• [^] # Re: pour moi,

    Posté par . En réponse au lien HS : l’heure est grave. Évalué à 3.

    je trouve que s'en servir comme planche de travail humoristique est d'assez mauvais gout..

    C'est difficile de reprocher à des chroniqueurs humoristes de chercher de la profondeur et du sens à leur travail. L'humour joue avec les limites: avec le politiquement correct, avec la vulgarité, avec le respect des personnes... C'est aussi pour ça que parfois, l'humour veillit mal; quand la société a bougé (sur l'homosexualité, sur le sexisme, sur le racisme...), quelque chose qui passait bien il y a 20 ans peut sembler terriblement de mauvais goût maintenant. Ce n'est donc pas parce que c'est de mauvais gout que ça n'est pas drôle, ni que ça n'est pas efficace.

    Faire de l'humour sur une situation humanitaire sordide, ça n'a rien à voir avec le fait de la trouver drôle.

    Bon, dans l'ensemble, la question tient plutôt de l'humour sur une chaine du service public. Je trouve ça étrange sur le principe d'avoir des chroniques ou du journalisme "engagé" sur le service public; la liberté d'expression est une liberté privée, mais elle semble si peu utilisée sur les stations privées (sauf pour promouvoir une liberté d'expression d'extrême droite) que ça donne l'impression qu'il faut que l'État auto-finance la dérision contre lui-même juste pour maintenir une sorte de pluralité.

    Factuellement, le premier ministre Israëlien se fait traiter de «nazi sans prépuce» sur une radio appartenant à l'État français, il est en droit de se demander si le gouvernement est d'accord avec ça. Sur le fond, je n'ai toujours pas compris le problème (il a un prépuce, en fait?), mais je comprends pourquoi c'est bizarre, et comment les affaires étrangères peuvent être mises en difficulté dans ce genre de situation ("Dites, ça vient de la com du gouvernement ce truc?" "Non non, on n'est pas du tout d'accord, mais que voulez-vous, c'est la liberté d'expression" "Mais c'est une radio d'État ou pas", "Oui oui, en quelque sorte, mais on n'aime pas trop intervenir" "Mais si vous le vouliez pour pourriez le virer" "Moui moui, si on va par là on pourrait presque" "Donc vous ne voulez pas" "Ah mais si si, on aimerait, mais là, en fait, bah on va voir").