Posté par sebas .
En réponse à la dépêche Le vhélio sort en v1.0.0.
Évalué à 8.
Dernière modification le 30 septembre 2023 à 12:15.
Je comprends tes arguments, mais ne les trouve pas convaincants. Merci en tout cas pour me faire saisir un autre aspect de la question.
En fait, tu postules que, face à l'urgence, le monde économique va se corriger de lui-même, alors que pour moi, ça n'arrivera jamais sans une contrainte extérieure forte. Pour l'instant et tant qu'un changement radical de paradigme ne se fera pas, il s'agit de jeter des seaux d'eau là où ça brûle les pieds, tout en laissant l'incendie continuer tel quel.
Le principe de l'économie de marché se fout du futur autre qu'immédiat : tant qu'il ne tue pas le consommateur avant les prochaines soldes, tout va bien. Un exemple ? On n'a plus le droit de fournir des sacs plastiques dans les supermarchés, mais je continue à avoir 500g de plastique qui emballent une clé USB de quelques grammes (c'est juste un exemple, tout est à l'encan). On roule en vélo, mais on utilise de plus en plus d'énergie pour voir un film ou communiquer avec quelqu'un. On recycle (ce qui n'est pas "energy-free", d'ailleurs), mais nos poubelles ne diminuent pas de taille, loin de là. On achète des ampoules LED mais on va en vacances en Thaïlande.
Et que toi ou moi fassions des efforts et ne nous encadrions pas totalement dans ce modèle n'empêche pas que le monde continue sur ce principe.
c'est le mode de vie qui compte, pas le nombre de personnes sur Terre.
Bien sûr que si, le nombre compte, ne serait-ce que par la nourriture. Tu as évidemment raison sur le fait qu'un États-Unien ou un Européen impacte nettement plus qu'un Nigérien, et d'un facteur non négligeable, mais tous doivent manger ou crever, même si dans certains coins du monde on ne mange pas, on bâfre. La dévastation des forêt tropicales n'est pas due qu'à l'essence dite verte ou au commerce illégal de bois, mais aussi aux plantations de soja ou de palmiers pour l'huile de palme.
De plus, dans les villes des pays pauvres, on mange énormément de saloperies industrialisées (bonjour Danone ou Nestlé).
Mais surtout, je vois que partout, partout, partout où je vais, on construit de manière effrénée. Dans toutes les villes de tous les pays (peu, moyennement ou fortement industrialisés). D'accord, beaucoup de ces constructions sont dues au tourisme, secteur qui est d'ailleurs une aberration écologique totale, mais les lois du marché étant ce qu'elles sont... On construit fortement également dans les campagnes des pays plus riches (suivez mon regard).
Quant aux retraites et à la transition écologique, l'argent nécessaire est là, mais il circule au "mauvais" endroit. Jamais, dans l'histoire du monde, toutes civilisations confondues, la concentration d'argent a été telle, jamais la différence entre plus riches et plus pauvres n'a été aussi gigantesque (c'est l'histoire des 42 individus qui possèdent plus de la moitié de la richesse planétaire).
Mais évidemment, pas question que cette concentration de richesse serve à ce à quoi elle devrait servir, car les lois du marchés ne sont pas dirigées vers ce type d'usage infructueux.
Au sujet des retraites, une adolescente me sortait l'autre jour un aphorisme intéressant : « Je ne comprends pas pourquoi celui qui a gagné 10.000 € par mois durant toute sa vie et qui a eu le temps de se constituer un bon matelas pour sa vieillesse (propriétés, investissements) reçoit pour sa retraite cette même somme dont il pourrait se passer, alors que celui qui a surnagé toute sa vie avec le smic continue à recevoir aussi peu alors qu'il n'a aucune réserve. Ça ne devrait pas être le contraire ? » Ah, la vision fraîche des jeunes ! Mais qui acceptera ce principe (que tout le monde gagne la même chose pour la retraite) ? « J'ai payé ma retraite toute ma vie, il est temps que maintenant je la reçoive. » Et pourtant, la cotisation pour la sécu est basée sur le pourcentage de ce que l'on gagne, pas sur ce qu'on dépense en soins. Pourquoi pas les retraites ?
