• [^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?

    Posté par . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la "culture des connards". Évalué à 6.

    C’est plus compliqué encore. Il s’agit de maximiser l’extraction de valeur, c’est-à-dire obtenir la meilleure productivité au coût le plus faible possible. Dans des métiers intellectuels, ou du moins qui nécessitent un certain engagement affectif, il est nécessaire de créer (ou faire croire à) un environnement de travail agréable. De l’autre côté il faut s’assurer de la loyauté inconditionnelle des travailleurs et du management, pour assurer que les buts qu’ils poursuivent sont alignés sur ceux de la direction. Dans les organisations qui priviligient une forme brutale et grossière de loyauté, on trouvera aisément que les toxiques sont promus et encouragés. Tout particulièrement si les intérêts des travailleurs sont en contradiction frontale avec ceux du patronnat (le cas Orange).

    Il y a une contradiction au sein même du capitalisme.

    À celà s’ajoute que dans de grande organisation (on vit dans un régime capitaliste avancé, où le marché n’existe plus et l’économie dominée par de grands oligopoles) le middle peut acquérir une certaine autonomie. De là vient les toxiques individuels qu’on peut rencontrer même dans des entreprises à peu près saines (ps : d’expérience ce n’est pas nécessairement dans les grandes boites qu’on a le plus de toxiques cependant, car de fait il y a moins d’autonomie individuelle et plus de procédures qui régissent les relations inter-personnelles).

    Là où le système devient pervers c’est quand il cherche à donner l’illusion d’un travail sain, agréable, sans l’être. C’est la tendance générale et ça met les employés, peu politisés et donc peu capable de recul et d’analyse critique, dans une situation de dissonance cognitive.

    En informatique il suffit de voir la réaction des uns et des autres. Certains aspects du métier sont particulièrement touchés par cette dissonance (tout particulièrement lorsqu’on touche à la confusion entre exigence métier au sens d’excellence technique, et exigence poussée par les employeurs). Lorsque je parle de pissage de code, de course à la nouveauté, ... le déni est tel que c’en est caricatural.