• [^] # Re: La suisse

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien La « polémique Benzema » vue de Suisse : "le débat français vole toujours aussi haut". Évalué à 6.

    Parce que t'es en train d'essayer de faire croire que les journalistes d'un périodique d'un quelconque pays n'ont un regard critique que sur les pays voisins et jamais sur ce qui se passe dans leur propre pays?

    Non, ce que j'essaye de dire, c'est que les suisses se positionnent assez souvent comme "on est pas comme les français, nous" avec sous entendu "c'est mieux". Il suffit de voir par exemple le commentaire auquel je réponds dans le lien que j'ai donné.

    La phrase en question montre bien que pour l'essayiste, le débat ne vole pas haut en France, ce qui est un fait et je ne reproche pas de le pointer. Darmanin est un populiste qui prépare la présidentielle, et oui, le débat ne vole pas haut.

    Par contre, ce que je pointe, c'est l'usage du débat français pour faire un contraste avec la suisse alors que ça n'est pas fondamentalement mieux.

    Pour commencer, vu les résultats en Suisse vis à vis de l'UCD, il n'y a pas que le débat en France qui vole pas haut. Le choix a été fait de couvrir ça en France parmi tant d'autres choses et le choix a aussi été fait de mettre l'article en lecture pour tout le monde. Donc j'ai tendance à dire que si l'article arrive jusqu'ici, c'est totalement du hasard.

    Alors certes, je ne pense pas que ça soit fait exprès et consciemment, mais le timing et l'ouverture de la lecture peut aussi refléter un certain malaise vis à vis des résultats électoraux, et servir à rassurer vis à vis de l'exception suisse.

    Et quand je regarde d'autres articles du même essayiste, on trouve assez souvent une certaine tendance au contraste.
    Par exemple, dans celui la, dont le titre explique bien que les français aiment bien "contester" (donc qui va dans le sens de conforter un sentiment pro suisse de favoriser le consensus par opposition à la France), ou ce titre sur l'impossible loi francaise, encore une fois qui conforte le lectorat suisse dans son exception (car les Suisses ne font pas de loi impossible, car consensus, etc).

    Sur les punaises de lits, ça parle d'emballement francais.

    Encore une fois, on voit la construction d'une France qui réagit trop vite, et donc par contraste, conforte la lenteur suisse basée sur le consensus.

    Il y a toute une construction idéologique derrière les mots, et c'est ça que je critique.

    Qu'un correspondant dise que Darmanin dit de la merde, non, c'est pas un souci. Pointer que la classe politique qui participe à ce débat fait n'importe quoi, c'est important et tant mieux. Mais ça, ça peut être fait sans servir de cache misère pour la droitisation helvétique en cours.