D'une part pour une question technique, on ne sait pas faire d'IA clean.
La généralisation de cette affirmation est douteuse. Quoi qu'il en soit, le côté "clean" peut très bien être dans la définition de l'appel d'offres.
Dans ton appel d'offres, tu mets ce que tu veux, y compris la centralisation des informations, le hashage, l'anonymisation, la restriction dans le temps ou dans l'espace, le traçage des requêtes, etc. C'est le donneur d'ordres qui définit les contours, donc il n'y a pas de problème de principe.
Ensuite c'est une surveillance généralisée et ça c'est en soit problématique.
Ça n'est pas en répétant une phrase un peu vague à chaque fois qu'un sujet similaire est discuté que ça la rend vraie ou pertinente. Ce truc c'est une sorte de mantra que des militants motivés se répètent entre eux, ça n'est ni vrai ni faux, c'est complètement subjectif. Quand la police cherche quelqu'un, elle va exploiter les bases de données des péages et des stations service pour trouver sa plaque d'immatriculation, elle va chercher dans la base Navigo pour retracer ses déplacements en transports en commun, elle va trouver où la personne habite, combien elle a de compte en banque, quand elle a pris l'avion pour la dernière fois... Je veux dire, c'est le job de la police de croiser ces données. Tu peux trouver que centraliser ces informations transforme le croisement de données en "surveillance généralisée", mais c'est juste des mots : on parle d'une opération technique qui va automatiser une pratique manuelle, et tu décides que c'est ça qui "en soit" est problématique, mais je trouve que l'argument n'a aucune force de persuasion : tu définis toi-même une ligne rouge et tu dis "ah ça ça franchit la ligne rouge c'est inadmissible". Bah oui, tu peux aussi mettre la ligne rouge ailleurs, et décider qu'elle n'est pas franchie.
pour le risque de l'arrivée de personnes autoritaires au pouvoir.
D'aucuns te répondraient que ça fait un bout de temps que des personnes autoritaires sont au pouvoir, et certains pourraient même argumenter sur le fait que c'est la définition même du pouvoir qui qualifie l'autoritarisme de certaines personnes...
Là aussi, il est totalement impossible de placer des lignes rouges. L'existence de services d'État organisés est de toutes manières un instrument extrêmement puissant pour quiconque souhaiterait imposer un régime totalitaire. L'existence de la police, de l'armée, le maillage administratif... tout ça peut être détourné. Cet argument peut très bien servir à s'opposer au recrutement de policiers, à l'informatisation des listes d'élèves dans les écoles, ou à l'existence de services dédiés aux aides sociales (ton historique de perception de l'allocation chômage peut facilement te faire catégoriser en fainéant de chômeur...). Encore une fois, sans porter de jugement de valeur sur le fond (parce que je n'ai pas vraiment d'avis sur l'existence de lignes rouges, et encore moins de la possibilité de les placer à un endroit précis), j'ai juste l'impression que le raisonnement est totalement inversé: tu pars d'une position politique (un positionnement de curseur entre le droit des citoyens et les moyens à la disposition de la police/justice pour mener ses missions à bien), et tu construis à rebours toute une série de justifications pour finir par dire "l'IA franchit une ligne rouge", mais j'ai juste l'impression qu'il n'y a pas d'argument. Ça me semblerait plus constructif de poser des conditions à l'utilisation d'une technologie plutôt que d'interdire une technologie par principe. Et surtout, ça me semblerait plus utile, parce qu'en fait (scoop), ces technologies vont être généralisées, que tu le veuilles ou non, et ça n'est certainement pas 4 hippies qui pourront l'empêcher.
[^] # Re: Et ça t’étonne ?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Ha tiens le préfet de police est « très favorable » à garder la vidéosurveillance par IA en France . Évalué à 5.
La généralisation de cette affirmation est douteuse. Quoi qu'il en soit, le côté "clean" peut très bien être dans la définition de l'appel d'offres.
Dans ton appel d'offres, tu mets ce que tu veux, y compris la centralisation des informations, le hashage, l'anonymisation, la restriction dans le temps ou dans l'espace, le traçage des requêtes, etc. C'est le donneur d'ordres qui définit les contours, donc il n'y a pas de problème de principe.
Ça n'est pas en répétant une phrase un peu vague à chaque fois qu'un sujet similaire est discuté que ça la rend vraie ou pertinente. Ce truc c'est une sorte de mantra que des militants motivés se répètent entre eux, ça n'est ni vrai ni faux, c'est complètement subjectif. Quand la police cherche quelqu'un, elle va exploiter les bases de données des péages et des stations service pour trouver sa plaque d'immatriculation, elle va chercher dans la base Navigo pour retracer ses déplacements en transports en commun, elle va trouver où la personne habite, combien elle a de compte en banque, quand elle a pris l'avion pour la dernière fois... Je veux dire, c'est le job de la police de croiser ces données. Tu peux trouver que centraliser ces informations transforme le croisement de données en "surveillance généralisée", mais c'est juste des mots : on parle d'une opération technique qui va automatiser une pratique manuelle, et tu décides que c'est ça qui "en soit" est problématique, mais je trouve que l'argument n'a aucune force de persuasion : tu définis toi-même une ligne rouge et tu dis "ah ça ça franchit la ligne rouge c'est inadmissible". Bah oui, tu peux aussi mettre la ligne rouge ailleurs, et décider qu'elle n'est pas franchie.
D'aucuns te répondraient que ça fait un bout de temps que des personnes autoritaires sont au pouvoir, et certains pourraient même argumenter sur le fait que c'est la définition même du pouvoir qui qualifie l'autoritarisme de certaines personnes...
Là aussi, il est totalement impossible de placer des lignes rouges. L'existence de services d'État organisés est de toutes manières un instrument extrêmement puissant pour quiconque souhaiterait imposer un régime totalitaire. L'existence de la police, de l'armée, le maillage administratif... tout ça peut être détourné. Cet argument peut très bien servir à s'opposer au recrutement de policiers, à l'informatisation des listes d'élèves dans les écoles, ou à l'existence de services dédiés aux aides sociales (ton historique de perception de l'allocation chômage peut facilement te faire catégoriser en fainéant de chômeur...). Encore une fois, sans porter de jugement de valeur sur le fond (parce que je n'ai pas vraiment d'avis sur l'existence de lignes rouges, et encore moins de la possibilité de les placer à un endroit précis), j'ai juste l'impression que le raisonnement est totalement inversé: tu pars d'une position politique (un positionnement de curseur entre le droit des citoyens et les moyens à la disposition de la police/justice pour mener ses missions à bien), et tu construis à rebours toute une série de justifications pour finir par dire "l'IA franchit une ligne rouge", mais j'ai juste l'impression qu'il n'y a pas d'argument. Ça me semblerait plus constructif de poser des conditions à l'utilisation d'une technologie plutôt que d'interdire une technologie par principe. Et surtout, ça me semblerait plus utile, parce qu'en fait (scoop), ces technologies vont être généralisées, que tu le veuilles ou non, et ça n'est certainement pas 4 hippies qui pourront l'empêcher.