• [^] # Re: « Les jeunes d'aujourd'hui »

    Posté par . En réponse au journal Écrans, enfants, ados : vaut mieux tard que jamais?. Évalué à 6.

    En fait, il y a tellement tout qui débloque qu'il est difficile de trouver des exemples spécifiques.

    Au niveau RH par exemple, c'est n'importe quoi. La rigidité des concours de la fonction publique et l'accumulation de règles et de procédures rendent tout complètement opaque : les mutations, les sanctions, les décharges d'enseignement, rien n'a de sens. Par exemple, un directeur d'une école à 12 classes a une décharge d'une demi-journée, un directeur d'une école de 13 classes est déchargé à 100%. Les directeurs d'école doivent être nommés parmi les fonctionnaire affectés à l'établissement, et les mutations sont gérées par des algorithmes très complexes, mais indépendemment de choix de direction (donc on ne peut pas avoir de stratégie pour la mobilité des cadres). Les chefs d'établissement ont une délégation RH, mais n'ont pas de contrôle sur les flux de personnel (en gros, ils ne savent pas qui arrive à la rentrée et quand, ils ne peuvent pas recruter de remplaçants...). Les fonctions sont éclatées entre services qui ne communiquent pas; c'est la norme par exemple que les RH apprenndent via un abandon de poste qu'un agent est incarcéré pour pédophilie. La dislocation des budgets entre l'éducation nationale et les collectivités entrainent des situations absurdes, les comunes pauvres n'ont pas les mêmes moyens éducatifs que les communes riches, et l'organisation est au bon vouloir des élus locaux (il est courant que les équipements soient dupliqués pour le temps scolaire et le temps périscolaire, belle gestion du budget de l'état). D'une manière générale, tout le monde est surchargé de travail parce que la redondance et l'absence de communication entre les services (RH, rectorat, établissements, collectivités locales) fait que tout le monde doit faire la même chose, avec des outils différents (logiciels, règles budgétaires, RH...).

    C'est donc une sorte de pelote indétricotable que personne ne veut toucher de peur de tout péter.