Ce n'est pas ségrégationniste.
Le masculin et le féminin sont une base de notre langue, à tel point que les noms communs ont un genre, et que ce genre n'a aucune valeur sémantique, et qu'on s'en fout globalement pas mal, mais tous les noms communs ont un genre (les exceptions non-binaires confirmeront la règle, selon l'adage en vigueur).
Si pour les personnes réelles, pour qui le genre a une valeur réelle, on n'utilise que le masculin, alors on invisibilise le féminin.
C'est prouvé neurologiquement hein, c'est pas juste une phrase en l'air.
Mettre le féminin en avant quand c'est pertinent (ergo quand il s'agit d'une femme, ou d'un groupe majoritairement ou entièrement féminin), ça permet de montrer que la vie n'est pas masculine.
Même si « tout le monde sait bien que les femmes existent », ça a des effets neurologiques réels.
Là on a deux solutions : éliminer le genre quand ce n'est pas nécessaire - oui, au final on s'en fout pas mal que la présidente du syndic soit une femme, c'est la fonction qui compte - ou le montrer tout le temps.
Pour éliminer le genre il n'y a grosso-modo que l'écriture épicène, des mots ou des tournures de phrases réellement neutres, et sans préjugés : « les personnes omettant de tirer la chasse après la chiasse sont priées de changer d'habitude ».
Mais cette écriture ne peut pas toujours s'appliquer, pas facilement, pas toujours sans lourdeur, ou pas toujours de façon non artificielle. C'est un très bon outil, il est pratique, mais tous les problèmes rencontrés ne sont pas les clous de ce marteau-ci.
Pour le montrer tout le temps, et bien on indique qu'il s'agit d'une conductrice, d'une autrice, d'une ministre, ou bien des travailleurs et des travailleuses, ce qui peut se faire à l'écrit en utilisant le point médian, mais pas à l'oral.
Cette façon de faire à l'intérêt de montrer qu'il y a des femmes aussi à ces fonctions, et quand on entendra aussi aisément parler d'écrivaine que d'écrivain, et que personne ne se posera plus la question de dire ou non écrivain pour une femme, alors on aura acquis qu'il est naturel pour les femmes aussi d'écrire et être publié.
Là on pourra se poser la question de la pertinence de savoir où se situe le centre de gravité de la personne en question.
Mais je pense que ce jour là, on n'en aura rien à faire, on verra aussi aisément les noms masculins que féminins, et ça nous choquera aussi peu que de savoir qu'une voiture est un mot féminin, alors qu'un autobus est masculin.
[^] # Re: Ce qu'en pensent des linguistes atterrés
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au lien «En français, le masculin fait l’homme, le dominant, il ne "fait pas le neutre"» (article partiel). Évalué à 4.
Ce n'est pas ségrégationniste.
Le masculin et le féminin sont une base de notre langue, à tel point que les noms communs ont un genre, et que ce genre n'a aucune valeur sémantique, et qu'on s'en fout globalement pas mal, mais tous les noms communs ont un genre (les exceptions non-binaires confirmeront la règle, selon l'adage en vigueur).
Si pour les personnes réelles, pour qui le genre a une valeur réelle, on n'utilise que le masculin, alors on invisibilise le féminin.
C'est prouvé neurologiquement hein, c'est pas juste une phrase en l'air.
Mettre le féminin en avant quand c'est pertinent (ergo quand il s'agit d'une femme, ou d'un groupe majoritairement ou entièrement féminin), ça permet de montrer que la vie n'est pas masculine.
Même si « tout le monde sait bien que les femmes existent », ça a des effets neurologiques réels.
Là on a deux solutions : éliminer le genre quand ce n'est pas nécessaire - oui, au final on s'en fout pas mal que la présidente du syndic soit une femme, c'est la fonction qui compte - ou le montrer tout le temps.
Pour éliminer le genre il n'y a grosso-modo que l'écriture épicène, des mots ou des tournures de phrases réellement neutres, et sans préjugés : « les personnes omettant de tirer la chasse après la chiasse sont priées de changer d'habitude ».
Mais cette écriture ne peut pas toujours s'appliquer, pas facilement, pas toujours sans lourdeur, ou pas toujours de façon non artificielle. C'est un très bon outil, il est pratique, mais tous les problèmes rencontrés ne sont pas les clous de ce marteau-ci.
Pour le montrer tout le temps, et bien on indique qu'il s'agit d'une conductrice, d'une autrice, d'une ministre, ou bien des travailleurs et des travailleuses, ce qui peut se faire à l'écrit en utilisant le point médian, mais pas à l'oral.
Cette façon de faire à l'intérêt de montrer qu'il y a des femmes aussi à ces fonctions, et quand on entendra aussi aisément parler d'écrivaine que d'écrivain, et que personne ne se posera plus la question de dire ou non écrivain pour une femme, alors on aura acquis qu'il est naturel pour les femmes aussi d'écrire et être publié.
Là on pourra se poser la question de la pertinence de savoir où se situe le centre de gravité de la personne en question.
Mais je pense que ce jour là, on n'en aura rien à faire, on verra aussi aisément les noms masculins que féminins, et ça nous choquera aussi peu que de savoir qu'une voiture est un mot féminin, alors qu'un autobus est masculin.