Quand Autoroute Express est apparu il y a presque 30 ans, j’ai tout de suite été utilisateur. Je préparais mes trajets à l’avance et j’imprimais le guidage. Dès que je ratais une sortie j’étais dans une merde noire. J’avais une carte de France, mais devoir regarder ça en cours de trajet, quand on est seul à bord, c’est juste pas pratique. Et je ne parle pas des gens qui regardait leur carte en roulant....
Quand les premiers GPS (sans info trafic) sont sortis ce fut un premier soulagement. Moins dangereux. Et qui prend en compte les erreurs du conducteur. Mais comme toutes cartes elles ne prenaient pas en compte de nombreux points : travaux, nouvelles routes (les mises à jour n’étaient pas disponibles sur les premiers modèles), couverture limitée (uniquement la France, zut on vient de déborder sur la Suisse/Belgique/Espagne/...), ...
Puis est venu l’info trafic, essentiellement basé sur les infos fournies par les sociétés d’autoroutes. Ça m’a permis d’éviter quelques gros embouteillages en étant dérouté sur une route nationale, ou au moins de savoir à quoi m’attendre. Pas de gros progrès à cette étape pour être franc.
Alors le trafic en temps réel est arrivé, d’abord sur appareil GPS dédié. Là aussi petit progrès ; je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de gros gain. L’info était trop limitée ; pas assez de sources j’imagine. Et ça coûtait un bras ce GPS avec sa propre puce 3G et son abonnement qui m’a forcé à vendre mon rein gauche et mon deuxième enfant.
Google a fait son apparition. Au début on était que quelques uns à s’en servir, et l’info n’était donc pas fiable non plus, mais les itinéraires de contournement étaient efficaces: on était peu à les emprunter.
Le système s’est largement démocratisé et s’est enrichi. Je veux aller à tel commerce : "ah mais il sera fermé lorsque vous arriverez". Cool, je laisse ma voiture au garage. L’analyse du trafic est devenue très précise même en conditions de circulation dégradées : je peux prévenir que j’arriverai avec 15 minutes de retard, prenez l’apéro sans moi.
Chaque évolution est venue avec ses forces et ses faiblesses.
Aujourd’hui les trajets alternatifs doivent être pris avec précaution. Je suis sur le périphérique parisien il me fait sortir plus tôt ? Ça peut être une "erreur" du GPS. Je maintiens mon cap et arrivé à ma sortie il recalcule le trajet et miracle je gagne 5 minutes (que je reperds au fil des kilomètres suivants). Mais ça peut aussi être parce que lui sait que ce soir la A13 est fermée pour travaux d’entretien et merde je l’ai pas écouté maintenant je suis perdu dans le centre ville et il ne m’aide plus vraiment à rejoindre un grand axe qui me ramènera chez moi. Bref il a fallu que j’apprenne à avoir une approche critique des propositions de trajet. Je gagne quoi à le suivre ? Je risque quoi à ne pas le faire ?
Mais les emmerdes ne sont pas l’apanage de la modernité. J’ai encore en mémoire mes trajets avec des cartes papiers, où je m’arrêtais tous les 30 minutes, persuadé que j’avais raté une sortie, mal évalué ma position, ou commis une erreur dans mon calcul d’itinéraire.
Et la vie privée dans tout ça ? Ben je me suis un peu assis dessus. Pourtant je suis sensible au sujet. J’utilise DuckDuckGo plutôt que Google. Firefox plutôt que Chrome. Ni Facebook, ni Instagram. Mais pour le GPS... le confort a pris le dessus sur l’éthique. Je n’en suis pas fier, mais je n’en rougis pas non plus. C’est du pragmatisme. Je vois les liens pour les applications libres alternatives; je vais sans doute en essayer plusieurs. Plus pour les trajets à pied ou à vélo que pour la voiture - revenir en arrière et me passer du trafic en temps réel, non merci.
# Expérience personnelle
Posté par Dring . En réponse au lien Pourquoi sommes-nous tellement accros à Google Maps et Waze ?. Évalué à 3.
