C'est chouette d'avoir mis cette conf en avant, mais pourquoi dire "dans l’air du temps pour vendre du papier", plutôt que "dénoncer grave l'invisibilisation systémique des femmes, dans un milieu fortement masculin et peu accueillant pour les femmes, problème encore d'actualité ?".
Dans cet article c’est moi qui dénonce grave l’invisibilisation systémique des femmes en dénonçant l’invisibilisation de cette conférence et de cette conférencière.
Si tu veux tu peux écrire un article où tu dis que « Thomas Debesse dénonce grave l’invisibilisation systémique des femmes », mais ça se sera ton article sur le mien, pas mon article sur le FOSDEM, ni la conférence de Laura Durieux.
Au moment où j’ai écrit ces lignes, la conférence n’avait pas eu lieu (et je ne l’ai pas encore regardée), je ne savais pas ce que Laura Durieux allait dire et comme je n’ai pas encore regardé la conférence je ne sais toujours pas pas ce que Laura Durieux a dit, je ne vais pas lui mettre des mots à moi dans sa bouche, ni le tiens.
Je ne peux prétendre qu’elle tiendra ou a tenu ce discours : « dénoncer grave l'invisibilisation systémique des femmes, dans un milieu fortement masculin et peu accueillant pour les femmes, problème encore d'actualité ? ».
Si je le fait, je supposerai alors qu’elle n’a que cet angle et que ce langage pour traiter ce sujet, ou pire encore, qu’elle devrait traiter ce sujet sous cet angle et avec ce langage. Non.
Pour prétendre pouvoir parler à sa place comme ça il faut supposer que le sujet doit être traité comme ça, ou qu’il n’y a qu’une façon de le traiter, de cette manière. C’est du totalitarisme intellectuel et moral. C’est pas toi qui décide ce qu’elle doit dire et comment elle doit le dire.
Ici je fais un reportage, je rapporte ce que j’ai vu et ce que je vois, je peux me permettre certaines analyses et soulever quelques questions, ce que je vois et ce que je rapporte est certainement emprunt de biais et marqués par mes affections diverses, j’ai probablement des opinions sur le sujet ou des pistes de réflexions à partager, mais si je veux faire un essai sur la place de la femme ou la présence féminine ou l’agir féminin ou la condition féminine ou les relations hommes-femmes dans le métier, c’est ni le lieu ni le moment.
Bien sûr, on a pas besoin de s'excuser d'être un homme, mais les organisateurs et organisatrices des événements peuvent mettre en place des règles pour rétablir artificiellement une parité, le temps que cet équilibre devienne naturel.
Nous vivons dans une société contractualiste. C’est l’idéologie dominante : c’est l’idée que le contrat social produit et doit produire une nature. Dans ce contexte et environnement contractualiste, si tu mets des contraintes ou des récompenses, tout ce que tu obtiendras c’est que la moitié des hommes se déclareront femme et les indicateurs seront satisfaits.
Il n’y a pas d’inscription pour être visiteur au FOSDEM. J’aurai pu le mentionner dans mon reportage mais comme écrit ici sur leur site : « FOSDEM is free to attend. There is no registration. Just turn up! », qu’on doit pouvoir traduire par : « La participation au FOSDEM est libre/gratuite. Il n'y a pas d'inscription. Venez-simplement ».
Les conférences sont sur inscription évidemment, mais je doute qu’accepter ou refuser une conférence en fonction du sexe de la personne soit très vertueux. Le choix de mettre la conférence de Laura Durieux comme conférence principale (j’aurai pu appuyer là-dessus dans mon article) est probablement déjà un choix politique, c’est déjà une forme d’éditorialité.
Le FOSDEM est un reflet des intérêts actuels. Si t’avais une majorité d’écossais en kilt tu pourrais en déduire que l’évènement attire surtout des écossais en kilt, et que peut-être la profession subit une sur-représentation d’écossais en kilt, etc.
