Une fédération au fonctionnement anarchique ne peut pas imposer de mode de fonctionnement interne dans ses entités fédérées, on est d'accord ?
Elle va fixer des règles, et des méthodes, et si l'entité respecte, elle peut faire partie de la fédération, sinon, ben pas.
J'ai côtoyé plusieurs antennes de la Croix Rouge, et le fonctionnement interne était à chaque fois très différent.
Dans la mienne il y avait une forte séparation entre le secourisme et le social, presque pas de dialogue, et assez peu d'interactions, même s'il m'est arrivé - en tant que secouriste - de faire des actions pour le social, c'était rare.
Ailleurs c'était bien plus intégré.
Et dans la grande ville la plus proche, l'organisation était bien plus hiérarchique, avec des services distincts, et un certain nombre de responsables, et même des salariés.
La maçonnerie est un bidule initiatique, donc tu n'entres pas tout à fait pleinement et à l'égal des autres : d'abord apprenti, puis compagnon, puis maître, le parcours semble assez cadré, mais en réalité chaque loge l'organise bien comme elle veut. De ce que j'en sais, certaines pourraient même ne pas vraiment le faire, mais ça perd un peu de son intérêt je suppose.
Et donc tu peux parfaitement avoir des loges très dirigiste, hiérarchisées, où tout est décidé par le maître de la loge, et d'autres où c'est nettement plus libre, mode auberge espagnole, où on y trouve ce qu'on y amène. Et n'importe quoi entre les deux.
L'anarchie est à mettre au niveau de la fédération, pas au niveau de chaque entité et de chaque individu.
C'est à dire que chaque entité s'auto-gère comme elle le souhaite, et que la fédération elle-même ne sert qu'à faire respecter la charte ou la constitution, et gérer la « marque », la communication extérieure, etc, pour regrouper les efforts.
On le voit d'un côté sur les actions de la Croix Rouge Française, les appels aux dons nationaux, etc. Et de l'autre sur les prises de position publiques par exemple du Grand Orient sur la laïcité assez régulièrement.
Pour répondre spécifiquement à ta question : selon ma mère « chez nous on propose des sujets aux apprentis, et ils choisissent, ou prennent autre chose s'ils ont une idée, le sujet n'a pas tellement d'importance, c'est le travail qui compte. »
Par ailleurs, le maître est élu pour un an, et il me semble qu'il ne peut pas rester plus de trois ans, donc ça tourne, et chacun dirigera la loge à son tour, mais c'est surtout un rôle administratif, il est président de l'association (car ce sont des associations loi 1901 parfaitement normales), il bosse dur pour que tout se passe bien pour tout le monde, mais pas vraiment pour dire aux gens quoi faire.
Cela dit, il s'agit d'êtres humains, donc certains doivent prendre ça comme un pouvoir et l'utiliser comme un chef.
Apparemment c'est quand même pas l'esprit...
À la croix rouge, le président était là tout le temps, et depuis des temps immémoriaux, et personne n'avait vraiment envie de lui prendre son job. D'ailleurs quand il est parti à la retraite de ses responsabilités croix rouge (une crise cardiaque ça ralentit les ardeurs), la section secouriste s'est délitée (moi, j'avais vraiment pas le temps, mais les autres non plus).
N'empêche, le principe c'est que la fédération ne régule pas les entités, elle gère les conflits quand il y en a, mais ne police pas les actions, et ne donne pas d'ordres.
Après, c'est plus facile pour ce genre de fédération, car il y a au moins une base d'objectifs communs, et un cap assez clair.
Pour une société toute entière, la difficulté c'est qu'il faut inclure tout le monde et composer avec des objectifs très différents, voire contradictoire.
Par exemple l'intérêt des particuliers et celui des entreprises. D'où dans les sociétés anarchistes, les entreprises appartiennent aux employés, parce que comme ça il n'y a pas de conflit d'intérêt -> l'intérêt de l'entreprise est celui de ses employés, et ça n'est pas contradictoire avec une activité lucrative, les employés ayant tout de même la motivation d'avoir un salaire...
La piraterie par exemple est un mélange bâtard d'anarchie et d'autocratie.
Le capitaine reste seul maître à bord, mais cette règle est une règle de base de survie en mer, encore aujourd'hui, une décision du capitaine a normalement force de loi sur le navire.
Le butin cependant est partagé entre tous, chacun participe à l'entreprise toute entière, les revenus ne vont à personne d'autre. Encore une fois, c'est l'esprit, en pratique il y a des gens, et ils font leur propre n'importe quoi à leur manière.
