Au contraire, je pense que le RN était dans plus de circonscriptions car il a une stratégie différente des autres.
Présenter un candidat, c'est toujours une question d'équilibre des ressources. Ça coûte des thunes (les posters, les frais de campagne, mais aussi le temps, la synchro), tu ne veux pas présenter n'importe qui (pour pas te plomber par la suite), et idéalement, faut pas avoir des boulets car c'est une perte d'argent.
C'est un peu comme recruter dans une boite. Y a des boites ou tu veux des exécutants qui vont pas prendre d'initiatives, et d'autres ou tu veux des gens qui peuvent tout faire, des boites avec des gens plus autonomes, etc.
Un des soucis structurelles du FN/RN, c'est la main mise de la famille Le Pen, ce qui à mon avis entraîne un relatif manque d'autonomie des gens qui y bossent. C'est sans doute un facteur qui explique les départs de certains cadres, que ça soit Megret en 1998, Philippot en 2018, et quelque part les allers retours entre des gens du RN et le parti de Zemmour. L'écartement de Gollnisch par Le Pen au profit de sa fille l'illustre bien, ainsi que le fait que le président actuel soit aussi du clan Le Pen (par alliance).
Dans ces conditions, ils ne cherchent sans doute pas la même chose que les autres partis. Ils ne veulent sans doute pas des gens autonomes, mais plus des exécutants. Ils ne veulent pas forcément des cadres du parti, mais du monsieur et madame tout le monde. Du coup, ils peuvent en effet ratisser plus large dans leur base, vu qu'ils ne se limitent pas à des cadres formés (ou formables). C'est plus facile vu que tu n'a pas besoin d'avoir une période de mise à l'épreuve, tu peux recruter au feeling rapidement. Bien sur, ça donne n'importe quoi quand ils sont au pouvoir mais bon.
Si on regarde les graphs, comme ici, le RN a présenté un peu plus de candidats au premier tour. Pas beaucoup plus que le NFP, mais il faut comparer une alliance de plusieurs partis contre un parti unique, et se rappeler que ça a été fait rapidement. Et pour moi, la question est comment et pourquoi ?
Soit le RN avait préparé ça en avance (et dans ce cas, pourquoi eux et pas les autres), soit le recrutement été plus rapide et/ou moins coûteux en ressources (eg, les cadres ont pris des raccourcis en ne vérifiant pas les candidats aussi fortement que les autres partis).
Je penche pour la seconde hypothèse, car ça expliquerais:
- les dérives de certains candidats alors que la direction veut dédiaboliser le parti.
- le fait que les autres partis n'ont pas réussi à rassembler autant en ayant les mêmes contraintes, car justement ils n'avaient pas les mêmes contraintes (eg, les autres ont vérifié de ne pas avoir des gros boulets).
Donc oui, je pense que le RN a eu une stratégie de "quantité" par rapport à la "qualité" que les autres partis ne pouvaient pas ou ne voulaient pas imiter.
[^] # Re: Oui, droit à l'oubli, droit à changer d'avis : démocrate et lté d'exp.
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au journal Droit à l'oubli ?. Évalué à 3. Dernière modification le 06 septembre 2024 à 14:25.
Au contraire, je pense que le RN était dans plus de circonscriptions car il a une stratégie différente des autres.
Présenter un candidat, c'est toujours une question d'équilibre des ressources. Ça coûte des thunes (les posters, les frais de campagne, mais aussi le temps, la synchro), tu ne veux pas présenter n'importe qui (pour pas te plomber par la suite), et idéalement, faut pas avoir des boulets car c'est une perte d'argent.
C'est un peu comme recruter dans une boite. Y a des boites ou tu veux des exécutants qui vont pas prendre d'initiatives, et d'autres ou tu veux des gens qui peuvent tout faire, des boites avec des gens plus autonomes, etc.
Un des soucis structurelles du FN/RN, c'est la main mise de la famille Le Pen, ce qui à mon avis entraîne un relatif manque d'autonomie des gens qui y bossent. C'est sans doute un facteur qui explique les départs de certains cadres, que ça soit Megret en 1998, Philippot en 2018, et quelque part les allers retours entre des gens du RN et le parti de Zemmour. L'écartement de Gollnisch par Le Pen au profit de sa fille l'illustre bien, ainsi que le fait que le président actuel soit aussi du clan Le Pen (par alliance).
Dans ces conditions, ils ne cherchent sans doute pas la même chose que les autres partis. Ils ne veulent sans doute pas des gens autonomes, mais plus des exécutants. Ils ne veulent pas forcément des cadres du parti, mais du monsieur et madame tout le monde. Du coup, ils peuvent en effet ratisser plus large dans leur base, vu qu'ils ne se limitent pas à des cadres formés (ou formables). C'est plus facile vu que tu n'a pas besoin d'avoir une période de mise à l'épreuve, tu peux recruter au feeling rapidement. Bien sur, ça donne n'importe quoi quand ils sont au pouvoir mais bon.
Si on regarde les graphs, comme ici, le RN a présenté un peu plus de candidats au premier tour. Pas beaucoup plus que le NFP, mais il faut comparer une alliance de plusieurs partis contre un parti unique, et se rappeler que ça a été fait rapidement. Et pour moi, la question est comment et pourquoi ?
Soit le RN avait préparé ça en avance (et dans ce cas, pourquoi eux et pas les autres), soit le recrutement été plus rapide et/ou moins coûteux en ressources (eg, les cadres ont pris des raccourcis en ne vérifiant pas les candidats aussi fortement que les autres partis).
Je penche pour la seconde hypothèse, car ça expliquerais:
- les dérives de certains candidats alors que la direction veut dédiaboliser le parti.
- le fait que les autres partis n'ont pas réussi à rassembler autant en ayant les mêmes contraintes, car justement ils n'avaient pas les mêmes contraintes (eg, les autres ont vérifié de ne pas avoir des gros boulets).
Donc oui, je pense que le RN a eu une stratégie de "quantité" par rapport à la "qualité" que les autres partis ne pouvaient pas ou ne voulaient pas imiter.
J’espère que mon propos est plus clair.