• [^] # Re: Le telephone pro (ENT/Pronote)

    Posté par . En réponse au journal Maltraitance informatique. Évalué à 3.

    Plusieurs points soulevés ici, et je me permet de donner mon avis de vieux prof de collège.

    L'argument fallacieux du cahier de texte est bien réel mais bien antérieur à pronote ou aux ENT. À l'origine, le cahier de texte est un outil destiné à l'inspection et pas du tout aux élèves. Sauf qu'un cahier de texte "papier" doit voyager de salle en salle et que pour pouvoir désigner un (削除) pigeon (削除ここまで) élève pour le transporter, le minimum est d'y trouver un intérêt pour lui : « rattraper les cours ». L'argument ne tiens pas, c'est totalement inefficace, mais répété à l'envi, on fini par y croire.
    D'ailleurs, impression personnelle, le passage au « cahier de texte numérique » n'a jamais vraiment été l'occasion de repenser la chose, le paradigme du cahier de texte papier mais surtout ce travers à gentiment été reprise par les éditeurs sans plus de procès.

    Le côté « devoir donné à l'arrache le dimanche soir pour le lundi matin » existe. J'ai aussi un gamin stressé par cet (rare) éventualité même s'il sait que je massacrerai sans aucune pitié le collègue qui se permettrait cela. Ce qui est plus fréquent (chez mon gamin aussi) c'est le devoir donné la semaine précédente, mal noté dans l'agenda et redécouvert le dimanche soir. Ah oui, peut-être que le cahier de texte en ligne a été complété peu de temps avant, mais le problème est ailleurs.

    Pour la messagerie, ce n'est pas tant le nombre de message qu'il faut regarder mais l'évolution des relations enseignants-parents. Un peu en vrac, quelques idées de mon point de vue. Forcément biaisé par le public favorisé de mon établissement et par mon statut d'ancien (les parents sont moins revendicatifs avec les vieux profs et plus du tout quand ce sont d'anciens élèves)
    - ces échanges existent simplement. Mes parents n'avaient probablement même pas idée de l'existence de certains de mes profs...
    - les « mots » dit de « discipline » envoyés aux parents sont nettement moins agressifs, plus factuels et plus constructifs quand ils sont rédigés, au clavier, après l'incident qu'écrits à la main, à la va-vite, dans un carnet de correspondance.
    - les parents envahissants et/ou malsains sont rares. Sur les deux dernières années j'ai été confronté indirectement à un cas où un parent de la 6e dont j'étais prof. principal cherchait des ennuis à une jeune stagiaire débutante. On a pris le temps avec sa tutrice de lui faire rédiger sa réponse qu'elle n'aurait pas pu faire sans notre recul.
    - l'écrit à valeur légale pas négligeable. En ce moment je suis en séjour d'intégration avec les 6e : j'ai eu deux messages pour m'autoriser à confier au retour A. en 6e5 à la maman de Z en 6e2 et pour B. qui sera ramené par les parents de Y. Sans ça, je ne pouvais pas.
    - certains messages sont utiles et d'autres de ne servent à rien, mais pas si inutiles que ça. Toujours pour les 6e, petit rappel sur les préparatifs du séjour, des documents à fournir. C'est utile. 12 réponses avec l'attestation d'assurance qui manquait. C'est indispensable. J'ai accusé réception des 12 documents, c'est inutile mais ça montre juste aux parents qu'on est là et on a même eu quelques remerciements anticipés. Inutiles aussi mais bien agréables.

    100 messages par an ça ne me parait finalement pas scandaleux, moins de 3 par semaine, pour ce contact avec l'école qui a pas mal d'effets de bord plutôt positifs.
    Pour donner une idée, pour moi l'ENT c'est 143 messages reçus depuis la rentrée (majorité de l'administration, puis de collègues) 8 de parents en plus des documents évoqués plus haut et très peu d'élèves (mais ça viendra avec les premiers devoirs). En plus des accusés de réception, j'ai envoyé 7 messages à des parents dont deux à l'ensemble de la classe dont je suis prof principal.

    Le téléphone c'est surtout pour les cas graves et/ou urgents.