Bref, pour ne pas faire plus long ce déjà long message, je pense que tant que l'État ne se réengagera très fortement pas pour imposer des choses qui paraissent écologiquement évidentes et économiquement peu rentables, ce qui n'est pas la direction qu'aucun État prend puisque tous se désengagent, tant qu'il n'y aura pas plafonnement des richesse par les États, et surtout, plus directement, tant qu'il n'y aura pas un mouvement social suffisamment fort pour être décisif (mais on a vu la manière dont les États traitent les mouvements sociaux non encadrés, et les lois sur la surveillance ont peut-être ici leur genèse), tant que ceci n'arrivera pas (et malheureusement, je n'y crois pas), les mesures écologiques prisent ne seront que des cache-misère.
Donc, du coup, oui, une réduction de la démographie peut être économiquement envisageable, si on estime que les lois économiques peuvent, ou plutôt doivent, changer. Si on ne croit pas que ces lois puissent ou doivent changer, alors oui, ton argument tient, mais le corolaire, c'est que le problème de survie de l'écosystème ne sera jamais résolu car les moyens nécessaires ne seront jamais pleinement mis en œuvre. Du moins c'est ainsi que je le perçois.
Le problème, ce n'est pas des enfants sur des vélos, le vrai problème, c'est les boomers dans leur SUV (1 par personne sinon c'est pas drôle).
Je ne crois pas que ça puisse être suffisant, même si ça apporterait une légère bouffée d'oxygène (oxygène aussitôt récupéré par les industries, d'ailleurs). Le problème, c'est la surproduction à outrance. Combien de SUV/jour pour compenser une minute de conso de trois avions Rafale, que j'ai vu s'amuser tous les jours pendant une heure au-dessus du Cantal ? Pour compenser une minute d'usage de tous les stupidphones du monde ? Pour compenser une journée de prod de toutes les usines Danone ? Pour compenser l'impact de toutes les maisons ou apparts terminées dans le monde au cours d'un seul mois ?
[^] # Re: Toit
Posté par sebas . En réponse à la dépêche Le vhélio sort en v1.0.0. Évalué à 8. Dernière modification le 30 septembre 2023 à 12:15.
Je comprends tes arguments, mais ne les trouve pas convaincants. Merci en tout cas pour me faire saisir un autre aspect de la question.
En fait, tu postules que, face à l'urgence, le monde économique va se corriger de lui-même, alors que pour moi, ça n'arrivera jamais sans une contrainte extérieure forte. Pour l'instant et tant qu'un changement radical de paradigme ne se fera pas, il s'agit de jeter des seaux d'eau là où ça brûle les pieds, tout en laissant l'incendie continuer tel quel.
Le principe de l'économie de marché se fout du futur autre qu'immédiat : tant qu'il ne tue pas le consommateur avant les prochaines soldes, tout va bien. Un exemple ? On n'a plus le droit de fournir des sacs plastiques dans les supermarchés, mais je continue à avoir 500g de plastique qui emballent une clé USB de quelques grammes (c'est juste un exemple, tout est à l'encan). On roule en vélo, mais on utilise de plus en plus d'énergie pour voir un film ou communiquer avec quelqu'un. On recycle (ce qui n'est pas "energy-free", d'ailleurs), mais nos poubelles ne diminuent pas de taille, loin de là. On achète des ampoules LED mais on va en vacances en Thaïlande.
Et que toi ou moi fassions des efforts et ne nous encadrions pas totalement dans ce modèle n'empêche pas que le monde continue sur ce principe.
Bien sûr que si, le nombre compte, ne serait-ce que par la nourriture. Tu as évidemment raison sur le fait qu'un États-Unien ou un Européen impacte nettement plus qu'un Nigérien, et d'un facteur non négligeable, mais tous doivent manger ou crever, même si dans certains coins du monde on ne mange pas, on bâfre. La dévastation des forêt tropicales n'est pas due qu'à l'essence dite verte ou au commerce illégal de bois, mais aussi aux plantations de soja ou de palmiers pour l'huile de palme.
