Tout à fait, et le problème, c'est que malgré la très bonne volonté des acteurs de l'institution (j'ai un exemple sous les yeux en ce moment dans un ministère), il suffit que quelque uns pourrissent ces bonnes volonté pour créer la défiance. Surtout dans un modèle hiérarchique où les échelons du bas, où se trouvent l'essentiel des altruistes, sont soumis au directives folles des étages du dessus, qui, par sélection naturelle darwinienne intrinsèque au système hiérarchique (lire les livres du primatologue Frans De Waal où il explique ça en long en large, en travers), sélectionne les profils tendanciellement psychopathes.
La corruption est le plus gros problème, et est caractéristique des non altruistes.
Comme le répondait Juan Branco (on aime ou on aime n'est pas la question) à un complotiste patenté qui lui arguait qu'il n'arrivait pas à croire à l'imcompétence des élites, et donc concluait à leur mauvaise volonté, voire à leur malveillance, (je cite de mémoire, mais j'ai la source quelques part) "Il n'y a pas besoin de malveillance, on met des 'gates keeper' aux postes importants pour garantir le bon fonctionnement du système de corruption, et comme ils ont été choisis pour leur qualité de gate keeper, et non leurs compétences, cela donne l'apparence de l'incompétence ou de la malveillance". Surtout que ses "Gates Keeper" n'ont pas une once de sens de l'intérêt général.
L'idéologie Néolibérale et même utilitariste propose une métaphysique où seul le matérialisme et donc la réussite matérielle est importante (je simplifie pour ne pas rentrer dans la complexité de la chose qui serait trop longue). Quand une métaphysique comme celle-la s'impose dans la société, il ne faut pas s'étonner que les étages du haut ne pensent qu'à leur gueule (cf les travaux de sociologie de la bourgeoisie des époux Pinçon-Charlot) et n'ont plus la foi en le collectif.
Qui plus est, dans un contexte où les 30% d'éduqués supérieurs font suffisamment masse pour constituer une culture autonome et se séparer du reste de la population (Todd et LeBras en ont abondamment parlé, par exemple dans le livre le Mystère Français, ou d'autres de Todd), on est dans un contexte où la défiance est structurelle.
Lordon a aussi évoqué la problématique de la tendance propagandiste néolibérale des médias mainstream, qui, de part sa distorsion entre le discours et la réalité, créé un gouffre entre ce que les gens observent autour d'eux (plus de service publiques, de trains, des poteaux télécoms dans les campagne qui se cassent la gueule, la hausse énorme des tarifs de l'électricité, etc.) et le discours qu'on leur raconte ("la concurrence libre et non faussée c'est super"). Ce gouffre créé la défiance.
Je recommande vivement la lecture du livre "L'affaire Madame" de Mme Anizon, du Nouvel Obs, qui analyse sans jugement et avec bienveillance les tenants de ce qu'on raconte sur l'épouse du président. Elle les appellent "les défiants" pour éviter un terme jugeant. C'est pas un livre d'intellectuel, mais ça donne des pistes de compréhension. Son interview sur France Culture est intéressante aussi.
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker
[^] # Re: le complotisme ?
Posté par Ontologia (site web personnel) . En réponse au journal Traduction : Aux sources du complotisme. Évalué à 6.
Tout à fait, et le problème, c'est que malgré la très bonne volonté des acteurs de l'institution (j'ai un exemple sous les yeux en ce moment dans un ministère), il suffit que quelque uns pourrissent ces bonnes volonté pour créer la défiance. Surtout dans un modèle hiérarchique où les échelons du bas, où se trouvent l'essentiel des altruistes, sont soumis au directives folles des étages du dessus, qui, par sélection naturelle darwinienne intrinsèque au système hiérarchique (lire les livres du primatologue Frans De Waal où il explique ça en long en large, en travers), sélectionne les profils tendanciellement psychopathes.
La corruption est le plus gros problème, et est caractéristique des non altruistes.
Comme le répondait Juan Branco (on aime ou on aime n'est pas la question) à un complotiste patenté qui lui arguait qu'il n'arrivait pas à croire à l'imcompétence des élites, et donc concluait à leur mauvaise volonté, voire à leur malveillance, (je cite de mémoire, mais j'ai la source quelques part) "Il n'y a pas besoin de malveillance, on met des 'gates keeper' aux postes importants pour garantir le bon fonctionnement du système de corruption, et comme ils ont été choisis pour leur qualité de gate keeper, et non leurs compétences, cela donne l'apparence de l'incompétence ou de la malveillance". Surtout que ses "Gates Keeper" n'ont pas une once de sens de l'intérêt général.
L'idéologie Néolibérale et même utilitariste propose une métaphysique où seul le matérialisme et donc la réussite matérielle est importante (je simplifie pour ne pas rentrer dans la complexité de la chose qui serait trop longue). Quand une métaphysique comme celle-la s'impose dans la société, il ne faut pas s'étonner que les étages du haut ne pensent qu'à leur gueule (cf les travaux de sociologie de la bourgeoisie des époux Pinçon-Charlot) et n'ont plus la foi en le collectif.
Qui plus est, dans un contexte où les 30% d'éduqués supérieurs font suffisamment masse pour constituer une culture autonome et se séparer du reste de la population (Todd et LeBras en ont abondamment parlé, par exemple dans le livre le Mystère Français, ou d'autres de Todd), on est dans un contexte où la défiance est structurelle.
Lordon a aussi évoqué la problématique de la tendance propagandiste néolibérale des médias mainstream, qui, de part sa distorsion entre le discours et la réalité, créé un gouffre entre ce que les gens observent autour d'eux (plus de service publiques, de trains, des poteaux télécoms dans les campagne qui se cassent la gueule, la hausse énorme des tarifs de l'électricité, etc.) et le discours qu'on leur raconte ("la concurrence libre et non faussée c'est super"). Ce gouffre créé la défiance.
Je recommande vivement la lecture du livre "L'affaire Madame" de Mme Anizon, du Nouvel Obs, qui analyse sans jugement et avec bienveillance les tenants de ce qu'on raconte sur l'épouse du président. Elle les appellent "les défiants" pour éviter un terme jugeant. C'est pas un livre d'intellectuel, mais ça donne des pistes de compréhension. Son interview sur France Culture est intéressante aussi.
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker