C'est même pire que ça, toute comparaison ne peut se faire uniquement en quelques chiffres bruts.
Prenons un exemple, un pays avec une population âgée aura de grosses dépenses de santé et de retraite en proportion par rapport à un pays avec une population plus jeune. La forte dépense ne révèle aucun dysfonctionnement de part et autre, juste que la situation est différente.
On peut penser aussi au mécanisme de clé de répartition des dépenses ferroviaires en Belgique qui est révélateur de ce genre de problèmes. En gros la Flandre doit recevoir 60% des investissements ferroviaires pour 40% en Wallonie ce qui représente à peu près la répartition de la population flamande / francophone à l'échelle nationale. On se dit que c'est équitable, mais si on tient compte que la Wallonie représente plus de la moitié de la surface du pays et a plus d'ouvrage d'arts type ponts / tunnels à cause de son relief (donc coût de maintenance plus élevées) on devine que finalement cela a beaucoup moins de sens.
D'où le problème de comparer des pays ou régions avec quelques chiffres sans avoir un tableau d'ensemble dont des explications concernant ces différences. Est-ce que ces écarts sont un réel écart d'efficacité ou est-ce que ces écarts ont des causes structurelles ou externes qui même avec la meilleure politique du monde ne vont pas disparaître ?
Puis même dans ce genre de statistiques, chaque pays a ses critères de classification ce qui rend la comparaison internationale difficile.
La différence de niveau de ces dépenses tient en très grande partie au fait que, d'un pays à l'autre, on ne compte pas la même chose (différence de périmètre) et on ne compte pas de la même manière. Comme l'expliquent les experts de l'OCDE, qui étudient le problème des comparaisons entre pays depuis des nombreuses années : "les phrases du genre ‘le pays X dépense plus que le pays Y' sont trop souvent fausses (all too often these statements are wrong)"
Au Danemark et aux Etats-Unis, par exemple, les dépenses publiques à caractère social (rapportées au PIB) s'élevaient, en 2007, à 26 et à 16,2% respectivement. A première vue la différence est énorme, de presque dix points de PIB. Mais, si l'on tient compte du fait que les prestations sociales sont taxées très différemment d'un pays à l'autre, la différence se réduit de moitié. Si l'on tient aussi compte des transferts sociaux qui ne transitent pas par les budgets publics, comme les "dépenses sociales privées à caractère obligatoire" (les cotisations d'assurance privée obligatoires payées par les entreprises, par exemple), et les différentes dépenses sociales encourues par les ménages mais déductibles des impôts (un manque à gagner pour l'administration publique mais pas une dépense), on constate que la dépense nette à caractère social est légèrement plus élevé aux Etats-Unis. Ce qui se comprend car les problèmes sociaux de ce pays sont tellement plus importants. Comme l'expliquent les experts de l'OCDE : "la dépense sociale totale, exprimée en pourcentage du PIB, est en réalité similaire dans des pays qui semblent avoir des niveaux de dépense très différents".
[^] # Re: Analyse à 2 balles (personnelles donc privées)
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au lien À quoi l'argent public a servi en 2022 en France (vs 1995). Évalué à 7. Dernière modification le 25 décembre 2023 à 22:44.
C'est même pire que ça, toute comparaison ne peut se faire uniquement en quelques chiffres bruts.
Prenons un exemple, un pays avec une population âgée aura de grosses dépenses de santé et de retraite en proportion par rapport à un pays avec une population plus jeune. La forte dépense ne révèle aucun dysfonctionnement de part et autre, juste que la situation est différente.
On peut penser aussi au mécanisme de clé de répartition des dépenses ferroviaires en Belgique qui est révélateur de ce genre de problèmes. En gros la Flandre doit recevoir 60% des investissements ferroviaires pour 40% en Wallonie ce qui représente à peu près la répartition de la population flamande / francophone à l'échelle nationale. On se dit que c'est équitable, mais si on tient compte que la Wallonie représente plus de la moitié de la surface du pays et a plus d'ouvrage d'arts type ponts / tunnels à cause de son relief (donc coût de maintenance plus élevées) on devine que finalement cela a beaucoup moins de sens.
D'où le problème de comparer des pays ou régions avec quelques chiffres sans avoir un tableau d'ensemble dont des explications concernant ces différences. Est-ce que ces écarts sont un réel écart d'efficacité ou est-ce que ces écarts ont des causes structurelles ou externes qui même avec la meilleure politique du monde ne vont pas disparaître ?
Puis même dans ce genre de statistiques, chaque pays a ses critères de classification ce qui rend la comparaison internationale difficile.
Exemple tiré de cet article : https://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/14/la-part-des-depenses-publiques-dans-le-pib_1603246_3232.html