en particulier chez les mammifères. Je cherche chez quelle espèce de mammifère ce sont les femelles qui se battent pour être l’individu qui pourra se reproduire, il doit y en avoir, mais admet que pour l’écrasante majorité ce sont toujours les mâles
Déjà, j'ai déjà donné l'exemple des bonobos, où les femelles sont plus agressives que les mâles et les attaquent plus souvent. On notera aussi que les bonobos sont considérés comme proches cousins des êtres humains et qu'ils ont une organisation sociale la plus avancée juste après celle de l'homme.
Les bonobos et les êtres humains ont pris un chemin évolutif où l'usage de la violence est différent. Ils n'utilisent plus la violence de manière dominante dans leur stratégie de reproduction. Ils utilisent aussi une stratégie de survie qui consiste à construire une communauté d'individus et qui favorise le recours au cerveau plutôt qu'à la force.
La réalité n'est pas que certains traits sont retenus et d'autres ne le sont pas aléatoirement. La réalité, c'est que plus un trait est bénéfique pour des comportements aidant à la survie, plus celui-ci est retenu, plus il est en contradiction avec les comportements et stratégie adoptés pour la survie, plus ce trait disparait.
C'est la raison pour laquelle il y a une erreur de raisonnement dans le raisonnement: je vois ce trait chez certains animaux, donc il y a une chance qu'il existe chez les humains. Il faut encore que ce trait ait une bonne raison d'exister dans le chemin évolutif que l'espèce a prise.
Même si la majorité des mammifères ont des mâles violents (j'y reviens dans le paragraphe suivant), le problème est qu'on passe dans un contexte où des traits qui étaient favorisés par la sélection naturelle peuvent ne plus être relevant pour celle-ci, voire même être un désavantage. Je comprends très très bien pourquoi des mâles violents peuvent être un avantage au point de vue de la sélection naturelle pour un troupeau de bovin. Par contre, dès que l'animal est motivé par une justice de groupe et autre notion d'organisation sociale avancée, les individus violents ont tout intérêt à être considérés comme "à exclure". C'est d'ailleurs expérimentalement le cas chez l'être humain: les gens, biologiquement, n'aiment pas les gens violents, les considèrent comme inférieurs et ne veulent pas les avoir comme voisins. Pour un bœuf, un autre bœuf violent sera vu comme dominant, comme un modèle à atteindre. Pour un être humain, le musclor de base est vu comme un inférieur, comme une brute. Pour reprendre le passage de la vie aquatique à la vie terrestre, dans la vie aquatique, plus les nageoires capturent un grand volume d'eau, plus c'est bénéfique pour l'individu. Une fois changé de contexte, pour la vie terrestre, plus ces nageoires deviennent atrophiées en formant des doigts, plus c'est bénéfique pour l'individu. Cela ne veut pas dire que les animaux terrestres ne sont pas des animaux comme les autres, ou qu'ils ne partagent pas certains traits avec les animaux aquatiques. Mais cela veut dire que l'évolution n'est pas le dessein intelligent, l'évolution n'a pas de cerveau et n'a pas de mémoire, et ne va pas dire: ce trait était cool chez les bœufs, je vais donc le garder tel quel même si maintenant, pour cette nouvelle espèce, les descendants pour lesquels ce trait fonctionne différemment sont avantagés.
Et franchement je me demande comment tu peux refuser d’admettre cette évidence
L'évidence à laquelle tu fais référence n'aboutit pas à la conclusion qui est nécessaire pour prétendre que les hommes sont biologiquement plus violents que les femmes. Ce que je dis être de la merde, c'est l'idée que "on observe que les mâles sont plus violents que les femelles dans la nature".