Si tu veux mettre du contrôle et de la régulation pour forcer le réel à se conformer au contrat social que tu veux et produire la nature que tu veux, tu ne ferais pas mieux que les plus tragiques sociétés national-contractualistes du siècle dernier : le nazisme et le bolchevisme, qui chacun dans leur vision de leur nation parfaite supposément produites par le contrat social nous ont sorti les camps de concentrations et le goulag pour raboter matériellement et physiquement les personnes qui faisaient échec à ce contrat social et qui donc, selon le principe superstitieux inhérent au contractualisme, faisaient échec à l’avènement de la nouvelle race du nouvel homme que devait produire ce contrat social.
le temps que cet équilibre devienne naturel.
C’est exactement ça le national-socialisme : produire une nature (nation) conforme à un contrat social. Je ne t’accuses pas de nazi hein, je pointe simplement le problème du doigt et dont tu hérites forcément, comme tout le monde, de notre environnement. Tout le monde répète cela de tout le monde car la société actuelle est profondément social-contractualiste. L’idéologie social-contractualiste est dominante quelque soit le bord politique. Et donc on répète tous les mêmes choses avec la même idéologie, et la conformité sociale requiert de répéter cela, en se rassurant de ne pas être comme les national-contractualismes du 20e siècle parce qu’au moins, si on exprime la même idéologie, au moins on n’a pas la même esthétique...
On peut travailler à améliorer l’accueil des femmes, leur médiatisation, leur représentativité, etc. mais il s’agit alors de prendre soin, respecter et honorer la femme, et non pas prendre soin, respecter et honorer un contrat social. C’est la femme le plus important et c’est à la femme qu’il faut sacrifier, ce n’est pas le contrat social le plus important et ce n’est pas au contrat social qu’il faut sacrifier, autrement il y a un risque sérieux de tomber dans une démarche superstitieuse. Qu’est-il plus important ? La femme ou l’équilibre ? Et quel est son avis à elle ? L’équilibre ne parle pas, ne vit pas, c’est une idole de pierre. Si un jour l’équilibre est atteint, ça devra l’être parce que c’est mieux ainsi pour elle, pas parce que c’est mieux ainsi pour « l’équilibre ». Et si un jour l’équilibre est inversé et que ça convient à « ceux qui vivent », je ne pleurerait pas le deuil de « l’équilibre » qui lui, ne vit pas.
Mais je crois important d'appuyer une énième fois ce déséquilibre persistant.
Ici ça a probablement plus d’effet sur ta considération sociale que sur le réel mais bon. Et là encore je pourrai demander : est-ce que ce déséquilibre est gênant pour la femme ou pour le contrat social ? Il ne faut pas faire passer le contrat social avant la femme, et si quelque chose doit être fait, ce doit être fait pour la femme et non pour le contrat social. Mettre en lumière ce déséquilibre, c’est bien, je suppose que la conférencière a cette intention du moins en partie (la présentation est explicitement comparative entre les femmes et les hommes). Mais ce serait donc l’objet de sa conférence, pas de mon reportage.
Il y a visiblement des femmes sur beaucoup de mes photos, et pas seulement en service de food trucks, et même si elles sont visiblement minoritaires, elles sont là. Je n’ai eu aucune intention spécifique à ce sujet quand j’ai pris mes photos, le sujet de la femme est quelque chose que j’ai ajouté à ce reportage parce que c’est au programme de l’année 2024, et que j’ai choisi de questionner la représentation de l’évènement dans la presse et que les sujets liés à la condition féminine sont des sujets que la presse traditionnelle traite ordinairement (en bien ou en mal n’est même pas le sujet).
Pour donner mon avis, je pense que mettre en avant cette conférence, la médiatiser, faire de même avec les autres conférences données par des femmes (et pas seulement les sujets de femme qui parle de femme !) me semble plus utile que de mettre en place une coercition. Il me semble plus utile de s’assurer que les femmes aient envie de venir, que ce soit parce qu’elles s’y sentent à leur place, qu’elles veulent geeker comme tout le monde ou au contraire par esprit de revanche féministe ou je ne sais quelle autre motivation, qu’elle sachent qu’elles y sont bienvenues, que leur conférence sera écoutée, etc.
