• [^] # Re: Niger

    Posté par . En réponse au journal Lutte Informatique d'Influence. Évalué à 3.

    Effectivement, j'ai été un peu rapide, et effectivement, on ne peut pas passer sur ce dossier. On peut (et doit) néanmoins faire plusieurs remarques.

    Sur la réponse pénale, en premier lieu. Absence de réponse pénale n'est pas absence de sanctions. Le simple fait qu'il y ait eu une investigation pénale est déjà une différence par rapport à la Russie.

    Il est déjà rare de condamner des hommes pour viol, en France, sans preuves extrêmement fortes, alors qu'il s'agit d'un des domaines où elles sont les plus difficiles à produire. Il suffit de parcourir un blog ou un média même vaguement féministe pour s'en convaincre, et c'est déjà un problème en métropole... Alors prouver un viol à l'autre bout du monde, dans un pays en guerre, miné par la prostitution et des réseaux prêts à tendre des pièges sexuels pour ensuite crier au viol et miner l'image de la France, bon courage. Surtout qu'au pénal, l'accusé a droit à un avocat, qui se battra bec et ongles pour faire remarquer toutes les failles, et dans un dossier pareil, elles seront béantes. L'article Wikipedia consacré à ces affaires est d'ailleurs bien plus nuancé que les accusations à l'emporte-pièces.

    Par contre, les militaires ne sont pas exposés qu'aux sanctions pénales, ils sont aussi exposés aux sanctions militaires. Elles sont moins lourdes, mais elles sont aussi bien plus faciles à prendre. Tu peux être certain qu'une plainte pour viol remonte directement jusqu'au général qui commande la zone, et que lui ne fera pas dans la dentelle. Il n'hésitera pas une seconde à se débarrasser de deux gugusses pour ne pas mettre en danger une opération qui en implique 2000 autres. Donc il va convoquer les types impliqués, leur signifier un retour maison disciplinaire avec signalement au procureur de la république, et dans l'avion. Or, pour un militaire, avoir un rapatriement disciplinaire, c'est la fin d'une carrière. Pour un militaire sous contrat, c'est la certitude d'un non-renouvellement de contrat, et pour un militaire de carrière, c'est l'impossibilité de monter en grade, et à chaque grade est associé une limite d'âge. Une fois la limite d'âge atteinte, soit tu montes en grade, soit tu dégages.

    Entendons-nous bien : il n'est pas question de nier qu'il y a eu des viols en Centrafrique. Il y en a probablement eu : c'est une zone de guerre, après tout. Simplement, la grosse différence avec Wagner, c'est que la France n'organise pas les exactions au niveau hiérarchique et cherche même à les sanctionner, tandis qu'avec les Russes, il n'y a qu'à se pencher pour les ramasser.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.