C'est peut-être une question de définition, mais pour moi, "anti-nucléaire" (et "pro-nucléaire") signifie qu'on a un biais à l'encontre (ou pour) le nucléaire. Les gens biaisés pour le nucléaire auront du mal à accepter si une étude a des conclusions qui ne vont pas dans leur sens. Mais les gens normaux qui font des études sur le sujet auront parfois des conclusions allant dans le sens du nucléaire et parfois allant à l'encontre du nucléaire. Avoir simplement une conclusion qui ne va pas dans le sens du nucléaire n'implique donc pas qu'il y ait un biais.
Je suis conforté dans cette définition quand je pense aux autres usages de "anti": anti-migrant, anti-police, anti-OGM, ... Ces qualificatifs ne sont pas utilisés simplement parce que quelqu'un a eu une conclusion qui va à l'encontre de ces sujets.
Ils sont anti-nucléaire, c'est clair : ils disent stop, plus rien, faut faire autre chose, mais cesser le nucléaire. Sans dire qu'il faut démanteler l'existant, mais cesser d'investir !
La question est plutôt: s'ils avaient obtenu la conclusion que le nucléaire est viable, auraient-ils triché ou enterré leur étude ? Parce que dire "houlà, il y a un problème, ça ne fonctionne pas", c'est plutôt sain, et cela ne correspond pas vraiment à l'usage qui est fait du terme "anti" dans tout les autres contextes. Au contraire, on pourrait même argumenter que quelqu'un qui aime le nucléaire veut éviter de voir ce système utilisé dans une situation où il ne peut qu'échouer (ce n'est pas le cas ici, mais cela illustre que dire "houlà, cela ne fonctionne pas" ne permet pas de savoir si les auteurs aiment ou n'aiment pas le nucléaire)
Peut-être que ma définition est incorrecte, mais si c'est le cas, ma réaction ici précise de quoi je parlais dans mon commentaire sur lequel tu réagis.
perte de compétences ;
Vu qu'il n'est question nulle part d'arrêter la recherche, cela ne correspond pas vraiment à ce dont ils parlent. Sans compter que si on va dans ce sens, comme le nombre d'investissement est un nombre fini, tout investissement dans le nucléaire est un investissement en moins ailleurs, et donc investir dans le nucléaire équivaut, selon toi, à une perte de compétences dans d'autres domaines.
perte de notre seule chance viable de trouver une solution pour les déchets radioactif
Comme quelqu'un d'autres l'a dit ailleurs, ça n'a aucun sens. De nouveau, cela revient à dire qu'investir dans le nucléaire revient, par exemple, à perdre la seule chance viable de développer des batteries performantes.
perte d'un moyen de production là où on a tout intérêt - par principe - à être variés, et ne pas dépendre d'une seule source.
J'y vois là de nouveau le gros fossé entre "grand public" et "personnes travaillant sur le sujet". Dire simplement "ça doit être varié" est évidemment simpliste (chaque source de génération a ses avantages et inconvénients, mais cela ne veut pas dire que la seule combinaison viable est une combinaison qui utilise toutes les sources). Après tout, générer de l'électricité en cultivant des pastèques et en utilisant ces pastèques pour nourrir des hamsters qui courent dans des roues accrochées à des dynamos, c'est aussi une source, alors, il faut investir dans celle-ci aussi, histoire d'avoir une mixité. Pareil pour les considérations sur "2 mois de pluie ininterrompue implique forcément de l'énergie fossile sans le nucléaire". De toutes évidences, les gens qui bossent sur ces questions ont évidemment pensé à ces considérations si évidentes.
mais c'est pas trop la question, vu que la question semble ici de savoir ce qui est le mieux pour le climat.
Et l'économie n'est pas bonne pour le climat, elle s'en fout allègrement du climat, c'est pas son problème le climat.
Mais cet article ne parle pas de "l'économie" au sens "profit", mais de l'économie au sens de la stratégie logistique pour mettre en place les solutions étant donné une ressource spécifique: l'investissement disponible. Je pense que c'est le gros problème des "technophiles" quand ils parlent du nucléaire: ils ont des belles théories, mais ils sont incapables de les mettre en place parce qu'ils n'ont regardé que les équations physiques et ont considérés que tout les autres domaines d'étude sont des idiots. C'est quand même évident que si tu as deux solutions et qu'une solution permet d'avoir 10x plus de bénéfice avec les mêmes ressources, c'est idiot de vouloir aller dans l'autre sens, particulièrement quand ces ressources sont finies et qu'on voit, en faisant le calcul, qu'on va tomber à court de ressource avant d'atteindre la deadline.
En fait, je ne pige pas comment ils passent de « le nucléaire est moins viable économiquement que les énergies renouvelables » à « investir dans le nucléaire est mauvais pour le climat ».
De la même façon que d'autres ici disent parfois "le renouvelable est mauvais pour le climat". Si tu regardes leur discours, ils font exactement ce que font les auteurs de cet article: ils regardent une ressource (que ce soit le rendement énergétique, les surfaces disponibles, les métaux rares, ...) et voient que si on passe à l'échelle, on utilise toutes les ressources disponibles avant d'atteindre les objectifs nécessaires. Tout ce que font ces auteurs, c'est une étude basée sur une ressource précise: les investissements. Pourquoi serait-ce un saut illogique quand il s'agit de la ressource "argent", mais ça ne le serait pas quand il s'agit de la ressource "jour d'ensoleillement" (que tu as toi-même utilisée).
C'est comme si pour eux l'économie propulse l'écologie.