[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la "culture des connards". Évalué à 5.
Une fédération au fonctionnement anarchique ne peut pas imposer de mode de fonctionnement interne dans ses entités fédérées, on est d'accord ?
Elle va fixer des règles, et des méthodes, et si l'entité respecte, elle peut faire partie de la fédération, sinon, ben pas.
J'ai côtoyé plusieurs antennes de la Croix Rouge, et le fonctionnement interne était à chaque fois très différent.
Dans la mienne il y avait une forte séparation entre le secourisme et le social, presque pas de dialogue, et assez peu d'interactions, même s'il m'est arrivé - en tant que secouriste - de faire des actions pour le social, c'était rare.
Ailleurs c'était bien plus intégré.
Et dans la grande ville la plus proche, l'organisation était bien plus hiérarchique, avec des services distincts, et un certain nombre de responsables, et même des salariés.
La maçonnerie est un bidule initiatique, donc tu n'entres pas tout à fait pleinement et à l'égal des autres : d'abord apprenti, puis compagnon, puis maître, le parcours semble assez cadré, mais en réalité chaque loge l'organise bien comme elle veut. De ce que j'en sais, certaines pourraient même ne pas vraiment le faire, mais ça perd un peu de son intérêt je suppose.
Et donc tu peux parfaitement avoir des loges très dirigiste, hiérarchisées, où tout est décidé par le maître de la loge, et d'autres où c'est nettement plus libre, mode auberge espagnole, où on y trouve ce qu'on y amène. Et n'importe quoi entre les deux.
L'anarchie est à mettre au niveau de la fédération, pas au niveau de chaque entité et de chaque individu.
C'est à dire que chaque entité s'auto-gère comme elle le souhaite, et que la fédération elle-même ne sert qu'à faire respecter la charte ou la constitution, et gérer la « marque », la communication extérieure, etc, pour regrouper les efforts.
On le voit d'un côté sur les actions de la Croix Rouge Française, les appels aux dons nationaux, etc. Et de l'autre sur les prises de position publiques par exemple du Grand Orient sur la laïcité assez régulièrement.
Pour répondre spécifiquement à ta question : selon ma mère « chez nous on propose des sujets aux apprentis, et ils choisissent, ou prennent autre chose s'ils ont une idée, le sujet n'a pas tellement d'importance, c'est le travail qui compte. »
Par ailleurs, le maître est élu pour un an, et il me semble qu'il ne peut pas rester plus de trois ans, donc ça tourne, et chacun dirigera la loge à son tour, mais c'est surtout un rôle administratif, il est président de l'association (car ce sont des associations loi 1901 parfaitement normales), il bosse dur pour que tout se passe bien pour tout le monde, mais pas vraiment pour dire aux gens quoi faire.
Cela dit, il s'agit d'êtres humains, donc certains doivent prendre ça comme un pouvoir et l'utiliser comme un chef.
Apparemment c'est quand même pas l'esprit...
À la croix rouge, le président était là tout le temps, et depuis des temps immémoriaux, et personne n'avait vraiment envie de lui prendre son job. D'ailleurs quand il est parti à la retraite de ses responsabilités croix rouge (une crise cardiaque ça ralentit les ardeurs), la section secouriste s'est délitée (moi, j'avais vraiment pas le temps, mais les autres non plus).
N'empêche, le principe c'est que la fédération ne régule pas les entités, elle gère les conflits quand il y en a, mais ne police pas les actions, et ne donne pas d'ordres.
Après, c'est plus facile pour ce genre de fédération, car il y a au moins une base d'objectifs communs, et un cap assez clair.
Pour une société toute entière, la difficulté c'est qu'il faut inclure tout le monde et composer avec des objectifs très différents, voire contradictoire.
Par exemple l'intérêt des particuliers et celui des entreprises. D'où dans les sociétés anarchistes, les entreprises appartiennent aux employés, parce que comme ça il n'y a pas de conflit d'intérêt -> l'intérêt de l'entreprise est celui de ses employés, et ça n'est pas contradictoire avec une activité lucrative, les employés ayant tout de même la motivation d'avoir un salaire...
La piraterie par exemple est un mélange bâtard d'anarchie et d'autocratie.
Le capitaine reste seul maître à bord, mais cette règle est une règle de base de survie en mer, encore aujourd'hui, une décision du capitaine a normalement force de loi sur le navire.
Le butin cependant est partagé entre tous, chacun participe à l'entreprise toute entière, les revenus ne vont à personne d'autre. Encore une fois, c'est l'esprit, en pratique il y a des gens, et ils font leur propre n'importe quoi à leur manière.