Ton évidence, c'est la stratégie de reproduction. Sauf que la stratégie de reproduction est une toute petite partie de l'équation. Je suis d'accord sur le fait que la stratégie d'accouplement dominante chez les mammifères est la domination d'un mâle sur les autres et que celle-ci est souvent basée sur la force. Notons également qu'il y a plein de stratégie alternative. Par exemple, les "sneaky males" (le male moins dominant se reproduit à l'insu du dominant) et les "cheating females" (les femelles du harem recherchent l'accouplement avec d'autres males moins dominant à l'insu du dominant) sont bien plus courants et une stratégie parfois même considérée comme bien plus avantageuse. Au final, on obtient même des équilibres: alors que le mâle dominant est clairement visible pour l'observateur, une grande partie des descendants sont en réalité le résultat de mâles non dominants, sans quoi la diversité génétique commencerait à poser un problème pour la survie de la population. (c'est un peu un point de détail, mais c'est une illustration du fait que tu répètes les clichés entendu dans le documentaire animalier sur Disney Channel plutôt que de comprendre les subtilités)
À l'inverse, je ne pense pas qu'on puisse sérieusement affirmer qu'il est évident que les violences envers les partenaires sexuels sont courant et sont dominé de manière évidente par les mâles. Je ne crois pas connaitre une espèce où c'est le cas. Cela n'a pas vraiment de sens: le mâle n'a pas d'intérêt à effrayer la femelle. Et même en cas de stratégie où le mâle se reproduit en se forçant sur la femelle, cela devient de manière évidente un inconvénient dans les espèces où les couples sont formés sur de longue période, comme c'est le cas pour l'être humain.
Ensuite, tu prends l'exemple de la stratégie de reproduction, mais il y a plein d'autres raisons d'être violent, notamment pour se protéger ou pour protéger sa descendance. Donc, si le mâle a des caractères violents pour des raisons de reproduction, il faut encore se poser la question des caractères violents pour les autres raisons qui feraient de la femelle un individu tout aussi violent que le mâle.
Donc, oui, je continue à maintenir que cette idée que "les mâles sont plus violents", basée sur un comportement spécifique mais compris très superficiellement et extrapolé sans aucune réflexion, est de la merde en barre. Cela me semble tout droit issu d'une idée stupide née du visionage d'un documentaire animalier sur Disney Channel ou d'un cours pour élèves de 10 ans: "houlà, regarde ces mâles se taper dessus, c'est violent. Y a pas à dire, c'est donc que le mâle est naturellement plus violent que la femelle".
mais note que démontrer que l’asymétrie pourrait ne pas être d’origine biologique, tu ne le démontres pas non plus.
Alors, premièrement, comment je dois le chanter: ma position est qu'il est très difficile de démontrer si l'origine est biologique ou pas. Quand j'ai superficiellement regardé le sujet, j'ai rapidement vu que la situation était compliquée et était une question ouverte loin d'être résolue. Quand Marotte arrive avec son "moi, je suis super malin, c'est bien évident que l'origine est biologique, n'allez pas me dire que ça ne l'est pas", évidemment, j'ai réagi en disant "j'ai vu des gens dire ça avant, et j'ai été déçu par la naïveté de leur analyse", suite à quoi tu t'es comporté exactement comme eux.
Le débat ici n'est pas de savoir si l'origine est biologique ou pas. Le débat ici est que tu dis que c'est évident que c'est biologique en faisant plein d'erreurs de logique et en reprenant plein de clichés simplistes.
C'est comme dire "la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer, un des problèmes mathématiques encore non résolu, est en fait super simple, voici ma démonstration, elle commence avec (1+1)x(1-1) = 3x(1-1), on divise par (1-1) et on a donc 1+1=3, ensuite ...".
Ma réaction a été de dire: non, tu ne peux pas passer aussi naïvement de là à là.
C'est ça la discussion ici.
Personnellement, cela ne me dérange pas si l'origine, au final, elle est biologique. C'est très révélateur que pour toi, c'est ça l'enjeu.
Comme c'est hors sujet, je n'ai pas parlé des arguments de ceux qui considèrent que l'origine sociale est suffisamment pertinente pour être prise au sérieux. Mais puisque tu en parles maintenant, je peux donner quelques pointeurs.
