• # Debian qui n'est plus 100% libre

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal windows linuxifié, linux windowsifié?. Évalué à 10.

    D'où ?

    Je suppose que tu fais référence à la résolution adoptée concernant le dépôt non-free-firmware et son inclusion dans l'installeur Debian.

    Je ne vois pas en quoi ça fait de Debian une distribution moins libre. Les firmwares non libres existent depuis des années dans Debian, c'est juste que maintenant ils sont dans un dépôt dédié et intégrés à l'installeur. Il n'est donc plus nécessaire de passer par des builds non officiels de celui-ci.

    Le contrat social promet toujours que Debian et ses composants seront libres et que le système ne sera pas dépendant d'un composant non libre.

    Par ailleurs, la page du wiki concernant les firmwares non libres précise bien que c'est pour faciliter la vie des utilisateurs puisque ça permet d'installer Debian sur un plus grand nombre de matériels tout en offrant une meilleure compatibilité.

    Et il est indiqué clairement que c'est désactivable avant même le démarrage de l'installeur pour ceux qui souhaitent ne pas installer de firmwares non-libres.

    Pour le reste je suis plutôt d'accord, même si de mon point de vue, autant pour Microsoft il y a clairement une ouverture vers un peu plus d'open source (pas forcément de libre et pas forcément pour l'éthique), autant pour Linux (au sens large) j'ai plus le sentiment que c'est une tendance à suivre et intégrer ce qui se fait un peu partout ailleurs.

    Les stores d'applications ne sont pas exclusifs à Microsoft, ils existent depuis toujours sur les smartphones et sont apparus ensuite sur les ordinateurs à l'initiative d'Apple il me semble. On pourrait considérer aussi qu'ils sont un dérivé des gestionnaires de paquets qui existent depuis des dizaines d'années dans nos distributions.

    Quant au fait d'être plus user-friendly, là aussi je ne suis pas sûr que ce soit par mimétisme vis-à-vis de Microsoft. Je trouve Gnome bien plus inspiré de macOS par exemple, tout en gardant ses spécificités et son identité. KDE a quant à lui toujours été plus proche des codes d'un bureau Windows. Les interfaces évoluent pour être plus accessibles et maintenant que les distributions disposent de bases solides, éprouvées et communes (même si je ne suis pas fan de systemd et de sa tendance à tout agréger en rendant difficile le fait de l'utiliser comme simple init), les développeurs ont probablement plus de temps pour s'occuper des GUI.

    Enfin, pour traiter de la « fermeture » (Red Hat / CentOS), là c'est une tendance globale aux logiciels open-source qui touche un grand nombre de projets sans être spécifique à Linux. Beaucoup d'entreprises ont fait de l'open-source pour être à la mode, attirer les bonnes volontés - voir osons le dire : bénéficier de développeurs et contributeurs sans avoir à les rémunérer - pour se lancer et on ensuite basculé vers un modèle open-core ou changé de licence pour une plus restrictive afin de continuer à prospérer financièrement.

    Mais en réponse, on observe aussi un certain nombre de forks passant sous gouvernance communautaire afin de préserver l'esprit libre et ouvert du projet d'origine sans subir les nouvelles contraintes, ce qui est je trouve plutôt sain et une preuve que les licences libres et open-sources sont robustes quand il s'agit de garantir les libertés fondamentales.

    There is no spoon...