la recherche tire sa crédibilité de l'honnêteté scientifique
Oui
et de l'autosurveillance et auto-révision dans la mesure du possible
Non, en tout cas non dans le sens où la publication scientifique est incrémentale. La tendance à vouloir "revenir en arrière" n'est pas du tout nécessaire à la pratique scientifique, puisque c'est la nature même du processus scientifique d'être en perpétuelle évolution. La publication donne un point statique dans une série dynamique, et ce point statique n'a pas vocation à être modifié.
il y a matière à examiner si ça remet en cause ses conclusions, que ça plaise ou non
Tout à fait, de même qu'une nouvelle avancée théorique ou méthodologique, ou de la découverte d'un biais dans une méthode statistique. Mais jamais cela n'a justifié un "retour en arrière" dans la littérature. Normalement, les erratums sont destinés à corriger des erreurs lors du processus de publication (après que la mise en page ait été faite), typiquement, dans le numéro du journal qui suit la publication.
La discussion scientifique, elle, est traditionnellement exercée par des séries de commentaires et de réponses. Malheureusement, cette tradition est passée de mode, et de moins en moins d'éditeurs acceptent de publier des commentaires. Mais ça n'est pas très grave, puisque la discussion se traduira par des séries de publications qui noteront les limites des précédentes.
Mais rejeter l'outil sous prétexte que ça pourrait servir à la polémique en soi c'est desservir la science.
Mon argument, c'est que l'outil se base sur des éléments qui sont indépendants de la qualité scientifique des articles, et qu'il suggère qu'il faudrait "faire quelque chose". Or, 1) citer un travail rétracté n'indique en rien la qualité d'un travail scientifique, pour toutes les raisons que j'ai citées, et 2) le meilleur service qu'on peut rendre à la communauté scientifique est de ne surtout jamais altérer le principe du processus de publication, en modifiant l'auto-archivage de l'état des connaissances.
Pour prendre une analogie, corriger une publication existante, c'est comme modifier ton archive git parce qu'il y avait un bug. Tu corriges ton bug, tu peux commenter "Un bug avait été introduit dans le commit 1234abcd", mais le principe c'est de ne pas corriger ton archive.
C'est un peu comme dire "retraction watch" peut être utilisé pour décrédibiliser la science parce que ça pointe des brebis galeuses
Mais non justement, mon argument c'est le contraire. Ça pointe plutôt des travaux random qui ont le malheur de citer des travaux rétractés dans un contexte inconnu, alors qu'il n'y a probablement aucune corrélation entre la qualité d'un article et la citation d'un article rétracté. Et d'autre part, ça incite à "corriger" les archives pour ne plus apparaitre sur la liste, alors que corriger les archives est une procédure délétère pour la publication scientifique.
Si tu veux faire quelque chose de constructif, ça serait de fournir un outil pour que les éditeurs vérifient qu'il n'y a pas de travaux rétractés dans les citations au moment de la publication. Là il y a un moyen d'améliorer la qualité des travaux scientifiques avant la publication. Mais après, c'est trop tard, et essayer de bricoler des solutions à la gomme (erratum, dépublication, etc), c'est se tromper de cible tout en faisant perdre beaucoup de temps à beaucoup de monde.
[^] # Re: Très réducteur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Recherche scientifique : un outil pour éviter les « colosses aux pieds d’argile » (Abonnement). Évalué à 6.
Oui
Non, en tout cas non dans le sens où la publication scientifique est incrémentale. La tendance à vouloir "revenir en arrière" n'est pas du tout nécessaire à la pratique scientifique, puisque c'est la nature même du processus scientifique d'être en perpétuelle évolution. La publication donne un point statique dans une série dynamique, et ce point statique n'a pas vocation à être modifié.
Tout à fait, de même qu'une nouvelle avancée théorique ou méthodologique, ou de la découverte d'un biais dans une méthode statistique. Mais jamais cela n'a justifié un "retour en arrière" dans la littérature. Normalement, les erratums sont destinés à corriger des erreurs lors du processus de publication (après que la mise en page ait été faite), typiquement, dans le numéro du journal qui suit la publication.
La discussion scientifique, elle, est traditionnellement exercée par des séries de commentaires et de réponses. Malheureusement, cette tradition est passée de mode, et de moins en moins d'éditeurs acceptent de publier des commentaires. Mais ça n'est pas très grave, puisque la discussion se traduira par des séries de publications qui noteront les limites des précédentes.
Mon argument, c'est que l'outil se base sur des éléments qui sont indépendants de la qualité scientifique des articles, et qu'il suggère qu'il faudrait "faire quelque chose". Or, 1) citer un travail rétracté n'indique en rien la qualité d'un travail scientifique, pour toutes les raisons que j'ai citées, et 2) le meilleur service qu'on peut rendre à la communauté scientifique est de ne surtout jamais altérer le principe du processus de publication, en modifiant l'auto-archivage de l'état des connaissances.
Pour prendre une analogie, corriger une publication existante, c'est comme modifier ton archive git parce qu'il y avait un bug. Tu corriges ton bug, tu peux commenter "Un bug avait été introduit dans le commit 1234abcd", mais le principe c'est de ne pas corriger ton archive.
Mais non justement, mon argument c'est le contraire. Ça pointe plutôt des travaux random qui ont le malheur de citer des travaux rétractés dans un contexte inconnu, alors qu'il n'y a probablement aucune corrélation entre la qualité d'un article et la citation d'un article rétracté. Et d'autre part, ça incite à "corriger" les archives pour ne plus apparaitre sur la liste, alors que corriger les archives est une procédure délétère pour la publication scientifique.
Si tu veux faire quelque chose de constructif, ça serait de fournir un outil pour que les éditeurs vérifient qu'il n'y a pas de travaux rétractés dans les citations au moment de la publication. Là il y a un moyen d'améliorer la qualité des travaux scientifiques avant la publication. Mais après, c'est trop tard, et essayer de bricoler des solutions à la gomme (erratum, dépublication, etc), c'est se tromper de cible tout en faisant perdre beaucoup de temps à beaucoup de monde.