C'est tout aussi stupide que de dire que si quelqu'un qui émet des doutes sur le renouvelable sur base des jours d'ensoleillement, c'est que cette personne, pour elle, la météo propulse l'écologie, ou que la météo ne se fout pas allègrement du climat (et tu peux remplacer "jours d'ensoleillement" par tout les autres clichés utilisés pour dire que le renouvellable n'est pas une bonne idée).
[^] # Re: C'est toujours pas une bonne raison pour abandonner complètement le nucléaire.
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Why investing in new nuclear plants is bad for the climate. Évalué à 3.
C'est peut-être une question de définition, mais pour moi, "anti-nucléaire" (et "pro-nucléaire") signifie qu'on a un biais à l'encontre (ou pour) le nucléaire. Les gens biaisés pour le nucléaire auront du mal à accepter si une étude a des conclusions qui ne vont pas dans leur sens. Mais les gens normaux qui font des études sur le sujet auront parfois des conclusions allant dans le sens du nucléaire et parfois allant à l'encontre du nucléaire. Avoir simplement une conclusion qui ne va pas dans le sens du nucléaire n'implique donc pas qu'il y ait un biais.
Je suis conforté dans cette définition quand je pense aux autres usages de "anti": anti-migrant, anti-police, anti-OGM, ... Ces qualificatifs ne sont pas utilisés simplement parce que quelqu'un a eu une conclusion qui va à l'encontre de ces sujets.
La question est plutôt: s'ils avaient obtenu la conclusion que le nucléaire est viable, auraient-ils triché ou enterré leur étude ? Parce que dire "houlà, il y a un problème, ça ne fonctionne pas", c'est plutôt sain, et cela ne correspond pas vraiment à l'usage qui est fait du terme "anti" dans tout les autres contextes. Au contraire, on pourrait même argumenter que quelqu'un qui aime le nucléaire veut éviter de voir ce système utilisé dans une situation où il ne peut qu'échouer (ce n'est pas le cas ici, mais cela illustre que dire "houlà, cela ne fonctionne pas" ne permet pas de savoir si les auteurs aiment ou n'aiment pas le nucléaire)
Peut-être que ma définition est incorrecte, mais si c'est le cas, ma réaction ici précise de quoi je parlais dans mon commentaire sur lequel tu réagis.
Vu qu'il n'est question nulle part d'arrêter la recherche, cela ne correspond pas vraiment à ce dont ils parlent. Sans compter que si on va dans ce sens, comme le nombre d'investissement est un nombre fini, tout investissement dans le nucléaire est un investissement en moins ailleurs, et donc investir dans le nucléaire équivaut, selon toi, à une perte de compétences dans d'autres domaines.
Comme quelqu'un d'autres l'a dit ailleurs, ça n'a aucun sens. De nouveau, cela revient à dire qu'investir dans le nucléaire revient, par exemple, à perdre la seule chance viable de développer des batteries performantes.
J'y vois là de nouveau le gros fossé entre "grand public" et "personnes travaillant sur le sujet". Dire simplement "ça doit être varié" est évidemment simpliste (chaque source de génération a ses avantages et inconvénients, mais cela ne veut pas dire que la seule combinaison viable est une combinaison qui utilise toutes les sources). Après tout, générer de l'électricité en cultivant des pastèques et en utilisant ces pastèques pour nourrir des hamsters qui courent dans des roues accrochées à des dynamos, c'est aussi une source, alors, il faut investir dans celle-ci aussi, histoire d'avoir une mixité. Pareil pour les considérations sur "2 mois de pluie ininterrompue implique forcément de l'énergie fossile sans le nucléaire". De toutes évidences, les gens qui bossent sur ces questions ont évidemment pensé à ces considérations si évidentes.
Mais cet article ne parle pas de "l'économie" au sens "profit", mais de l'économie au sens de la stratégie logistique pour mettre en place les solutions étant donné une ressource spécifique: l'investissement disponible. Je pense que c'est le gros problème des "technophiles" quand ils parlent du nucléaire: ils ont des belles théories, mais ils sont incapables de les mettre en place parce qu'ils n'ont regardé que les équations physiques et ont considérés que tout les autres domaines d'étude sont des idiots. C'est quand même évident que si tu as deux solutions et qu'une solution permet d'avoir 10x plus de bénéfice avec les mêmes ressources, c'est idiot de vouloir aller dans l'autre sens, particulièrement quand ces ressources sont finies et qu'on voit, en faisant le calcul, qu'on va tomber à court de ressource avant d'atteindre la deadline.
De la même façon que d'autres ici disent parfois "le renouvelable est mauvais pour le climat". Si tu regardes leur discours, ils font exactement ce que font les auteurs de cet article: ils regardent une ressource (que ce soit le rendement énergétique, les surfaces disponibles, les métaux rares, ...) et voient que si on passe à l'échelle, on utilise toutes les ressources disponibles avant d'atteindre les objectifs nécessaires. Tout ce que font ces auteurs, c'est une étude basée sur une ressource précise: les investissements. Pourquoi serait-ce un saut illogique quand il s'agit de la ressource "argent", mais ça ne le serait pas quand il s'agit de la ressource "jour d'ensoleillement" (que tu as toi-même utilisée).
C'est tout aussi stupide que de dire que si quelqu'un qui émet des doutes sur le renouvelable sur base des jours d'ensoleillement, c'est que cette personne, pour elle, la météo propulse l'écologie, ou que la météo ne se fout pas allègrement du climat (et tu peux remplacer "jours d'ensoleillement" par tout les autres clichés utilisés pour dire que le renouvellable n'est pas une bonne idée).