• # Ce n'est pas un biais linguistique, c'est un biais sémantique.

    Posté par . En réponse au lien Langage inclusif, pour le cerveau le neutre n'est pas neutre. Évalué à 3. Dernière modification le 01 novembre 2023 à 02:25.

    Pour résumer l'étude en simplifiant beaucoup, les tests ont consisté à montrer à des sujets des nom épicènes désignant des personnes et à demander s'il est possible que ce soit un homme/une femme. On mesure alors le temps de réaction pour déterminer le genre de ces noms et l'exactitude des réponses. L'idée est de déterminer si le neutre français soufre d'un biais de genre. Et effectivement, un biais est mesuré.

    Mais ce biais est-il dû à l'imperfection du français, ou à l'expérience des personnes testées ? La liste des mots utilisés est disponible ici. Si je prends, au hasard "œnologue", le genre que je vais lui attribuer dépend des œnologues dont j'ai eu l'expérience. En l’occurrence, lorsque je tape "œnologue célèbre" sur mon moteur de recherche, le top 5 ne donne que des hommes (ensuite, ils ont des noms bizarres, j'ai pas cherché à savoir). A l'inverse, dans la liste, d'autres termes sont plus facilement attribués à des femmes, comme "hystérique" ou "interprète". Personnellement, cela correspond à mon expérience d'emploi de ces termes. Les auteurs de l'étude mentionnent bien cette possibilité : "Instead, due to our androcentric experiences and cultural influences, gender-neutral nouns may carry underlying masculine stereotypes."

    Dès lors, on n'est plus dans un biais linguistique, mais dans un biais sémantique. L'expérience ne contredit donc pas l'idée qu'il existe un neutre français qui a les mêmes formes que le masculin, mieux perceptible dans la phrase "Il fait beau".