On est d'accord, c'est ce que j'ai dis quelques paragraphes plus loin de l'extrait. Il faudra bien penser à réduire tant que faire se peut notre consommation de certains biens, pas tous.
En fait, quand je parle de la technologie, je parle de l'application des découvertes scientifiques dans le sens général. Ce n'est pas réellement exploiter les ressources, surtout celles non encore extraites. Je parle de la manière de mieux utiliser celles dont on dispose déjà.
Un exemple tout bête, comment utiliser l'énergie solaire la nuit ? A priori ce n'est pas possible, mais une société française a créé les volants de stockage solaire. L'idée est assez simple. En journée, on fait tourner des cylindres en béton à l'aide de moteurs électriques alimentés par l'énergie solaire. Le soir, les volants - très lourds et qui ont donc une inertie conséquente - vont faire tourner des dynamos pour restituer l'énergie cinétique stockée sous forme d'électricité.
Une technique utilisable avec l'éolien consiste à immerger des citernes dans l'océan, quand il y a du vent, on utilise l'électricité produite par une éolienne pour les vider de leur eau et les remplir d'air. Quand il n'y a plus de vent, on laisse l'eau s'y engouffrer, et à l'aide de petites turbines on produit de l'électricité grâce à la différence de pression.
On pourrait peut-être envisager d'utiliser le solaire et l'éolien pour créer un système autonome "lent" qui recycle les matériaux (métaux, etc.) dans les décharges, nettoie les océan, trie les déchets ménagers (à l'aide de l'IA), replante des arbres dans les zones ayant subi une déforestation, etc. Et puis la technologie pourrait également nous apporter la solution à la pollution, si tout ce qu'on fabrique est 100% recyclable.
Alors oui, il faut d'abord réduire notre consommation, donc nos activités économiques, mais jusqu'à un certain degré seulement, car la décroissance a ses limites aussi. Si elle induit une augmentation importance du taux de chômage ou une réduction drastique du niveau de vie de la population, cela risque de créer des tensions, voire des révoltes ou des guerres. Il ne faut pas beaucoup pour convaincre une personne que ses droits fondamentaux sont bafoués parce que l'essence coûte 10 centimes plus cher. Nous avons probablement tous autour de nous des gens qui gagnent bien leur vie et qui sont en colère contre la hausse des prix, alors que eux peuvent se permettre de continuer à vivre confortablement. Imaginez un peu les gens qui ont du mal à joindre les deux bouts ? N'importe quel populiste pourrait facilement mettre le feu aux poudres. Il suffira comme d'habitude de désigner un bouc émissaire et paf ! on crève toujours de chaud mais en plus on est en dictature !
Donc au final, on aura toujours besoin de la technologie pour modérer les effets secondaires de la décroissance. D'ailleurs, on n'a pas à choisir entre technologie et décroissance, on peut très bien avoir les deux.
[^] # Re: Certaines idées cornucopianistes ne sont pas foncièrement mauvaises, mais...
Posté par abbe_sayday . En réponse au lien Les cornucopiens sont parmi nous ! Mais qui sont-ils ?. Évalué à 2.
On est d'accord, c'est ce que j'ai dis quelques paragraphes plus loin de l'extrait. Il faudra bien penser à réduire tant que faire se peut notre consommation de certains biens, pas tous.
En fait, quand je parle de la technologie, je parle de l'application des découvertes scientifiques dans le sens général. Ce n'est pas réellement exploiter les ressources, surtout celles non encore extraites. Je parle de la manière de mieux utiliser celles dont on dispose déjà.
Un exemple tout bête, comment utiliser l'énergie solaire la nuit ? A priori ce n'est pas possible, mais une société française a créé les volants de stockage solaire. L'idée est assez simple. En journée, on fait tourner des cylindres en béton à l'aide de moteurs électriques alimentés par l'énergie solaire. Le soir, les volants - très lourds et qui ont donc une inertie conséquente - vont faire tourner des dynamos pour restituer l'énergie cinétique stockée sous forme d'électricité.
Une technique utilisable avec l'éolien consiste à immerger des citernes dans l'océan, quand il y a du vent, on utilise l'électricité produite par une éolienne pour les vider de leur eau et les remplir d'air. Quand il n'y a plus de vent, on laisse l'eau s'y engouffrer, et à l'aide de petites turbines on produit de l'électricité grâce à la différence de pression.
On pourrait peut-être envisager d'utiliser le solaire et l'éolien pour créer un système autonome "lent" qui recycle les matériaux (métaux, etc.) dans les décharges, nettoie les océan, trie les déchets ménagers (à l'aide de l'IA), replante des arbres dans les zones ayant subi une déforestation, etc. Et puis la technologie pourrait également nous apporter la solution à la pollution, si tout ce qu'on fabrique est 100% recyclable.
Alors oui, il faut d'abord réduire notre consommation, donc nos activités économiques, mais jusqu'à un certain degré seulement, car la décroissance a ses limites aussi. Si elle induit une augmentation importance du taux de chômage ou une réduction drastique du niveau de vie de la population, cela risque de créer des tensions, voire des révoltes ou des guerres. Il ne faut pas beaucoup pour convaincre une personne que ses droits fondamentaux sont bafoués parce que l'essence coûte 10 centimes plus cher. Nous avons probablement tous autour de nous des gens qui gagnent bien leur vie et qui sont en colère contre la hausse des prix, alors que eux peuvent se permettre de continuer à vivre confortablement. Imaginez un peu les gens qui ont du mal à joindre les deux bouts ? N'importe quel populiste pourrait facilement mettre le feu aux poudres. Il suffira comme d'habitude de désigner un bouc émissaire et paf ! on crève toujours de chaud mais en plus on est en dictature !
Donc au final, on aura toujours besoin de la technologie pour modérer les effets secondaires de la décroissance. D'ailleurs, on n'a pas à choisir entre technologie et décroissance, on peut très bien avoir les deux.
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