Ma méthode pour prendre mes photos de conférence était simplement d’en faire une petite série dans chaque bâtiment, je n’ai pas regardé les sujets ni les intervenants, donc mes photos de conférence sont peut-être assez représentatifs, ou pas. Il y a pu avoir des biais assez compréhensifs comme le fait de photographier la dernière conférence mais autrement, je me suis surtout baladé, d’où le titre du reportage. Les bâtiments et salles de conférences sont surtout regroupés par sujets, en faisant le tour de chaque bâtiment je m’assurais aussi de photographier éventuellement des populations ayant des centres d’intérêts et donc potentiellement des populations différentes. La photo avec écrit H1302 au tableau était une salle de conférence sur Rust. Je pourrai retrouver le nom de l’intervenante et le sujet si besoin (l’heure est dans le nom du fichier et dans les métadonnées de la photo).
Pour les photos des stands et de foule, il y a probablement plus de biais personnels ou artistiques. Autant pour les conférences je ne savais pas sur quoi je tomberai avant d’entrer dans une salle et avant que la conférence ne commence, autant pour les photos de stands j’ai été guidé par mes instincts de photographe en quête d’image, et comme je l’ai dit dans mon article, de mon exercice à produire des tableaux.
Je parlais de ça justement l'autre soir avec un ami, et j'ai compté les personnes de genre féminin que j'ai pu côtoyer dans mon métier de sysadmin. J'ai pu repenser à 4 personnes, sur environ 150-200 au cours de 20 ans de carrière. Et de ces cinq personnes, il y en a une que j'ai embauchée moi-même.
C’est un constat partagé. Au lycée en 1ère (Scientifique spécialité Sciences de l’ingénieure) il n’avait pas de femme dans ma classe, en terminale il n’y en avait une seule et uniquement parce qu’elle avait redoublé. En école d’ingénieur il y avait deux femmes pour une promo de 100 élèves ou quelque chose comme ça, on tombe sur la même proportion que ce que tu as vu dans ta carrière : 1%.
Il y a quelques années lors d’un mariage que je photographiais, je me suis retrouvé à table d’une jeune maman qui travaillait dans l’informatique, je ne sais plus le métier exact mais un métier où on voit très peu de femmes, et ça m’avait fait un truc du genre si elle était développeuse « woah, la première femme développeuse que je rencontre en vrai », bon ce n’est pas tout à fait, j’en ai rencontré avant et j’en ai rencontré plus tard, mais je me souviens de cet effet tellement c’est rare, l’effet « 1% ». Plus tard j’ai photographié une de ses grossesses, on a gardé le contact. Aujourd’hui elle est formatrice Montessori, et je doute que désormais elle ira donner une conférence au FOSDEM... Là tout de suite sans faire d’effort je peux penser à deux autres personnes dont c’est le métier d’être soit développeur, soit sysadmin, et une seule qui a été collègue dans mon travail. Une femme dans ma famille a fait une formation de développeur il y a quelques années, elle ouvre un salon de thé. Ce qui est bien c’est que maintenant cette personne comprend mieux certains aspects de mon métier, et notamment connaît expérimentalement ce que ça fait de voir son code faire ce qu’elle veut qu’il fasse, c’est espèce de sensation créatrice « j’ordonne, et la chose est, et je vois que c’est bon ». Il y a là une expérience et des émotions spécifiques que peut-être seul le métier de développeur peut connaître. Si un autre métier produit cet effet, c’est que d’une manière ou d’une autre, il y a une forme de développement dedans. Ça pourrait être un sujet de conférence d’ailleurs, y compris une discussion de filles : « les filles, vous ne savez pas ce que vous ratez », « vous ne pouvez pas imaginer ». Pour cette personne de ma famille, cette expérience a apporté des découvertes qu’elle ne pouvait pas imaginer.