D'abord, il faut comprendre que les interactions sociales sont des trucs réels, scientifiques, logiques, tout autant que les interactions entre particules dans la physique des particules. Ces interactions en physique des particules peuvent créé des phénomènes ayant leur propre propriété qui vont plus loin que les propriétés des particules individuelles, tels que les condensats de Bose-Einstein ou les paires de Cooper. De la même manière, on a observé et on continue à observer plein de phénomènes qui sont le résultat des interactions sociales. Notons que ceci est parfaitement scientifique, voire même mathématique, mais certains idiots sont incapables de comprendre ça et s'ils voient une étiquette "social" ou que ce n'est pas un sujet de cours d'ingénieur, ils considèrent que c'est équivalent à l'astrologie. Des illustrations pédagogiques de tels phénomènes sont présentées par exemple ici: https://ncase.me/polygons/, https://ncase.me/trust/.
Durant l'étude de ces phénomènes, on a pu construire des "théories", des modèles qui permettent de comprendre le monde. Ces modèles sont scientifiques: ils permettent de faire des prédictions et de vérifier ces prédictions. Parfois, on construit une théorie pour essayer d'expliquer une situation X, et quand on observe cette théorie, on se rend compte qu'elle explique aussi d'autres situations dont on n'avait pas conscience (ce qu'on appelle "novel prediction" en philosophie des sciences et qui est le facteur le plus radical pour montrer qu'une théorie est scientifique et digne de confiance).
Les partisans du fait que l'explication biologique est loin d'être évidente sont ces personnes qui ont étudié de tels modèles et qui constatent que ces modèles permettent d'expliquer à la fois les phénomènes qui sont par construction pas du tout biologique (aimer une équipe de foot ou casser une vitre dans un quartier où les vitres sont déjà toutes cassées alors que les individus biologiquement identiques ne le font pas dans un quartier où les vitres ne sont pas cassées) et à la fois le fait que les violences sont asymétriques entre homme et femme. Inversement, l'explication biologique leur apparait comme à la fois évidente superficiellement mais très compliquée lorsqu'on regarde les détails (j'en ai donné plusieurs ici. Par exemple, comment concilier le maintien d'un trait violent alors que le chemin évolutif fait que celui-ci devient un désavantage pour l'individu. Ou par exemple, pourquoi la stratégie de reproduction pourtant abandonnée par l'être humain serait un bon indicateur des différences de violence entre les hommes et les femmes et pas d'autres applications de la violence tel que la protection de la descendance ou la protection personelle, pourtant encore d'application chez l'être humain). Ils appliquent donc le rasoir d'Occam: ils ont le choix entre une situation relativement élégante: la théorie X explique plein de choses, les clubs de foot, les vitres brisées, et les asymétries de violence (peut-être pas à 100%, personne ne dit ça, mais largement suffisamment pour que des modifications de la société ait un effet positif), et une situation relativement tarabiscotée: non seulement il faut rajouter plein de conditions et d'exceptions ad hoc pour que la raison biologique fonctionne dans les détails, mais en plus, il faut aussi rajouter des conditions et des exceptions pour expliquer pourquoi les modèles qui expliquent les autres situations ne s'appliquent magiquement plus dans le cas des violences.
Je ne prétends pas sauver l’humanité,
Je ne fais que remarquer la stupidité de m'accuser de ça après avoir sorti une énormité pareille.
je dis ce que je pense, et j’argumente la thèse que je soutiens, ce que tu sembles ne pas être tenu de faire de ton côté pour décréter que cette thèse est fausse.
Effectivement, si tu as fait une erreur dans ta démonstration, il est légitime de relever l'erreur, et il n'est pas nécessaire pour ça de même avoir une théorie alternative.
T'imagine la stupidité: "j'ai trouvé la démonstration de la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer, donner moi le prix d'un million de dollars", "euh, il y a une division par zéro dans la première équation de votre démonstration", "oui mais vous n'avez aucune autre démonstration, donc, vous ne pouvez pas pointer du doigt les erreurs que j'ai faites".
