Ben pas tout a fait. Même si le résultat pratique reviens a peu prés au même, ce ne sont pas pour les mêmes raisons. Et ces raisons sont importante à bien comprendre, de mon point de vue.
C'est amusant, car j'ai une anecdote personnelle récente sur le même problème. Et je vais finir par croire que c'est moi qui pense le truc de travers à force. Je vais partir sur l'anecdote du coup.
C'est une discussion avec un ami, voisin de vacance de longue date. Il est archéologue. une soixantaine de publications, c'est pas une sommité dans l'archéologie, mais il travaille pour le museum d'histoire naturelle et c'est une personne toute fait sérieuse et particulièrement brillante sur le plan intellectuel. On est dans la région de Perpignan, et je lui évoque la tenue d'un colloque qui me semble très intéressant sur le sujet du réchauffement climatique, à Port Vendres.
Colloque que je recommande chaudement d'ailleurs, et dont voici la chaine YT. il est intéressant car au delà d'avoir quelque conférences de bon niveau, il y a une déclinaison locale, c'est a dire des scientifique qui s'intéresse aux effet du RC à une échelle régionale.
Mais pour en revenir à mon archéologue, on évoque le fameux effet papillon au grés de notre conversation. Et il me donne en exemple, l'eruption d'un volcan qui a provoqué un refroidissement climatique à une époque qu'il a étudié et dont il a relevé les traces.
Sauf que non. Pour le coup, je lui dit que je ne pense pas que ce soit un effet papillon. Et je lui explique pourquoi je pense que cela n'en ai pas un. Mathématiquement, je ne serais pas capable de lui en faire la démonstration, mais sur le plan théorique, de ce que j'en ai compris. L'effet papillon se caractérise par une sensibilité extrême aux conditions initiale dans l'étude d'un système dynamique. On peut modéliser le système, mais une infime variation dans les paramétre en entrée de modèle lui fait changer radicalement d'état après une certaines occurrences de calcul du modèle. C'est ainsi que Lorentz a décrit et formalisé son fameux effet papillon. Et c'est effectivement cet effet papillon qui rend la météo imprévisible. Avec cette image malheureuse car source de nombreux contresens d'un papillon qui causerait une tempête au Texas. On oublie dans cette image, qu'il existe un nombre très important de papillons qui battent des ailes, et tout ces papillons sont tout autant responsable de la tempête. Enfin responsable, pas vraiment, mais si on en tue un, en tout cas, n'importe lequel, on a plus de tempête au Texas. (on aura une tempête dans l'Ohio peut-être et un papillon mort, ce qui est quand même regrettable ...)
Ce n'est pas du tout le cas avec notre volcan. Il n'y a qu'un volcan et son effet sur le climat est macroscopique. C'est juste un événement imprévisible, mais ce n'est pas un effet papillon.
Même si le résultat est plus ou moins le même, les raison pour lequel c'est a peu prés le même sont différente, et ce n'est pas simplement une question de jouer sur les mots.
Dans le cas qui nous occupe, celui du RC plus chaud que prévu, il est possible que l'arrêt des émission d'aérosols en liens avec les règlementation de la qualité de l'air, soit en partie responsable de ce réchauffement plus chaud que prévu, du moins dans certains cas.
Une chose, en revanche, a surpris les chercheurs : l’impact des aérosols. « On n’imaginait pas qu’ils avaient une telle incidence sur le climat français », affirme Julien Boé, de l’unité Climat, Environnement, Couplages et Incertitudes3. « On observe que, jusque dans les années 1980, l’effet des aérosols a masqué le réchauffement climatique, au point qu’il n’apparaît quasiment pas dans les instruments. »
Dans un cas on sait pourquoi on ne peut pas prévoir (l'effet papillon dans la météo). Dans un autre cas, c'est juste qu'on a pas compté un truc dedans, qu'on avait pas prévu, soit parce qu'on l'avait pas vu, ou qu'il était simplement imprévisible par nature, comme une éruption volcanique.
Note bien qu'il a y aussi une variabilité climatique "chaotique" dans les modèles. Les climatologues parlent alors d'incertitude interne aux modèles. Mais dans le cas du volcan, c'est une incertitude non prévue, donc plutôt externe au modèle.
Bon, pour en revenir a mon archéologue, il a pas su quoi répondre. ça m'a amusé, avec mon bac +2, de surprendre un bac +12. On s'amuse comme on peut quand on a un scientifique sous la main en vacances. (note que ce qui m'a forcé d'admiration, c'est qu'il a compris très vite qu'il y avait peut-être une faiblesse dans son raisonnement, ce qui démonte un esprit vif et sceptique, qualité indispensable au chercheur).
(je vais me la refaire aussi, parce que c'est chiant de toujours douter de ce qu'on pense, du coup, on est jamais complétement sur de soi quand on pense un truc, et si ça se trouve, c'est moi qui pense vraiment le truc de travers).
