• # Sens noble du hacking & proximité certaine avec le logiciel libre

    Posté par (site web personnel) . En réponse au sondage Le hacking et vous. Évalué à 2.

    Evoquer le "sens noble" du terme hacker permet de revenir à son étymologie globalement positive par opposition aux crackers, mais par contre vous faites l'impasse sur le caractère élitiste associé.

    Ceci amène à considérer le hacking comme quelque chose de relativement banal ("bidouilles, transformations et créations"), là où c'était originellement une méritocratie, où l'on ne pouvait pas s'auto-proclamer hacker mais seulement être reconnu comme tel par l'entourage.

    Or dans l'acception originelle complète, on peut questionner la "proximité certaine [du hacking] avec le logiciel libre" : les choses ne sont peut-être pas aussi certaines que cela, voire parfois à double tranchant.

    Premièrement, parce que pour se frayer un chemin rapide (à la hache/machette/serpe) vers la solution d'un problème (sens étymologique premier du hacking), il faut d'abord disposer d'une culture technologique et d'une compréhension assez fine du fonctionnement informatique qui permettent de formuler des hypothèses intéressantes sur ce problème et ses solutions potentielles.

    Alors d'accord, on a plus de chances de trouver cela chez des amateurs de logiciels libres, mais il y a quand même une grosse différence entre utiliser de la technologie et comprendre comment elle fonctionne, et dans le cas d'espèce utiliser des logiciels à code ouvert ou libérés (traductions personnelles...) et avoir eu l'occasion d'en lire et modifier le code source...

    Je crois même que les personnes capables de faire cela deviennent de plus en plus rares, d'une part parce que la technologie moderne est faite d'un empilement d'API censées masquer la complexité de ce qui se passe en dessous, parce que l'assistanat à base d'IA n'encourage pas à le comprendre et le maîtriser et parce que quand on a vécu et fait son apprentissage dans un monde d'abondance et de sophistication technologique ça fait tout drôle de passer à des langages de bas niveau où il faut presque tout refaire soi-même (je pense aux jeunes qui apprennent Python avant le C, par exemple).

    Deuxièmement parce que l'essence même du hacking est d'être capable d'utiliser pratiquement n'importe quel système, langage ou outil disponible pour parvenir à ses fins, ce qui n'est pas accessible à la partie des utilisateurs de logiciels libres qui refusent de toucher à une technologie Microsoft (dominante dans la plupart des entreprises), à une IHM graphique, voire à tout logiciel qui ne soit pas libre. Cela paraît peut-être caricatural mais j'ai croisé quelques uns de ces intégristes au fil de ma vie professionnelle... C'est en ce sens que la proximité avec le logiciel libre peut être à double tranchant !

    Pour moi les gens qui ont ces capacités constituent la véritable richesse du monde des logiciels à code ouvert ou libérés, bien plus que ces logiciels eux-mêmes ou leur éventuelle "gratuité" !

    Mais si j'en reviens à une vision plus banale (bidouillesque) du hacking, alors je trouve que les nano-ordinateurs type Raspberry Pi permettent de retrouver et même d'amplifier le sentiment d'ouverture sur l'inconnu et de possibilités infinies que l'on pouvait avoir face aux slots d'extension inoccupés de l'Apple ][, puis du PC). Pour moi, combinés à l'impression 3D et à l'IA, c'est la nouvelle frontière de la bidouille et elle est passionnante !