Oui c’est ça, rabats-toi sur l’argument d’autorité.
C'est une blague ou quoi ? Tu m'accuses d'adhèrer à des croyances irrationnelles à caractère religieux sans être capable d'avoir une approche rationnelle, et quand je réponds en donnant des faits qui contredisent cette analyse, c'est un argument d'autorité.
Il est clair que tu n’as aucun argument valable pour contester que l’origine biologique est avérée et incontestable.
J'ai amené plein d'arguments, auxquels tu n'as même pas répondu. Évidemment que tu ne les considères comme "pas valable", après tout, tu ne fais que cocher toutes les cases du type au comptoir du café d'en face qui a son avis sur tout sans avoir aucune connaissance sur le sujet, et le fait de rejeter les arguments qui te déplaisent en les appelant "pas valable" en est une.
Perso, je peux encore me regarder dans un miroir, vu que ce que j'ai sous les yeux, les faits, ne correspond en rien au petit délire que tu t'es fait.
Par contre, pas sur que tu puisses réellement te regarder dans le miroir et te dire sans honte "ouais, j'ai totalement raison quand je pense que ce type est un adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux, je l'ai totalement percé à jour".
J’ai p-e tort, mais je le dis comme je le pense.
Bravo, arriver à dire que tu traites tes interlocuteurs comme des "adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux" mais qu'en réalité c'est juste ton impression basée sur ton fantasme et qu'en fait tu n'en sais rien, et tourner ça en une preuve de courage.
Je m'en fous de "chacun se fera son opinion à ce sujet", cela ne changera jamais les faits, mais en attendant, si vraiment tu penses ce que tu dis, les votes "pertinent/inutile" semblent montrer que les lecteurs ont une petite idée de qui dit des conneries. De nouveau, je m'en fous et je ne prétends pas que ça soit pertinent ou une preuve, mais puisque tu soulignes ton "courage d'opinion" comme si c'était une légitimité, je parie que si tu vois ces votes et vois un -6, tu vas te dire, en bon gros lâche et malhonnête intellectuellement, "argument pas valable, c'est surement tous des adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux" au lieu de te dire "hm, peut-être qu'en fait je suis à côté de la plaque".
[^] # Re: Un contrat pour toute relation?
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Macron s'oppose à l'Europe qui voudrait que le viol soit caractérisé par l’absence de consentement . Évalué à 3.
Déjà, j'ai déjà donné l'exemple des bonobos, où les femelles sont plus agressives que les mâles et les attaquent plus souvent. On notera aussi que les bonobos sont considérés comme proches cousins des êtres humains et qu'ils ont une organisation sociale la plus avancée juste après celle de l'homme.
Les bonobos et les êtres humains ont pris un chemin évolutif où l'usage de la violence est différent. Ils n'utilisent plus la violence de manière dominante dans leur stratégie de reproduction. Ils utilisent aussi une stratégie de survie qui consiste à construire une communauté d'individus et qui favorise le recours au cerveau plutôt qu'à la force.
La réalité n'est pas que certains traits sont retenus et d'autres ne le sont pas aléatoirement. La réalité, c'est que plus un trait est bénéfique pour des comportements aidant à la survie, plus celui-ci est retenu, plus il est en contradiction avec les comportements et stratégie adoptés pour la survie, plus ce trait disparait.
C'est la raison pour laquelle il y a une erreur de raisonnement dans le raisonnement: je vois ce trait chez certains animaux, donc il y a une chance qu'il existe chez les humains. Il faut encore que ce trait ait une bonne raison d'exister dans le chemin évolutif que l'espèce a prise.