Ce sujet-là est passionnant, on pourrait titrer une conférence ainsi, de façon provocatrice et accrocheuse : « ce qu’il n’est pas permis aux femmes de vivre », ou « ce que les hommes nous cachent ». Bon la corde victimaire est un peu grosse et pas toujours digne, mais il y a un peu de vrai. 😄️
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Mixité ?
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Une balade au FOSDEM. Évalué à 10.
Dans cet article c’est moi qui dénonce grave l’invisibilisation systémique des femmes en dénonçant l’invisibilisation de cette conférence et de cette conférencière.
Si tu veux tu peux écrire un article où tu dis que « Thomas Debesse dénonce grave l’invisibilisation systémique des femmes », mais ça se sera ton article sur le mien, pas mon article sur le FOSDEM, ni la conférence de Laura Durieux.
Au moment où j’ai écrit ces lignes, la conférence n’avait pas eu lieu (et je ne l’ai pas encore regardée), je ne savais pas ce que Laura Durieux allait dire et comme je n’ai pas encore regardé la conférence je ne sais toujours pas pas ce que Laura Durieux a dit, je ne vais pas lui mettre des mots à moi dans sa bouche, ni le tiens.
Je ne peux prétendre qu’elle tiendra ou a tenu ce discours : « dénoncer grave l'invisibilisation systémique des femmes, dans un milieu fortement masculin et peu accueillant pour les femmes, problème encore d'actualité ? ».
Si je le fait, je supposerai alors qu’elle n’a que cet angle et que ce langage pour traiter ce sujet, ou pire encore, qu’elle devrait traiter ce sujet sous cet angle et avec ce langage. Non.
Pour prétendre pouvoir parler à sa place comme ça il faut supposer que le sujet doit être traité comme ça, ou qu’il n’y a qu’une façon de le traiter, de cette manière. C’est du totalitarisme intellectuel et moral. C’est pas toi qui décide ce qu’elle doit dire et comment elle doit le dire.
Ici je fais un reportage, je rapporte ce que j’ai vu et ce que je vois, je peux me permettre certaines analyses et soulever quelques questions, ce que je vois et ce que je rapporte est certainement emprunt de biais et marqués par mes affections diverses, j’ai probablement des opinions sur le sujet ou des pistes de réflexions à partager, mais si je veux faire un essai sur la place de la femme ou la présence féminine ou l’agir féminin ou la condition féminine ou les relations hommes-femmes dans le métier, c’est ni le lieu ni le moment.
Nous vivons dans une société contractualiste. C’est l’idéologie dominante : c’est l’idée que le contrat social produit et doit produire une nature. Dans ce contexte et environnement contractualiste, si tu mets des contraintes ou des récompenses, tout ce que tu obtiendras c’est que la moitié des hommes se déclareront femme et les indicateurs seront satisfaits.
Il n’y a pas d’inscription pour être visiteur au FOSDEM. J’aurai pu le mentionner dans mon reportage mais comme écrit ici sur leur site : « FOSDEM is free to attend. There is no registration. Just turn up! », qu’on doit pouvoir traduire par : « La participation au FOSDEM est libre/gratuite. Il n'y a pas d'inscription. Venez-simplement ».
Les conférences sont sur inscription évidemment, mais je doute qu’accepter ou refuser une conférence en fonction du sexe de la personne soit très vertueux. Le choix de mettre la conférence de Laura Durieux comme conférence principale (j’aurai pu appuyer là-dessus dans mon article) est probablement déjà un choix politique, c’est déjà une forme d’éditorialité.
Le FOSDEM est un reflet des intérêts actuels. Si t’avais une majorité d’écossais en kilt tu pourrais en déduire que l’évènement attire surtout des écossais en kilt, et que peut-être la profession subit une sur-représentation d’écossais en kilt, etc.