De plus, dans les villes des pays pauvres, on mange énormément de saloperies industrialisées (bonjour Danone ou Nestlé).
Mais surtout, je vois que partout, partout, partout où je vais, on construit de manière effrénée. Dans toutes les villes de tous les pays (peu, moyennement ou fortement industrialisés). D'accord, beaucoup de ces constructions sont dues au tourisme, secteur qui est d'ailleurs une aberration écologique totale, mais les lois du marché étant ce qu'elles sont... On construit fortement également dans les campagnes des pays plus riches (suivez mon regard).
Quant aux retraites et à la transition écologique, l'argent nécessaire est là, mais il circule au "mauvais" endroit. Jamais, dans l'histoire du monde, toutes civilisations confondues, la concentration d'argent a été telle, jamais la différence entre plus riches et plus pauvres n'a été aussi gigantesque (c'est l'histoire des 42 individus qui possèdent plus de la moitié de la richesse planétaire).
Mais évidemment, pas question que cette concentration de richesse serve à ce à quoi elle devrait servir, car les lois du marchés ne sont pas dirigées vers ce type d'usage infructueux.
Au sujet des retraites, une adolescente me sortait l'autre jour un aphorisme intéressant : « Je ne comprends pas pourquoi celui qui a gagné 10.000 € par mois durant toute sa vie et qui a eu le temps de se constituer un bon matelas pour sa vieillesse (propriétés, investissements) reçoit pour sa retraite cette même somme dont il pourrait se passer, alors que celui qui a surnagé toute sa vie avec le smic continue à recevoir aussi peu alors qu'il n'a aucune réserve. Ça ne devrait pas être le contraire ? » Ah, la vision fraîche des jeunes ! Mais qui acceptera ce principe (que tout le monde gagne la même chose pour la retraite) ? « J'ai payé ma retraite toute ma vie, il est temps que maintenant je la reçoive. » Et pourtant, la cotisation pour la sécu est basée sur le pourcentage de ce que l'on gagne, pas sur ce qu'on dépense en soins. Pourquoi pas les retraites ?
Bref, pour ne pas faire plus long ce déjà long message, je pense que tant que l'État ne se réengagera très fortement pas pour imposer des choses qui paraissent écologiquement évidentes et économiquement peu rentables, ce qui n'est pas la direction qu'aucun État prend puisque tous se désengagent, tant qu'il n'y aura pas plafonnement des richesse par les États, et surtout, plus directement, tant qu'il n'y aura pas un mouvement social suffisamment fort pour être décisif (mais on a vu la manière dont les États traitent les mouvements sociaux non encadrés, et les lois sur la surveillance ont peut-être ici leur genèse), tant que ceci n'arrivera pas (et malheureusement, je n'y crois pas), les mesures écologiques prisent ne seront que des cache-misère.
Donc, du coup, oui, une réduction de la démographie peut être économiquement envisageable, si on estime que les lois économiques peuvent, ou plutôt doivent, changer. Si on ne croit pas que ces lois puissent ou doivent changer, alors oui, ton argument tient, mais le corolaire, c'est que le problème de survie de l'écosystème ne sera jamais résolu car les moyens nécessaires ne seront jamais pleinement mis en œuvre. Du moins c'est ainsi que je le perçois.
Je ne crois pas que ça puisse être suffisant, même si ça apporterait une légère bouffée d'oxygène (oxygène aussitôt récupéré par les industries, d'ailleurs). Le problème, c'est la surproduction à outrance. Combien de SUV/jour pour compenser une minute de conso de trois avions Rafale, que j'ai vu s'amuser tous les jours pendant une heure au-dessus du Cantal ? Pour compenser une minute d'usage de tous les stupidphones du monde ? Pour compenser une journée de prod de toutes les usines Danone ? Pour compenser l'impact de toutes les maisons ou apparts terminées dans le monde au cours d'un seul mois ?