Même si la majorité des mammifères ont des mâles violents (j'y reviens dans le paragraphe suivant), le problème est qu'on passe dans un contexte où des traits qui étaient favorisés par la sélection naturelle peuvent ne plus être relevant pour celle-ci, voire même être un désavantage. Je comprends très très bien pourquoi des mâles violents peuvent être un avantage au point de vue de la sélection naturelle pour un troupeau de bovin. Par contre, dès que l'animal est motivé par une justice de groupe et autre notion d'organisation sociale avancée, les individus violents ont tout intérêt à être considérés comme "à exclure". C'est d'ailleurs expérimentalement le cas chez l'être humain: les gens, biologiquement, n'aiment pas les gens violents, les considèrent comme inférieurs et ne veulent pas les avoir comme voisins. Pour un bœuf, un autre bœuf violent sera vu comme dominant, comme un modèle à atteindre. Pour un être humain, le musclor de base est vu comme un inférieur, comme une brute. Pour reprendre le passage de la vie aquatique à la vie terrestre, dans la vie aquatique, plus les nageoires capturent un grand volume d'eau, plus c'est bénéfique pour l'individu. Une fois changé de contexte, pour la vie terrestre, plus ces nageoires deviennent atrophiées en formant des doigts, plus c'est bénéfique pour l'individu. Cela ne veut pas dire que les animaux terrestres ne sont pas des animaux comme les autres, ou qu'ils ne partagent pas certains traits avec les animaux aquatiques. Mais cela veut dire que l'évolution n'est pas le dessein intelligent, l'évolution n'a pas de cerveau et n'a pas de mémoire, et ne va pas dire: ce trait était cool chez les bœufs, je vais donc le garder tel quel même si maintenant, pour cette nouvelle espèce, les descendants pour lesquels ce trait fonctionne différemment sont avantagés.
L'évidence à laquelle tu fais référence n'aboutit pas à la conclusion qui est nécessaire pour prétendre que les hommes sont biologiquement plus violents que les femmes. Ce que je dis être de la merde, c'est l'idée que "on observe que les mâles sont plus violents que les femelles dans la nature".
Ton évidence, c'est la stratégie de reproduction. Sauf que la stratégie de reproduction est une toute petite partie de l'équation. Je suis d'accord sur le fait que la stratégie d'accouplement dominante chez les mammifères est la domination d'un mâle sur les autres et que celle-ci est souvent basée sur la force. Notons également qu'il y a plein de stratégie alternative. Par exemple, les "sneaky males" (le male moins dominant se reproduit à l'insu du dominant) et les "cheating females" (les femelles du harem recherchent l'accouplement avec d'autres males moins dominant à l'insu du dominant) sont bien plus courants et une stratégie parfois même considérée comme bien plus avantageuse. Au final, on obtient même des équilibres: alors que le mâle dominant est clairement visible pour l'observateur, une grande partie des descendants sont en réalité le résultat de mâles non dominants, sans quoi la diversité génétique commencerait à poser un problème pour la survie de la population. (c'est un peu un point de détail, mais c'est une illustration du fait que tu répètes les clichés entendu dans le documentaire animalier sur Disney Channel plutôt que de comprendre les subtilités)
À l'inverse, je ne pense pas qu'on puisse sérieusement affirmer qu'il est évident que les violences envers les partenaires sexuels sont courant et sont dominé de manière évidente par les mâles. Je ne crois pas connaitre une espèce où c'est le cas. Cela n'a pas vraiment de sens: le mâle n'a pas d'intérêt à effrayer la femelle. Et même en cas de stratégie où le mâle se reproduit en se forçant sur la femelle, cela devient de manière évidente un inconvénient dans les espèces où les couples sont formés sur de longue période, comme c'est le cas pour l'être humain.
Ensuite, tu prends l'exemple de la stratégie de reproduction, mais il y a plein d'autres raisons d'être violent, notamment pour se protéger ou pour protéger sa descendance. Donc, si le mâle a des caractères violents pour des raisons de reproduction, il faut encore se poser la question des caractères violents pour les autres raisons qui feraient de la femelle un individu tout aussi violent que le mâle.