Si tu veux mettre du contrôle et de la régulation pour forcer le réel à se conformer au contrat social que tu veux et produire la nature que tu veux, tu ne ferais pas mieux que les plus tragiques sociétés national-contractualistes du siècle dernier : le nazisme et le bolchevisme, qui chacun dans leur vision de leur nation parfaite supposément produites par le contrat social nous ont sorti les camps de concentrations et le goulag pour raboter matériellement et physiquement les personnes qui faisaient échec à ce contrat social et qui donc, selon le principe superstitieux inhérent au contractualisme, faisaient échec à l’avènement de la nouvelle race du nouvel homme que devait produire ce contrat social.
C’est exactement ça le national-socialisme : produire une nature (nation) conforme à un contrat social. Je ne t’accuses pas de nazi hein, je pointe simplement le problème du doigt et dont tu hérites forcément, comme tout le monde, de notre environnement. Tout le monde répète cela de tout le monde car la société actuelle est profondément social-contractualiste. L’idéologie social-contractualiste est dominante quelque soit le bord politique. Et donc on répète tous les mêmes choses avec la même idéologie, et la conformité sociale requiert de répéter cela, en se rassurant de ne pas être comme les national-contractualismes du 20e siècle parce qu’au moins, si on exprime la même idéologie, au moins on n’a pas la même esthétique...
On peut travailler à améliorer l’accueil des femmes, leur médiatisation, leur représentativité, etc. mais il s’agit alors de prendre soin, respecter et honorer la femme, et non pas prendre soin, respecter et honorer un contrat social. C’est la femme le plus important et c’est à la femme qu’il faut sacrifier, ce n’est pas le contrat social le plus important et ce n’est pas au contrat social qu’il faut sacrifier, autrement il y a un risque sérieux de tomber dans une démarche superstitieuse. Qu’est-il plus important ? La femme ou l’équilibre ? Et quel est son avis à elle ? L’équilibre ne parle pas, ne vit pas, c’est une idole de pierre. Si un jour l’équilibre est atteint, ça devra l’être parce que c’est mieux ainsi pour elle, pas parce que c’est mieux ainsi pour « l’équilibre ». Et si un jour l’équilibre est inversé et que ça convient à « ceux qui vivent », je ne pleurerait pas le deuil de « l’équilibre » qui lui, ne vit pas.
Ici ça a probablement plus d’effet sur ta considération sociale que sur le réel mais bon. Et là encore je pourrai demander : est-ce que ce déséquilibre est gênant pour la femme ou pour le contrat social ? Il ne faut pas faire passer le contrat social avant la femme, et si quelque chose doit être fait, ce doit être fait pour la femme et non pour le contrat social. Mettre en lumière ce déséquilibre, c’est bien, je suppose que la conférencière a cette intention du moins en partie (la présentation est explicitement comparative entre les femmes et les hommes). Mais ce serait donc l’objet de sa conférence, pas de mon reportage.
Il y a visiblement des femmes sur beaucoup de mes photos, et pas seulement en service de food trucks, et même si elles sont visiblement minoritaires, elles sont là. Je n’ai eu aucune intention spécifique à ce sujet quand j’ai pris mes photos, le sujet de la femme est quelque chose que j’ai ajouté à ce reportage parce que c’est au programme de l’année 2024, et que j’ai choisi de questionner la représentation de l’évènement dans la presse et que les sujets liés à la condition féminine sont des sujets que la presse traditionnelle traite ordinairement (en bien ou en mal n’est même pas le sujet).
Pour donner mon avis, je pense que mettre en avant cette conférence, la médiatiser, faire de même avec les autres conférences données par des femmes (et pas seulement les sujets de femme qui parle de femme !) me semble plus utile que de mettre en place une coercition. Il me semble plus utile de s’assurer que les femmes aient envie de venir, que ce soit parce qu’elles s’y sentent à leur place, qu’elles veulent geeker comme tout le monde ou au contraire par esprit de revanche féministe ou je ne sais quelle autre motivation, qu’elle sachent qu’elles y sont bienvenues, que leur conférence sera écoutée, etc.
