• [^] # Re: autres sources d'information

    Posté par . En réponse à la dépêche Élections européennes de juin 2024 et contenu programmatique. Évalué à 5.

    Objectivement, c'est vrai que l'appellation officielle "extrême-droite" est problématique, parce que de nombreux partis d'extrême-droite la refusent. Un problème analogue arrive avec les listes "apolitiques" pour les municipales, que les préfectures ont tendance à catégoriser "divers gauche" ou "divers droite" en fonction de critères assez obscurs. Quand il y a autant de partis candidats, une classification est nécessaire, mais les modalités pourraient être un peu mieux discutées.

    Pour l'axe de classification, gauche-droite est traditionnel et la plupart des partis se définissent par rapport à ça. Ça ne veut pas dire que c'est le seul axe, ni qu'il est linéaire. Par exemple, beaucoup de partis "pro-européens" sont plutôt centristes, alors que les partis anti-européens sont plutôt sur les (deux) bords.

    J'ai un peu (beaucoup?) de mal avec l'association progressisme=gauche et conservatisme=droite. Typiquement, l'idéologie de la décroissance est fondamentalement conservatrice, voire réactionnaire, et il faut des cabrioles rhétoriques (du style: "revenir en arrière est une politique d'avenir...") pour rester dans la grille de lecture traditionnelle. En parallèle, le libéralisme est un mouvement intrinsèquement progressiste, et il faut exploiter le même genre de pirouettes acrobatiques pour expliquer que la compatibilité du libéralisme avec le capitalisme implique une forme de conservatisme. L'axe gauche-droite semble au final bien plus opérationnel qu'un axe "convervatisme-progressisme" qui soit mélange tout, soit se contorsionne pour rentrer au forceps dans le moule gauche-droite.