Quand Autoroute Express est apparu il y a presque 30 ans, j’ai tout de suite été utilisateur. Je préparais mes trajets à l’avance et j’imprimais le guidage. Dès que je ratais une sortie j’étais dans une merde noire. J’avais une carte de France, mais devoir regarder ça en cours de trajet, quand on est seul à bord, c’est juste pas pratique. Et je ne parle pas des gens qui regardait leur carte en roulant....
Quand les premiers GPS (sans info trafic) sont sortis ce fut un premier soulagement. Moins dangereux. Et qui prend en compte les erreurs du conducteur. Mais comme toutes cartes elles ne prenaient pas en compte de nombreux points : travaux, nouvelles routes (les mises à jour n’étaient pas disponibles sur les premiers modèles), couverture limitée (uniquement la France, zut on vient de déborder sur la Suisse/Belgique/Espagne/...), ...
Puis est venu l’info trafic, essentiellement basé sur les infos fournies par les sociétés d’autoroutes. Ça m’a permis d’éviter quelques gros embouteillages en étant dérouté sur une route nationale, ou au moins de savoir à quoi m’attendre. Pas de gros progrès à cette étape pour être franc.
Alors le trafic en temps réel est arrivé, d’abord sur appareil GPS dédié. Là aussi petit progrès ; je n’ai pas le souvenir d’avoir eu de gros gain. L’info était trop limitée ; pas assez de sources j’imagine. Et ça coûtait un bras ce GPS avec sa propre puce 3G et son abonnement qui m’a forcé à vendre mon rein gauche et mon deuxième enfant.
Google a fait son apparition. Au début on était que quelques uns à s’en servir, et l’info n’était donc pas fiable non plus, mais les itinéraires de contournement étaient efficaces: on était peu à les emprunter.
Le système s’est largement démocratisé et s’est enrichi. Je veux aller à tel commerce : "ah mais il sera fermé lorsque vous arriverez". Cool, je laisse ma voiture au garage. L’analyse du trafic est devenue très précise même en conditions de circulation dégradées : je peux prévenir que j’arriverai avec 15 minutes de retard, prenez l’apéro sans moi.
Chaque évolution est venue avec ses forces et ses faiblesses.
Aujourd’hui les trajets alternatifs doivent être pris avec précaution. Je suis sur le périphérique parisien il me fait sortir plus tôt ? Ça peut être une "erreur" du GPS. Je maintiens mon cap et arrivé à ma sortie il recalcule le trajet et miracle je gagne 5 minutes (que je reperds au fil des kilomètres suivants). Mais ça peut aussi être parce que lui sait que ce soir la A13 est fermée pour travaux d’entretien et merde je l’ai pas écouté maintenant je suis perdu dans le centre ville et il ne m’aide plus vraiment à rejoindre un grand axe qui me ramènera chez moi. Bref il a fallu que j’apprenne à avoir une approche critique des propositions de trajet. Je gagne quoi à le suivre ? Je risque quoi à ne pas le faire ?
Mais les emmerdes ne sont pas l’apanage de la modernité. J’ai encore en mémoire mes trajets avec des cartes papiers, où je m’arrêtais tous les 30 minutes, persuadé que j’avais raté une sortie, mal évalué ma position, ou commis une erreur dans mon calcul d’itinéraire.
Et la vie privée dans tout ça ? Ben je me suis un peu assis dessus. Pourtant je suis sensible au sujet. J’utilise DuckDuckGo plutôt que Google. Firefox plutôt que Chrome. Ni Facebook, ni Instagram. Mais pour le GPS... le confort a pris le dessus sur l’éthique. Je n’en suis pas fier, mais je n’en rougis pas non plus. C’est du pragmatisme. Je vois les liens pour les applications libres alternatives; je vais sans doute en essayer plusieurs. Plus pour les trajets à pied ou à vélo que pour la voiture - revenir en arrière et me passer du trafic en temps réel, non merci.