Et franchement, balayer d’un revers de main le fondement biologique de nos comportements psychologiques et sociétaux, je trouve ça d’une ineptie abyssale.
J'avoue que de mon côté, j'ai un a priori négatif face à l'argument biologique.
Dans la très grande majorité des cas par le passé, il a été utilisé de manière contre-productive pour écarter des hypothèses valides juste pour des questions idéologiques. Et la tendance de la recherche scientifique est plutôt que les hypothèses biologiques auxquelles on a cru ont finies par être identifiées comme étant des simplifications naïves. Tandis que les hypothèses plus subtiles parlant des effets sociaux ont, elles, été validées scientifiquement (les modèles utilisant ces effets permettent de faire des prédictions inattendues qui se révèlent correctes, ou permettent d'expliquer plus simplement des phénomènes difficiles à expliquer autrement).
Cela ne veut pas dire que les hypothèses biologiques n'ont pas d'intérêt. Mais malheureusement, la plupart du temps quand elles apparaissent, la personne qui les défend n'a pas fait le travail scientifique nécessaire pour montrer que son choix de conclusion est réellement le résultat d'une évaluation objective et approfondie des différentes hypothèses.
Découpler l'aspect biologique de l'aspect social est extrêmement difficile, et c'est un argument fallacieux de tomber dans la conclusion facile "c'est la nature".
Tu dis par exemple
Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est à cause de la société. Non, c’est exactement l’inverse.
suivi d'une "preuve" extrêmement faible logiquement. On trouve des comportements extrêmement variés dans la nature, c'est incorrect de prendre un gros clichés ("chez les animaux, les mâles dominent systématiquement" est simplement faux, c'est bien plus variés que ça) et de le propager malgré le fait que la situation est totalement différente (le même type de cliché est que chez la majorité des animaux, mentir, voler, faire des coups en douce et utiliser la force, est une stratégie très efficace. Chez les êtres humains, parce qu'ils sont hautement sociaux, cela ne fonctionne plus comme ça, et cela a même modifié biologiquement le cerveau humain pour introduire des comportements différents. Dans ce cas, pourquoi le comportement "les males sont violents" aurait été, lui, par miracle préservé?)
Les êtres humains sont des animaux, mais c'est comme dire que les êtres humains tirent la langue pour se refroidir parce que tu as observé ça chez les chiens en oubliant de prendre en compte que les êtres humains n'ont pas de fourrure (inversement, certaines observations faites chez les animaux se transposent bien chez les humains, mais pas toujours, donc, une observation chez les animaux n'est pas suffisantes pour tirer une conclusion aussi définitive que "qu'on ne vienne pas me dire que ...").
À l'inverse, "qu'on ne vienne pas me dire que c'est à cause de la société" a été utilisé très souvent dans le passé pour défendre des conclusions que la science a ensuite ridiculisé. Aujourd'hui, on sait à quel point transposer les comportements animaux pour expliquer les comportements humains est tout aussi maladroit que de transposer les comportements humains pour expliquer les comportements animaux (bizarrement, dans ce sens là, on voit tout de suite l'erreur: non la termite ne construit pas une pyramide pour un dieu, non le lion qui mange la gazelle n'est pas un cruel psychopathe, non l'oiseau qui chante sur sa branche n'est pas guilleret et mélomane, non certaines larves ne se couvrent pas le corps d'une carapace de débris pour cacher leur nudité, ...). C'est une source évidente de biais cognitifs de tout poil, et quand c'est amené accompagné de clichés (ou sans montrer qu'on a fait plus que gratter la surface et s'arrêter à la première conclusion facile venue), cela ne donne pas confiance sur le fait que la personne a pris le recul pour éviter ces biais cognitifs (ou que la personne est même consciente d'à quel point elle est manipulée par ces biais cognitifs).
[^] # Re: Un contrat pour toute relation?
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Macron s'oppose à l'Europe qui voudrait que le viol soit caractérisé par l’absence de consentement . Évalué à 5.
J'avoue que de mon côté, j'ai un a priori négatif face à l'argument biologique.
Dans la très grande majorité des cas par le passé, il a été utilisé de manière contre-productive pour écarter des hypothèses valides juste pour des questions idéologiques. Et la tendance de la recherche scientifique est plutôt que les hypothèses biologiques auxquelles on a cru ont finies par être identifiées comme étant des simplifications naïves. Tandis que les hypothèses plus subtiles parlant des effets sociaux ont, elles, été validées scientifiquement (les modèles utilisant ces effets permettent de faire des prédictions inattendues qui se révèlent correctes, ou permettent d'expliquer plus simplement des phénomènes difficiles à expliquer autrement).
Cela ne veut pas dire que les hypothèses biologiques n'ont pas d'intérêt. Mais malheureusement, la plupart du temps quand elles apparaissent, la personne qui les défend n'a pas fait le travail scientifique nécessaire pour montrer que son choix de conclusion est réellement le résultat d'une évaluation objective et approfondie des différentes hypothèses.
Découpler l'aspect biologique de l'aspect social est extrêmement difficile, et c'est un argument fallacieux de tomber dans la conclusion facile "c'est la nature".
Tu dis par exemple
suivi d'une "preuve" extrêmement faible logiquement. On trouve des comportements extrêmement variés dans la nature, c'est incorrect de prendre un gros clichés ("chez les animaux, les mâles dominent systématiquement" est simplement faux, c'est bien plus variés que ça) et de le propager malgré le fait que la situation est totalement différente (le même type de cliché est que chez la majorité des animaux, mentir, voler, faire des coups en douce et utiliser la force, est une stratégie très efficace. Chez les êtres humains, parce qu'ils sont hautement sociaux, cela ne fonctionne plus comme ça, et cela a même modifié biologiquement le cerveau humain pour introduire des comportements différents. Dans ce cas, pourquoi le comportement "les males sont violents" aurait été, lui, par miracle préservé?)
Les êtres humains sont des animaux, mais c'est comme dire que les êtres humains tirent la langue pour se refroidir parce que tu as observé ça chez les chiens en oubliant de prendre en compte que les êtres humains n'ont pas de fourrure (inversement, certaines observations faites chez les animaux se transposent bien chez les humains, mais pas toujours, donc, une observation chez les animaux n'est pas suffisantes pour tirer une conclusion aussi définitive que "qu'on ne vienne pas me dire que ...").
À l'inverse, "qu'on ne vienne pas me dire que c'est à cause de la société" a été utilisé très souvent dans le passé pour défendre des conclusions que la science a ensuite ridiculisé. Aujourd'hui, on sait à quel point transposer les comportements animaux pour expliquer les comportements humains est tout aussi maladroit que de transposer les comportements humains pour expliquer les comportements animaux (bizarrement, dans ce sens là, on voit tout de suite l'erreur: non la termite ne construit pas une pyramide pour un dieu, non le lion qui mange la gazelle n'est pas un cruel psychopathe, non l'oiseau qui chante sur sa branche n'est pas guilleret et mélomane, non certaines larves ne se couvrent pas le corps d'une carapace de débris pour cacher leur nudité, ...). C'est une source évidente de biais cognitifs de tout poil, et quand c'est amené accompagné de clichés (ou sans montrer qu'on a fait plus que gratter la surface et s'arrêter à la première conclusion facile venue), cela ne donne pas confiance sur le fait que la personne a pris le recul pour éviter ces biais cognitifs (ou que la personne est même consciente d'à quel point elle est manipulée par ces biais cognitifs).