• # y a t-il un rapport ?

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal L’avis de RMS sur les relations sexuelles. Évalué à 10.

    Je trouve toujours curieux ce besoin de lier un débat sur l’idée de copyleft théorisée par RMS avec des positions qu’RMS aurait tenu sur la sexualité (et éventualité la pédophilie). Par exemple je doute très fortement que l’idée de copyleft soit d’une manière ou d’une autre, le marqueur, l’effet, un encouragement ou port en elle la trace de la pédophilie. On peut tout à fait se servir d’une formule mathématique inventée par un mathématicien qui battait sa femme.

    La question se poserait plus s’il s’agissait de baptiser une maternelle ou un jardin d’enfant du nom de RMS, il serait plus judicieux de nommer en son honneur un département informatique d’université...

    Les propos de RMS à l’époque me semblent malheureusement s’inscrire complètement dans l’époque où il a grandi. En ce sens, la pression sociale qui pourrait le lyncher aujourd’hui en 2023 pour avoir tenu ces propos en 2013 pourraient l’avoir lynché à l’époque s’il avait dénoncé de tels propos dans les années 70.

    Le journal Libération au du répondre par exemple au fait qu’il faisait l’apologie de la pédophilie en 1974 (et en fait jusque dans les années 80), cette même année 1974, RMS passait de Harvard au MIT. L’opinion que RMS a sorti en 2013 me semble être une resaucée de ce qui était une opinion majoritaire dans certaines universités.

    En fait là dessus je reprocherait plutôt à RMS d’avoir vécu dans une grotte sur ces sujets pendant tant d’années, mais en même temps c’est pas là dessus qu’on l’attend. Je pourrais comparer ce genre de sortie de RMS en 2013 qui nous ressort un truc qu’il avait gardé au frigo depuis les années 70 à je ne sais plus quel commentateur télé qui a ressortit récemment en 2023 (pendant l’affaire Nahel je crois) sur le sujet des jeux vidéos violents une rumeur de cours de récré (écraser des femmes enceintes ou des landaux pour avoir des points) qui date des années 1998 (une rumeur que je sais provenir de Carmageddon, car j’étais aussi en cour de récré en 1998, héhé).

    En parlant du journal Libération, je suis beaucoup plus critique envers l’un de ses fondateurs, Jean-Paul Sartre, et sa complice Simone de Beauvoir, qui sont désormais reconnus comme des prédateurs sexuels. À la différence d’un RMS dont les idées ou paroles sur la sexualité me semblent indépendantes de ses idées sur les licence libres, un Sartre ou une Beauvoir se servaient de leur rôle d’enseignant, et la séduction par les idées faisait partie de leur stratégie. Je trouve plus gênant que le discours féministe de Beauvoir lui permettait de séduire des étudiantes à son profit avant de les rabattre sur Sartre (exemple).

    Aujourd’hui les paroles et les prises de positions de certaines personnes ressortent, et c’est pas simple à gérer.

    Par exemple l’autre jour j’ai assisté à l’enterrement d’un proche dans une banlieue de la région parisienne. Je remarque en sortant du cimetière la tombe de Léon Bloy. J’entends une des autres personnes présente à l’enterrement faire remarquer que dans ce même cimetière se trouve aussi la tombe de Françoise Dolto. Je connaissais le premier (écrivain) mais pas la seconde (psychanalyste). Rentré chez moi j’ai parcouru la page Wikipédia. J’y ai lu que :

    « Françoise Dolto signe en 1977 — en compagnie de nombreux autres signataires parmi les intellectuels français de l'époque (Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers...). — une « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs », jugeant que le « consentement des mineurs » suffit amplement. La participation à cette pétition lui vaut comme ses cosignataires d'être accusée dans les années 2020 d'avoir tenue une position favorable à la pédophilie. »

    Wikipédia rapporte alors plusieurs éléments du débat à ce sujet, avec l’idée par exemple qu’elle aurait surtout voulu porter la réflexion sur le caractère arbitraire de la majorité sexuelle, et la page rapporte des positions plus tranchées sur le fait de faire du non-respect du consentement un déli et de faire du viol un crime quelle que soient les victimes, etc.

    Bref, tout ça pour dire que je trouve dommage ce types de paroles, mais ces paroles de RMS me semblent plus être le reflet d’une pression sociale et d’une certaine culture universitaires des années 70 dans laquelle RMS a très certainement baigné, que d’être une profonde conviction. Et surtout je ne vois pas trop le rapport avec les licences libres et le copyleft dans ce cas précis. Il me semble que relier les deux c’est surtout forger une espèce d’argument ad hominem. Et je trouve même que l’argument qu’une telle parole de sa part banaliserai tel discours ne tient pas beaucoup, car j’ai l’impression que personne n’en aurait vraiment entendu parler si ses détracteurs n’en faisaient une telle publicité.

    Personnellement je n’aime pas vraiment le copyleft, mais mes arguments ne sont pas ad hominem et je n’ai pas besoin de parler de RMS pour exprimer et défendre mon opinion sur le copyleft.

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