Enfin, se séparer de Twitter et Facebook dont les algorithmes sont pensé pour sélectionner les messages anxiogènes.
Je connais plusieurs personnes qui m'ont dit avoir un usage de Twitter qui ne corresponds pas à ça, et je pense que la réalité est légèrement différente.
Mon hypothèse, c'est que les réseaux sociaux ne vont pas te donner des messages anxiogènes, mais des messages qui engagent. Ça corresponds à leur besoin, et surtout, ç'est faisable facilement. Il suffit de voir ce que tu as aimé, et la ou tu as passé du temps, de faire correspondre à un profil semblable et d'utiliser le contenu de ce profil pour déterminer ce qui va t'engager autant.
Si ensuite, quelqu'un consomme principalement du contenu anxiogène, c'est ce que l'algo va redonner. Si quelqu'un filtre le contenu pour passer du temps sur le baseball, l'algo va filer du baseball.
Bien sur, mettre la responsabilité sur l'algo et leur proprio, c'est un façon rapide de se dédouaner en tant qu'usager du service. C'est une explication séduisante pour ne pas se demander qui poste les messages anxiogènes (indice: les usagers), pourquoi est ce qu'il y a une culture qui va rendre vertueux le fait de lire les messages à défaut d'agir, ou les conditions structurels qui aboutissent à ça.
Pour donner un exemple, Mastodon (dans le sens le microblogging sur le fedivers) n'a pas ce mécanisme de recommandation.
On peut pas blâmer Facebook ou Twitter.
Pourtant, les messages anxiogènes arrivent quand même chez moi à un taux assez insupportable.
Par exemple, Christina Dunbar-Hester, l'autrice de Hacking Diversity poste sans arrêt des choses anxiogènes vis à vis du climat et de covid. C'est son droit, et je pense qu'elle estime que c'est son devoir que d'informer sur le sujet (surtout le climat, elle a écrit un bouquin sur ça). J'avais décidé de la suivre parce que le livre sur la diversité était intéressant (au moins pour la partie ou j'ai pas vécu les événements), mais tout les jours, je me dit que je devrais arrêter de la suivre à cause du fil.
Je ne sais pas exactement pourquoi je suis au courant d'une fusillade dans une université hier à plusieurs milliers de kilomètre, mais voila, ç'est arrivé jusqu'à mon écran. J'ai jamais été à DEFCON, je compte pas y aller mais je suis au courant des épidémies la bas (en l’occurrence, de Légionellose).
Et je suis au courant parce que les humains transmettent l'info. Ils transmettent car c'est vu comme une bonne chose d'alerter sur les problèmes. Sauf que comme y a aucun moyen de préciser ce que tu partages ou à qui, tu te retrouves à surpartager les problèmes, d’où l'omniprésence de messages anxiogènes.
Les algos n'aident pas, mais ils sont ni l'alpha, ni l’oméga du probléme. On les pointent du doigt surtout parce qu'on a besoin d'un vilain alterisé pour ne aps se remettre en question, et y a rien de mieux qu'une entreprise et des programmes pour ça, car c'est sans visage et pas humain tout en ayant une influence tangible sur le monde (au contraire de tout ce qu'on a pu inventer comme mythologie depuis toujours).
[^] # Re: Le telephone pro
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au journal Maltraitance informatique. Évalué à 10.
Je connais plusieurs personnes qui m'ont dit avoir un usage de Twitter qui ne corresponds pas à ça, et je pense que la réalité est légèrement différente.
Mon hypothèse, c'est que les réseaux sociaux ne vont pas te donner des messages anxiogènes, mais des messages qui engagent. Ça corresponds à leur besoin, et surtout, ç'est faisable facilement. Il suffit de voir ce que tu as aimé, et la ou tu as passé du temps, de faire correspondre à un profil semblable et d'utiliser le contenu de ce profil pour déterminer ce qui va t'engager autant.
Si ensuite, quelqu'un consomme principalement du contenu anxiogène, c'est ce que l'algo va redonner. Si quelqu'un filtre le contenu pour passer du temps sur le baseball, l'algo va filer du baseball.
Bien sur, mettre la responsabilité sur l'algo et leur proprio, c'est un façon rapide de se dédouaner en tant qu'usager du service. C'est une explication séduisante pour ne pas se demander qui poste les messages anxiogènes (indice: les usagers), pourquoi est ce qu'il y a une culture qui va rendre vertueux le fait de lire les messages à défaut d'agir, ou les conditions structurels qui aboutissent à ça.
Pour donner un exemple, Mastodon (dans le sens le microblogging sur le fedivers) n'a pas ce mécanisme de recommandation.
On peut pas blâmer Facebook ou Twitter.
Pourtant, les messages anxiogènes arrivent quand même chez moi à un taux assez insupportable.
Par exemple, Christina Dunbar-Hester, l'autrice de Hacking Diversity poste sans arrêt des choses anxiogènes vis à vis du climat et de covid. C'est son droit, et je pense qu'elle estime que c'est son devoir que d'informer sur le sujet (surtout le climat, elle a écrit un bouquin sur ça). J'avais décidé de la suivre parce que le livre sur la diversité était intéressant (au moins pour la partie ou j'ai pas vécu les événements), mais tout les jours, je me dit que je devrais arrêter de la suivre à cause du fil.
Je ne sais pas exactement pourquoi je suis au courant d'une fusillade dans une université hier à plusieurs milliers de kilomètre, mais voila, ç'est arrivé jusqu'à mon écran. J'ai jamais été à DEFCON, je compte pas y aller mais je suis au courant des épidémies la bas (en l’occurrence, de Légionellose).
Et je suis au courant parce que les humains transmettent l'info. Ils transmettent car c'est vu comme une bonne chose d'alerter sur les problèmes. Sauf que comme y a aucun moyen de préciser ce que tu partages ou à qui, tu te retrouves à surpartager les problèmes, d’où l'omniprésence de messages anxiogènes.
Les algos n'aident pas, mais ils sont ni l'alpha, ni l’oméga du probléme. On les pointent du doigt surtout parce qu'on a besoin d'un vilain alterisé pour ne aps se remettre en question, et y a rien de mieux qu'une entreprise et des programmes pour ça, car c'est sans visage et pas humain tout en ayant une influence tangible sur le monde (au contraire de tout ce qu'on a pu inventer comme mythologie depuis toujours).