Ma méthode pour prendre mes photos de conférence était simplement d’en faire une petite série dans chaque bâtiment, je n’ai pas regardé les sujets ni les intervenants, donc mes photos de conférence sont peut-être assez représentatifs, ou pas. Il y a pu avoir des biais assez compréhensifs comme le fait de photographier la dernière conférence mais autrement, je me suis surtout baladé, d’où le titre du reportage. Les bâtiments et salles de conférences sont surtout regroupés par sujets, en faisant le tour de chaque bâtiment je m’assurais aussi de photographier éventuellement des populations ayant des centres d’intérêts et donc potentiellement des populations différentes. La photo avec écrit H1302 au tableau était une salle de conférence sur Rust. Je pourrai retrouver le nom de l’intervenante et le sujet si besoin (l’heure est dans le nom du fichier et dans les métadonnées de la photo).
Pour les photos des stands et de foule, il y a probablement plus de biais personnels ou artistiques. Autant pour les conférences je ne savais pas sur quoi je tomberai avant d’entrer dans une salle et avant que la conférence ne commence, autant pour les photos de stands j’ai été guidé par mes instincts de photographe en quête d’image, et comme je l’ai dit dans mon article, de mon exercice à produire des tableaux.
C’est un constat partagé. Au lycée en 1ère (Scientifique spécialité Sciences de l’ingénieure) il n’avait pas de femme dans ma classe, en terminale il n’y en avait une seule et uniquement parce qu’elle avait redoublé. En école d’ingénieur il y avait deux femmes pour une promo de 100 élèves ou quelque chose comme ça, on tombe sur la même proportion que ce que tu as vu dans ta carrière : 1%.
Il y a quelques années lors d’un mariage que je photographiais, je me suis retrouvé à table d’une jeune maman qui travaillait dans l’informatique, je ne sais plus le métier exact mais un métier où on voit très peu de femmes, et ça m’avait fait un truc du genre si elle était développeuse « woah, la première femme développeuse que je rencontre en vrai », bon ce n’est pas tout à fait, j’en ai rencontré avant et j’en ai rencontré plus tard, mais je me souviens de cet effet tellement c’est rare, l’effet « 1% ». Plus tard j’ai photographié une de ses grossesses, on a gardé le contact. Aujourd’hui elle est formatrice Montessori, et je doute que désormais elle ira donner une conférence au FOSDEM... Là tout de suite sans faire d’effort je peux penser à deux autres personnes dont c’est le métier d’être soit développeur, soit sysadmin, et une seule qui a été collègue dans mon travail. Une femme dans ma famille a fait une formation de développeur il y a quelques années, elle ouvre un salon de thé. Ce qui est bien c’est que maintenant cette personne comprend mieux certains aspects de mon métier, et notamment connaît expérimentalement ce que ça fait de voir son code faire ce qu’elle veut qu’il fasse, c’est espèce de sensation créatrice « j’ordonne, et la chose est, et je vois que c’est bon ». Il y a là une expérience et des émotions spécifiques que peut-être seul le métier de développeur peut connaître. Si un autre métier produit cet effet, c’est que d’une manière ou d’une autre, il y a une forme de développement dedans. Ça pourrait être un sujet de conférence d’ailleurs, y compris une discussion de filles : « les filles, vous ne savez pas ce que vous ratez », « vous ne pouvez pas imaginer ». Pour cette personne de ma famille, cette expérience a apporté des découvertes qu’elle ne pouvait pas imaginer.
Ce sujet-là est passionnant, on pourrait titrer une conférence ainsi, de façon provocatrice et accrocheuse : « ce qu’il n’est pas permis aux femmes de vivre », ou « ce que les hommes nous cachent ». Bon la corde victimaire est un peu grosse et pas toujours digne, mais il y a un peu de vrai. 😄️
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes