Tant que les prix étaient stables, ils proposaient des prix inférieurs à EDF
Oui, grâce à la réglementation, EDF est obligée de vendre à tarif réglementé une partie de sa production venant des centrales nucléaires.
Fort de cet apport, ces fournisseurs alternatifs ont pu proposer des tarifs inférieurs: ils n'ont aucun investissement et aucun frais de maintenance, c'est EDF qui régale.
Mais quand les volumes de clients ont augmenté, ils n'avaient plus assez d'électricité pas chère d'EDF, et... n'ayant rien investi, aucune source propre. Alors quand leur volume de client a augmenté, n'ayant aucune source propre, ils ont vu leur coût augmenter également: il aurait fallu acheter plus d'électricité hors tarifs à rabais de chez EDF.
On s'est donc félicité du succès de cette ouverture de marché, et augmenté le quota qu'EDF devait vendre à rabais, toujours sans aucune obligation d'investissement de ces parasites.
Étape suivante: bien saigner la bête.
Quand les tarifs du gaz sont devenus exorbitants, et que les fournisseurs d'électricité ont vu qu'ils allaient perdre de l'argent, ils ont "renvoyé" leurs clients en masse chez EDF (annulations de contrats ou augmentation des tarifs pour repasser au-dessus d'EDF).
Les clients retournent donc chez EDF, qui n'a pas le droit de les refuser. C'est là que la 2ème escroquerie a lieu: EDF doit RACHETER l'électricité qu'elle produit à ces revendeurs, qui ne produisent toujours rien, mais bien évidemment PAS au tarif régulé, mais avec une bonne marge! Double punition pour EDF.
Si "les gens" avaient su à l'époque comment le système allait fonctionner, ils auraient sûrement été bien moins enthousiastes!
Quand ça allait "bien", ça n'était qu'une apparence, et tous les acteurs qui avaient plongé le nez dedans le savaient. On privait EDF d'un argent qui aurait autrement mieux servi à investir, ce qui aurait peut-être évité le problème qu'on a aujourd'hui: la plupart de l'électricité est produite par des centrales nucléaires vieillissantes, et on a 0 solution pour le court-terme.
Toute décision, surtout de cet acabit, est un pari et tu n'es jamais sûr du résultat.
Si tu avais suivi les auditions de la commission sur la souveraineté énergétique, tu aurais vu qu'il y avait tous les signaux d'alarme. À un moment, ne pas écouter les experts, c'est un choix politique.
Et d'ailleurs, c'est quoi l'excuse aujourd'hui? S'ils étaient compétents et travaillaient pour l'intérêt de la France, on ferait marche arrière pour arrêter cette connerie sans nom.
On supprime cette concurrence qui n'a de fait rien apporté à part de brèves illusions, on remet EDF entreprise d'État exclusive en charge de la production et la distribution d'électricité.
Est-ce que c'est ce qu'on fait?
Non! On rabote ici et là, mais on ne touche pas au fond du problème.
Et on y croit tellement, que l'État re-nationalise quand même EDF pour construire les EPR, avec un plan ensuite de re-privatiser (dont l'AN semble avoir torpillé l'inscription dans le marbre, mais je ne doute pas qu'ils feront ce qu'ils voulaient le moment venu).
On va donc continuer à laisser couler un robinet de pognon aux dépends d'EDF dans des boites parasites. Peut-être même qu'on ira jusqu'à privatiser les centrales nucléaires? Quoi de mieux qu'une boite avec des actionnaires à la recherche de la rentabilité à tout prix pour assurer la sécurité d'une centrale nucléaire...
Note: au Québec, on a a peu près la même situation qu'EDF à son âge d'or: une entreprise d'État (en fait de Province), Hydro-Québec, en charge de l'essentiel de la production et de la distribution sur tout le territoire. L'électricité est très peu chère. Et en ce moment, la grande question, c'est de préparer aujourd'hui ce dont on aura besoin dans 10ans.
