classes populaires, notamment pour les fractions précarisées du nouveau prolétariat des services : nous faire rentrer dans le crâne que c'est maintenant l'avénement de la nouvelle économie (mais de quelle nouvelle économie parle-t-on?) et qu'il faut plus d'intermittence, plus d'emplois précaires, enfin pour faire propre disons plus de flexibilité.

    Corollaire immédiat : dans ce cas de figure, le plein emploi n'est absolument pas souhaitable...

    Alors évidemment, et comme le disait une autre personne sur cette page, si les p'tits jeunes se coupent l'herbe sous le pied en crachant sur les syndicats à peine sortis de l'école, sans même connaître leur rôle et leur origine, la situation est pas prêt d'évoluer...

    Oui je sais, mon discours est moralisateur. Je m'en fous.

    Voir à toutes fins utiles:
    De l'état social à l'état pénal
    Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°24