Donc, oui, je continue à maintenir que cette idée que "les mâles sont plus violents", basée sur un comportement spécifique mais compris très superficiellement et extrapolé sans aucune réflexion, est de la merde en barre. Cela me semble tout droit issu d'une idée stupide née du visionage d'un documentaire animalier sur Disney Channel ou d'un cours pour élèves de 10 ans: "houlà, regarde ces mâles se taper dessus, c'est violent. Y a pas à dire, c'est donc que le mâle est naturellement plus violent que la femelle".
Alors, premièrement, comment je dois le chanter: ma position est qu'il est très difficile de démontrer si l'origine est biologique ou pas. Quand j'ai superficiellement regardé le sujet, j'ai rapidement vu que la situation était compliquée et était une question ouverte loin d'être résolue. Quand Marotte arrive avec son "moi, je suis super malin, c'est bien évident que l'origine est biologique, n'allez pas me dire que ça ne l'est pas", évidemment, j'ai réagi en disant "j'ai vu des gens dire ça avant, et j'ai été déçu par la naïveté de leur analyse", suite à quoi tu t'es comporté exactement comme eux.
Le débat ici n'est pas de savoir si l'origine est biologique ou pas. Le débat ici est que tu dis que c'est évident que c'est biologique en faisant plein d'erreurs de logique et en reprenant plein de clichés simplistes.
C'est comme dire "la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer, un des problèmes mathématiques encore non résolu, est en fait super simple, voici ma démonstration, elle commence avec (1+1)x(1-1) = 3x(1-1), on divise par (1-1) et on a donc 1+1=3, ensuite ...".
Ma réaction a été de dire: non, tu ne peux pas passer aussi naïvement de là à là.
C'est ça la discussion ici.
Personnellement, cela ne me dérange pas si l'origine, au final, elle est biologique. C'est très révélateur que pour toi, c'est ça l'enjeu.
Comme c'est hors sujet, je n'ai pas parlé des arguments de ceux qui considèrent que l'origine sociale est suffisamment pertinente pour être prise au sérieux. Mais puisque tu en parles maintenant, je peux donner quelques pointeurs.
D'abord, il faut comprendre que les interactions sociales sont des trucs réels, scientifiques, logiques, tout autant que les interactions entre particules dans la physique des particules. Ces interactions en physique des particules peuvent créé des phénomènes ayant leur propre propriété qui vont plus loin que les propriétés des particules individuelles, tels que les condensats de Bose-Einstein ou les paires de Cooper. De la même manière, on a observé et on continue à observer plein de phénomènes qui sont le résultat des interactions sociales. Notons que ceci est parfaitement scientifique, voire même mathématique, mais certains idiots sont incapables de comprendre ça et s'ils voient une étiquette "social" ou que ce n'est pas un sujet de cours d'ingénieur, ils considèrent que c'est équivalent à l'astrologie. Des illustrations pédagogiques de tels phénomènes sont présentées par exemple ici: https://ncase.me/polygons/, https://ncase.me/trust/.
Durant l'étude de ces phénomènes, on a pu construire des "théories", des modèles qui permettent de comprendre le monde. Ces modèles sont scientifiques: ils permettent de faire des prédictions et de vérifier ces prédictions. Parfois, on construit une théorie pour essayer d'expliquer une situation X, et quand on observe cette théorie, on se rend compte qu'elle explique aussi d'autres situations dont on n'avait pas conscience (ce qu'on appelle "novel prediction" en philosophie des sciences et qui est le facteur le plus radical pour montrer qu'une théorie est scientifique et digne de confiance).