[^] # Re: Comme dirait Jean-Pierre, c'est de la merde
Posté par Maclag . En réponse au journal "Contestabilité concurrentielle". Évalué à 10.
Oui, grâce à la réglementation, EDF est obligée de vendre à tarif réglementé une partie de sa production venant des centrales nucléaires.
Fort de cet apport, ces fournisseurs alternatifs ont pu proposer des tarifs inférieurs: ils n'ont aucun investissement et aucun frais de maintenance, c'est EDF qui régale.
Mais quand les volumes de clients ont augmenté, ils n'avaient plus assez d'électricité pas chère d'EDF, et... n'ayant rien investi, aucune source propre. Alors quand leur volume de client a augmenté, n'ayant aucune source propre, ils ont vu leur coût augmenter également: il aurait fallu acheter plus d'électricité hors tarifs à rabais de chez EDF.
On s'est donc félicité du succès de cette ouverture de marché, et augmenté le quota qu'EDF devait vendre à rabais, toujours sans aucune obligation d'investissement de ces parasites.
Étape suivante: bien saigner la bête.
Quand les tarifs du gaz sont devenus exorbitants, et que les fournisseurs d'électricité ont vu qu'ils allaient perdre de l'argent, ils ont "renvoyé" leurs clients en masse chez EDF (annulations de contrats ou augmentation des tarifs pour repasser au-dessus d'EDF).
Les clients retournent donc chez EDF, qui n'a pas le droit de les refuser. C'est là que la 2ème escroquerie a lieu: EDF doit RACHETER l'électricité qu'elle produit à ces revendeurs, qui ne produisent toujours rien, mais bien évidemment PAS au tarif régulé, mais avec une bonne marge! Double punition pour EDF.
Si "les gens" avaient su à l'époque comment le système allait fonctionner, ils auraient sûrement été bien moins enthousiastes!
Quand ça allait "bien", ça n'était qu'une apparence, et tous les acteurs qui avaient plongé le nez dedans le savaient. On privait EDF d'un argent qui aurait autrement mieux servi à investir, ce qui aurait peut-être évité le problème qu'on a aujourd'hui: la plupart de l'électricité est produite par des centrales nucléaires vieillissantes, et on a 0 solution pour le court-terme.
Si tu avais suivi les auditions de la commission sur la souveraineté énergétique, tu aurais vu qu'il y avait tous les signaux d'alarme. À un moment, ne pas écouter les experts, c'est un choix politique.
Et d'ailleurs, c'est quoi l'excuse aujourd'hui? S'ils étaient compétents et travaillaient pour l'intérêt de la France, on ferait marche arrière pour arrêter cette connerie sans nom.
On supprime cette concurrence qui n'a de fait rien apporté à part de brèves illusions, on remet EDF entreprise d'État exclusive en charge de la production et la distribution d'électricité.
Est-ce que c'est ce qu'on fait?
Non! On rabote ici et là, mais on ne touche pas au fond du problème.
Et on y croit tellement, que l'État re-nationalise quand même EDF pour construire les EPR, avec un plan ensuite de re-privatiser (dont l'AN semble avoir torpillé l'inscription dans le marbre, mais je ne doute pas qu'ils feront ce qu'ils voulaient le moment venu).
On va donc continuer à laisser couler un robinet de pognon aux dépends d'EDF dans des boites parasites. Peut-être même qu'on ira jusqu'à privatiser les centrales nucléaires? Quoi de mieux qu'une boite avec des actionnaires à la recherche de la rentabilité à tout prix pour assurer la sécurité d'une centrale nucléaire...
Note: au Québec, on a a peu près la même situation qu'EDF à son âge d'or: une entreprise d'État (en fait de Province), Hydro-Québec, en charge de l'essentiel de la production et de la distribution sur tout le territoire. L'électricité est très peu chère. Et en ce moment, la grande question, c'est de préparer aujourd'hui ce dont on aura besoin dans 10ans.