• # Bel argumentaire mais incomplet

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [Trolldi] Vulgarisation sur l'IA pour décideur pressé. Évalué à 10.

    Je ne suis ni un spécialiste de l'IA, ni des technos derrière. L'article de Ploum est pertinent et argumenté (quoique avec des auto-références), et je pense qu'il a globalement raison. Il y a deux choses sur lesquelles on pourrait discuter :

    Et chaque patron découvrant ChatGPT se sent soudain dans l’urgence d’investir dans l’AI, de peur que le concurrent le fasse avant lui. C’est parfois très con un CEO. Surtout quand ça a peur de rater le coche.

    C'est un peu plus compliqué que ça. Le CEO est généralement loin d'être con. Mais qu'il ait peur de rater le coche, ça, c'est bien souvent le cas, et pourtant simple à comprendre: si Jules de chez Smith en face le fait et que ça marche, il coule. Donc, voyons ce que ça donne. Le CEO intelligent lancera des sondes, et verra ce que ça donne. J'ai eu un boss comme ça, et je pense que même aujourd'hui là où il bosse il continue de faire ça. Le CEO très con qui mise tout dans un seul truc, bah oui là il est très con, il va se gauffrer.

    Le deuxième point c'est que la valeur ajoutée de ces modèles d'IA est dans ce qu'elles sont : des outils, genre abstraction de grosse base de connaissance, à utiliser comme tels. C'est comme ça qu'on les utilise dans ma boite, avec en effet un chatGPT privé. C'est bluffant, mais ça ne reste qu'un outil. Je me suis surpris à lui demander des solutions sur des trucs que je maitrisais vraiment (des conf complexes de lb, proxies, clustering) et ça a fait mouche la plupart du temps.

    Ces IA s'appuient sur l'ensemble des connaissances à un instant T. Elles ne savent rien, ne comprennent rien, n'inventent rien (dans le sens où elles ne font que faire des corrélations basées sur des probabilités) même si les résultats peuvent laisser penser le contraire : elles ne sortiront et remodèleront que ce que que d'autres. Elle sont donc intrinsèquement limités et par leur modèle, et par les données très incomplètes qui les alimentent. Si on arrête d'alimenter (et qu'on reste coincé sur les connaissances de 2021) et qu'on n'utilise que ça, l'humanité est morte et n'évoluera plus. Comme ces étudiants stupides qui ne veulent plus apprendre parce que tout est sur Google (vécu, hein). Et si on l'alimente volontairement de conneries (imaginez une IA alimentée par Twitter ou Snapchat...) alors on rentrera dans une sorte d'idiocratie.

    Au pire, on débranchera la prise.