Les partisans du fait que l'explication biologique est loin d'être évidente sont ces personnes qui ont étudié de tels modèles et qui constatent que ces modèles permettent d'expliquer à la fois les phénomènes qui sont par construction pas du tout biologique (aimer une équipe de foot ou casser une vitre dans un quartier où les vitres sont déjà toutes cassées alors que les individus biologiquement identiques ne le font pas dans un quartier où les vitres ne sont pas cassées) et à la fois le fait que les violences sont asymétriques entre homme et femme. Inversement, l'explication biologique leur apparait comme à la fois évidente superficiellement mais très compliquée lorsqu'on regarde les détails (j'en ai donné plusieurs ici. Par exemple, comment concilier le maintien d'un trait violent alors que le chemin évolutif fait que celui-ci devient un désavantage pour l'individu. Ou par exemple, pourquoi la stratégie de reproduction pourtant abandonnée par l'être humain serait un bon indicateur des différences de violence entre les hommes et les femmes et pas d'autres applications de la violence tel que la protection de la descendance ou la protection personelle, pourtant encore d'application chez l'être humain). Ils appliquent donc le rasoir d'Occam: ils ont le choix entre une situation relativement élégante: la théorie X explique plein de choses, les clubs de foot, les vitres brisées, et les asymétries de violence (peut-être pas à 100%, personne ne dit ça, mais largement suffisamment pour que des modifications de la société ait un effet positif), et une situation relativement tarabiscotée: non seulement il faut rajouter plein de conditions et d'exceptions ad hoc pour que la raison biologique fonctionne dans les détails, mais en plus, il faut aussi rajouter des conditions et des exceptions pour expliquer pourquoi les modèles qui expliquent les autres situations ne s'appliquent magiquement plus dans le cas des violences.
Je ne fais que remarquer la stupidité de m'accuser de ça après avoir sorti une énormité pareille.
Effectivement, si tu as fait une erreur dans ta démonstration, il est légitime de relever l'erreur, et il n'est pas nécessaire pour ça de même avoir une théorie alternative.
T'imagine la stupidité: "j'ai trouvé la démonstration de la conjecture de Birch et Swinnerton-Dyer, donner moi le prix d'un million de dollars", "euh, il y a une division par zéro dans la première équation de votre démonstration", "oui mais vous n'avez aucune autre démonstration, donc, vous ne pouvez pas pointer du doigt les erreurs que j'ai faites".
C'est une blague ou quoi ? Tu m'accuses d'adhèrer à des croyances irrationnelles à caractère religieux sans être capable d'avoir une approche rationnelle, et quand je réponds en donnant des faits qui contredisent cette analyse, c'est un argument d'autorité.
J'ai amené plein d'arguments, auxquels tu n'as même pas répondu. Évidemment que tu ne les considères comme "pas valable", après tout, tu ne fais que cocher toutes les cases du type au comptoir du café d'en face qui a son avis sur tout sans avoir aucune connaissance sur le sujet, et le fait de rejeter les arguments qui te déplaisent en les appelant "pas valable" en est une.
Perso, je peux encore me regarder dans un miroir, vu que ce que j'ai sous les yeux, les faits, ne correspond en rien au petit délire que tu t'es fait.
Par contre, pas sur que tu puisses réellement te regarder dans le miroir et te dire sans honte "ouais, j'ai totalement raison quand je pense que ce type est un adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux, je l'ai totalement percé à jour".
Bravo, arriver à dire que tu traites tes interlocuteurs comme des "adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux" mais qu'en réalité c'est juste ton impression basée sur ton fantasme et qu'en fait tu n'en sais rien, et tourner ça en une preuve de courage.
Je m'en fous de "chacun se fera son opinion à ce sujet", cela ne changera jamais les faits, mais en attendant, si vraiment tu penses ce que tu dis, les votes "pertinent/inutile" semblent montrer que les lecteurs ont une petite idée de qui dit des conneries. De nouveau, je m'en fous et je ne prétends pas que ça soit pertinent ou une preuve, mais puisque tu soulignes ton "courage d'opinion" comme si c'était une légitimité, je parie que si tu vois ces votes et vois un -6, tu vas te dire, en bon gros lâche et malhonnête intellectuellement, "argument pas valable, c'est surement tous des adhérant à des croyances irrationnelles à caractère religieux" au lieu de te dire "hm, peut-être qu'en fait je suis à côté de la plaque".