• [^] # Re: Deja vu

    Posté par . En réponse au lien Plus de 1000 scientifiques lancent un appel contre la relance du nucléaire en France. Évalué à 4.

    Je l'ai déjà dit ici, mais je pense que l'argument de la "base constante fiable" pour dire qu'un système avec une grosse proportion d'intermittent ne peut pas marcher est très naïf.

    Comme vous le dites, il faut maintenir la balance entre la génération et la demande.
    Or, si on veut atteindre les objectifs climatiques, il va falloir électrifier beaucoup. Le chauffage et les transports, même réduits, sont une grosse part, et augmentent les fluctuations locales. Cela implique donc qu'on doit avoir, localement, une grosse flexibilité au niveau de la distribution. Les meilleures solutions pour ça sont le stockage, le foisonnement, le demand-side-response, la création de réseaux résilients et inter-connectés, ...

    Ces besoins existeront quoi qu'il arrive, nucléaire ou pas. Sauf que si on développe ces aspects, on se retrouve avec les outils qui permettent de minimiser très fortement l'impact d'une intermittence au niveau de la génération.

    Ajouté à cela, il y a l'idée que vu qu'hier il a fait gris et sans vent dans mon petit village, cela implique que l'intermittent ne produit absolument rien sur l'ensemble de la surface interconnectée. Or, en réalité, les jours où l'intermittent a vraiment du mal sur une région et une période assez grandes pour poser des problèmes est très rare (un dunkelflaute problématique, c'est en gros une fois tout les 5 ans), et a en réalité une probabilité d'avoir lieu du même ordre que la probabilité pour une centrale nucléaire de devoir arrêter la production à cause d'un problème imprévu. Du coup, l'argument marche dans les deux sens: on a besoin d'une production à tout instant, et pour ça, un gros générateur n'est pas idéal, car quand il est en panne, ça a un gros impact.