• [^] # Re: merci pour le partage

    Posté par . En réponse au journal l'autostop comme pratique politique. Évalué à 4.

    J'ai pratiqué beaucoup l'autostop dans le passé et je le voyais déjà comme une sorte d'acte militant. Le fond est donc totalement passé au dessus de la forme. C'est peut-être la différence ?

    Si t'es moyen intéressé par le sujet et que tu n'as jamais vraiment pratiqué le stop et ne comptes pas le faire, il faudrait alors commencer par une explication plutôt que le résumé final de la chose.

    Après pour être plus sur le journal lui-même je le trouve un peu poussif sur le côté militant justement.

    Beaucoup de conducteurs sont des migrants eux-mêmes.

    Ils font du stop dans la vallée de la Roya ou quoi ?

    Se réapproprier le temps. Prendre le temps de voyager au lieu d'optimiser pour arriver à destination aussi vite que possible.

    Les horaires sont restreints. Les correspondances sont pourries. Il y a des zones qui ne sont pas couvertes. Toujours en retard.

    C'est un peu contradictoire, j'ai appris à prendre le temps en allant dans les endroits les plus reculés en transport en commun !

    En fait, les transports en commun et le stop se mélangent pour moi.

    Rencontrer des ennemis politiques très sympas.

    Je suis monté dans le 4x4 d'un mec du FLNC dans la Corse profonde. J'étais descendu à pieds depuis la montagne dans un petit village avec des tags FLNC partout et des trous de fusils partout (genre beaucoup plus qu'ailleurs). Il a partagé sa route avec moi 30 minutes, il était plutôt sympa et la discussion politique n'était pas du tout tendu, même si j'ai montré mon désaccord sur certains points. Le plus dur c'est les 5 premières minutes où t'es pas encore sûr si tu dois sauter du véhicule en marche ou pas.

    Jouer un rôle dans une vie imaginaire quand on discute avec le conducteur.

    Ahah tellement de fois je m'invente des vies pour avoir des discussions plus intéressantes avec les chauffeurs.

    L'autostop au final m'a surtout appris un peu plus l'humilité. Quand tu va demander en direct aux gens un trajet au lieu de tendre le pouce, les réactions peuvent parfois être violentes verbalement car les gens se sentent pousser / agresser. C'est aller voir des gens et dire : je suis en position de faiblesse et j'ai besoin d'aide. Et c'est malgré ça accepter humblement de se faire rembarrer, rire au nez, ou accepter de recevoir un compte rendu politique qui t'explique que tu es un parasite. C'est la vie.