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: « selon une étude, [fait extraordinaire], pourrait [conséquence a priori improbable] »
Posté par Big Pete . En réponse au lien Selon une étude, le Gulf Stream pourrait s'effondrer dès 2025. Évalué à 6. Dernière modification le 27 juillet 2023 à 13:51.
Ben pas tout a fait. Même si le résultat pratique reviens a peu prés au même, ce ne sont pas pour les mêmes raisons. Et ces raisons sont importante à bien comprendre, de mon point de vue.
C'est amusant, car j'ai une anecdote personnelle récente sur le même problème. Et je vais finir par croire que c'est moi qui pense le truc de travers à force. Je vais partir sur l'anecdote du coup.
C'est une discussion avec un ami, voisin de vacance de longue date. Il est archéologue. une soixantaine de publications, c'est pas une sommité dans l'archéologie, mais il travaille pour le museum d'histoire naturelle et c'est une personne toute fait sérieuse et particulièrement brillante sur le plan intellectuel. On est dans la région de Perpignan, et je lui évoque la tenue d'un colloque qui me semble très intéressant sur le sujet du réchauffement climatique, à Port Vendres.
Colloque que je recommande chaudement d'ailleurs, et dont voici la chaine YT. il est intéressant car au delà d'avoir quelque conférences de bon niveau, il y a une déclinaison locale, c'est a dire des scientifique qui s'intéresse aux effet du RC à une échelle régionale.
Mais pour en revenir à mon archéologue, on évoque le fameux effet papillon au grés de notre conversation. Et il me donne en exemple, l'eruption d'un volcan qui a provoqué un refroidissement climatique à une époque qu'il a étudié et dont il a relevé les traces.
Sauf que non. Pour le coup, je lui dit que je ne pense pas que ce soit un effet papillon. Et je lui explique pourquoi je pense que cela n'en ai pas un. Mathématiquement, je ne serais pas capable de lui en faire la démonstration, mais sur le plan théorique, de ce que j'en ai compris. L'effet papillon se caractérise par une sensibilité extrême aux conditions initiale dans l'étude d'un système dynamique. On peut modéliser le système, mais une infime variation dans les paramétre en entrée de modèle lui fait changer radicalement d'état après une certaines occurrences de calcul du modèle. C'est ainsi que Lorentz a décrit et formalisé son fameux effet papillon. Et c'est effectivement cet effet papillon qui rend la météo imprévisible. Avec cette image malheureuse car source de nombreux contresens d'un papillon qui causerait une tempête au Texas. On oublie dans cette image, qu'il existe un nombre très important de papillons qui battent des ailes, et tout ces papillons sont tout autant responsable de la tempête. Enfin responsable, pas vraiment, mais si on en tue un, en tout cas, n'importe lequel, on a plus de tempête au Texas. (on aura une tempête dans l'Ohio peut-être et un papillon mort, ce qui est quand même regrettable ...)
Ce n'est pas du tout le cas avec notre volcan. Il n'y a qu'un volcan et son effet sur le climat est macroscopique. C'est juste un événement imprévisible, mais ce n'est pas un effet papillon.
Même si le résultat est plus ou moins le même, les raison pour lequel c'est a peu prés le même sont différente, et ce n'est pas simplement une question de jouer sur les mots.
Dans le cas qui nous occupe, celui du RC plus chaud que prévu, il est possible que l'arrêt des émission d'aérosols en liens avec les règlementation de la qualité de l'air, soit en partie responsable de ce réchauffement plus chaud que prévu, du moins dans certains cas.
https://lejournal.cnrs.fr/articles/le-rechauffement-climatique-en-france-sannonce-pire-que-prevu
Dans un cas on sait pourquoi on ne peut pas prévoir (l'effet papillon dans la météo). Dans un autre cas, c'est juste qu'on a pas compté un truc dedans, qu'on avait pas prévu, soit parce qu'on l'avait pas vu, ou qu'il était simplement imprévisible par nature, comme une éruption volcanique.
Note bien qu'il a y aussi une variabilité climatique "chaotique" dans les modèles. Les climatologues parlent alors d'incertitude interne aux modèles. Mais dans le cas du volcan, c'est une incertitude non prévue, donc plutôt externe au modèle.
Bon, pour en revenir a mon archéologue, il a pas su quoi répondre. ça m'a amusé, avec mon bac +2, de surprendre un bac +12. On s'amuse comme on peut quand on a un scientifique sous la main en vacances. (note que ce qui m'a forcé d'admiration, c'est qu'il a compris très vite qu'il y avait peut-être une faiblesse dans son raisonnement, ce qui démonte un esprit vif et sceptique, qualité indispensable au chercheur).
Sur l'effet papillon, je recommande chaudement la vidéo de science étonnante sur le sujet.
(je vais me la refaire aussi, parce que c'est chiant de toujours douter de ce qu'on pense, du coup, on est jamais complétement sur de soi quand on pense un truc, et si ça se trouve, c'est moi qui pense vraiment le truc de travers).
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.