• [^] # Re: Cyberpunk.

    Posté par . En réponse au journal Un peu de science fiction. Évalué à 8. Dernière modification le 20 septembre 2023 à 10:59.

    Ce que tu dis est un classique de la critique de la science fiction quelque soit le genre. Malheureusement, l'idée préconçue que la science fiction est censée prévoir l'avenir de façon réaliste est communément admise mais assez fausse.

    Ça n'a jamais été vraiment l'objet de cette littérature. La SF décrit des mondes imaginaire, qui s'inspirent plus ou moins de la réalité et en se basant sur la capacité de la science et le progrés technologique a fertilisé nos imaginaire. Il s'agit surtout de créer un effet de suspension de l'incrédulité chez le lecteur et le projeter dans un autre monde inspiré du notre. C'est en quelque sorte un "hack" littéraire qui permet d'ouvrir une porte dans un esprit rationnel et l'autorise à utiliser son imagination au prix de certain compromis avec le réalisme, là où le fantastique ou la fantasy emploieraient d'autres mécaniques basées sur la magie ou des phénomènes et univers purement imaginaire et irréalistes.

    Comme le disais Arthur C. Clarke : Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie.

    Ce problème cette rationalité supposée de la SF a même donné un sous genre de SF appelé Hard Science Fiction, qui se veut vraiment réaliste sur le plan des principes scientifique mis en oeuvre dans le récit. Ce genre a quelque chef d'oeuvre qui valent le détour, certes.

    Mais tout ce qui appartient au genre de la SF n'appartient pas au genre Hard SF, et n'a pas vocation à l'être. Et dans ce cadre, pour moi, ton point 1 n'a pas lieu d'être en tant que critique. Si tu préfère, on s'en cogne un peu que les voitures de 2023 ne volent pas encore alors qu'elle le font allégrement dans la SF.

    Par exemple, on peut surement trouvé plein d'incohérence dans Do Androids Dream About Electric Sheep de Philip K. Dick, mais incohérences ou pas, ça n'enlève absolument rien a l'importance fondamentale de ce livre dans la perception de notre rapport aux machines et a leur "intelligence". La seule erreur de Dick dans ce livre, c'est d'avoir fait du cyberpunk sans le savoir bien avant tout le monde. (1966) Et relire aujourd'hui ce livre donne le vertige, bien au delà du film qu'il a inspiré, Blade runner qui lui s'inscrit tout a fait dans le genre Cyberpunk et son folklore un peu désuet.

    Et le punk est un style artistique excessif, maladroit, bourré d'énergie, que perso j'adore coupablement. Ce qui est rigolo c'est que le punk n'en finit jamais de mourir et de renaitre. C'est un peu comme si il était mort à sa naissance. Je met ça sur le compte que c'est un genre qui s'apparente un peu a des moments dans notre vie ou on a envie de tout envoyer pété tellement ce que l'on perçoit du monde est absurde. Hors ce sentiment existera toujours et trouvera toujours une voie pour s'exprimer, qu'elle que soit la forme artistique utilisée. Le punk ne peut pas mourir parce qu'il est déjà mort. Le punk ne peut pas devenir désuet car il l'a toujours été. Le punk ne respecte aucune convention, en particulier une qui consisterait a définir ce qui appartient au punk. Le premier truc que les punk envoient allégrement chier c'est le punk et ce que des gardiens autoproclamés de ce genre voudrait bien mettre dedans.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.