• [^] # Re: Faire confiance au corps enseignant ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Regagner l’attention des élèves par un usage raisonné du numérique. Évalué à 6.

    « Je me garderai bien de leur dire quoi faire ou non[.] »

    Ce dont ne se prive pas tout un aréopage ne pratiquant pas l’enseignement, et ce basant au mieux sur des études pseudo-scientifique trop fréquemment antagonistes de l’expérience.
    Selon moi, et ce que j’ai pu entendre et retenir de témoignages d’enseignants du primaire et du secondaire, bien plus que les bas salaires (qui n’entrent bien souvent même pas en considération), c’est l’un des facteurs fondamentaux pour transformer notre métier formidable, atavique, inscrit dans les gènes de l’humanité, en mélasse dépressive. Qui n’a pas entendu ces histoires de hiérarchies qui par asthénie, qui par complaisance, qui par pusillanimité, qui par sectarisme, qui par veulerie, viennent nuire à l’enseignement, en prenant des positions anti-éducatives vis-à-vis des enfants, ou en léchant les bottes de leurs tutelles et en reportant des contraintes kafkaïenne sur le corps enseignant façon Pilate ?
    Je me garderai donc bien du raccourci qui consisterait à supposer que les pratiques de l’éducation nationale émanent nécessairement des professeurs. Plus encore, n’ignorant pas totalement les avanies de la pratique, même produite par des enseignants, il me semblerait présomptueux de lui accorder un blanc-seing sur cette seule qualité.

    Pour en revenir au sujet de la lettre initiale, ayant deux sujets du mammouth fort disparates chez moi, je peux observer que si pour l’un les pratiques dénoncées n’ont guère eu d’effet délétère ; pour l’autre, exactement comme décrit en filigranes, ils participent de l’induction d’une galère éducative sans borne. Il est aisé d’imaginer à quel point une tablette et du wifi peuvent se muer en sujet de distraction au retour au bercail. Pouvoir s’appuyer sur son ministre pour les réclamer quotidiennement à ses géniteurs, voire les fournir directement par dévers ces derniers, voici une aubaine dont n’auraient osé rêver les pires cancres du XXe.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace