• # Argument dérivé

    Posté par . En réponse au lien [blog] Sécurité informatique VS Liberté informatique (attention, ça pique). Évalué à 8.

    Je me permets de réagir sur un argument du billet :

    On préfère du LineageOS rooté récupéré sur des liens de direct download russes via un obscur forum random. Ou du FairPhone qui a arrêté les mises-à-jour de sécurité de son téléphone après 7 ans. Apple, ça a été 9 ans pour le 6S de la même année.

    La comparaison ne tient pas. Fairphone a vendu 95 000 téléphones en 2020. À 500€ l'appareil, ça fait 50 000 000 € (j'arrondis, je suis gentil). Le résultat net de Apple est de 97 milliards de $ en 2023. Il faut 5 heures de bénéfices Apple pour acheter toute la production Fairphone en un an. Apple maîtrise son produit verticalement, il peut donc obtenir un support matériel plus facilement. Je trouve que justement, le maintien des mises-à-jour par Fairphone relève de l'exploit.
    Mais finalement, celui qu'il faut blâmer, c'est plutôt Google : Android supporté pendant 2 à 3 ans (au moment du Fairphone 2), et même si Android tourne sur du matériel largement plus hétérogène, Google possède une arme assez simple, la certification Android. Celle-ci peut très bien imposer le support du matériel et des mise-à-jour de sécurité sur une période plus longue, et soyons conservateur, disons 5 ans.

    L'argument initial était de souligner que les libristes préfèrent fermer les yeux sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement logicielle, mais effectivement, ce n'est pas la priorité quand on a aucune garantie d'avoir un retour sur investissement. Et par ailleurs, fédérer la sécurité du libre/open source est un sujet qui pourrait très bien être conduit (j'ai pas dit résolu) par l'UE elle-même. Après tout, le libre est utilisé par... presque tout le monde, et des infrastructures vitales en font partie. Il y a donc la partie normative, mais accompagner les fournisseurs ne serait pas non plus du luxe. Une subvention européenne à la fiabilité de la chaîne d'approvisionnement quoi. Il reste à trouver un acronyme qui ressemble à une déesse grecque, et ça va bien se vendre.