• [^] # Re: dev principal de Ladybird

    Posté par . En réponse à la dépêche Pour 100 briques t'as plus rien : le navigateur Ladybird reçoit un million de brouzoufs. Évalué à 6. Dernière modification le 05 juillet 2024 à 09:42.

    N'est-ce pas une des bases du fascisme? Qui peut être autant d'extrême gauche comme d'extrême droite comme le passé nous l'a montré?

    Honnêtement, je ne vois pas à quelle expérience générale de "fascisme d'extrême gauche" tu fais référence. On sait que les expériences communistes ont systématiquement tourné vers le totalitarisme, mais on n'y trouve normalement pas les marqueurs du fascisme (traditionalisme, xénophobie, etc), même si on se rapproche sur d'autres points (paranoïa politique, anti-pacifisme...). C'est pour ça que j'ai écrit que ça pourrait se rapprocher, mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, le "wokisme" n'est pas une forme de fascisme.

    Ça me fait penser à une série d'affichettes "anti-sexistes" exposées à mon boulot. En plus de situations de "sexisme ordinaire" au boulot, illustrant des comportements fréquents qui génèrent une pression "masculiniste" dans le cadre professionnel, quelques situations illustrent également la vie privée (par exemple un type qui demande à sa femme de s'habiller différemment). Et c'est là que je trouve que ça déconne sec quand même : quoi qu'on puisse penser des types qui règlementent la tenue vestimentaire de leur nana, la pensée progressiste ne peut pas prétendre règlementer les conversations privées, ou ce que les gens font au plumard, et avec qui ils le font. C'est très bien de viser la parité dans un comité d'administration, mais c'est légitime de ne pas avoir de parité dans un groupe d'amis qui partent au camping. Je pense que ça illustre pas mal comment on peut partir plein de bonnes intentions et continuer sur sa lancée sans s'apercevoir qu'on va beaucoup trop loin, et que le projet de société qu'on propose n'est qu'une énième avatar de totalitarisme: on peut concevoir un totalitarisme progerssiste (je pense que c'est ça, le "wokisme", en fait), même s'il est peu probable qu'un tel mouvement puisse obtenir un réel pouvoir politique.

    Dans le he-gate dont on parle, on n'est pas loin de ça : refuser un patch qui change 5 occurences de "he" en "they" dans une doc confidentielle d'un logiciel pas très connu est décrit comme un acte exécrable, qui conduit à des accusations de mysogynie et de transphobie. On sent bien qu'il y a derrière ça une volonté normative, pleine de bonnes intentions probablement, mais quasi-totalitaire quand même. C'est ce quasi-totalitarisme qui me refroidit : c'est peut-être OK pour he/they sur le fond, mais qu'est-ce qu'on fait pour le point médian, pour la féminisation des noms de métiers, pour la grammaire "neutre" (iels, celleux, etc?). Est-ce que publier un document qui ne suit pas une norme sociale progressiste va forcément induire le risque d'être pointé du doigt et harcelé jusqu'à ce qu'on accepte cette nouvelle "norme"? Ça ne correspond pas vraiment à ma conception du progressisme...