Dénoncer la violence des uns n’excuse pas celle des autres. La violence de l'État n'est pas équivalente à la violence d'émeutiers ou de manifestants. L’État n'est légitime que parce qu'il est capable d'emporter un compromis social. Si ce n'est plus le cas, alors c'est juste une bande d'hommes armés dont la violence n'est pas plus acceptable que celle de n'importe quelle mafia.
Or aujourd'hui l'État n'a plus de légitimité auprès de beaucoup de personnes racisés, qui n'ayant pas obtenu le minimum de justice qu'ils réclament depuis les années 80 (la marche des Beurs c'était le droit de rentrer en boite ...), ont bien dû s'organiser autrement. Il n'a plus de légitimité auprès des victimes de la désindustrialisation. Il n'a plus de légitimité non plus auprès de tous ceux qui depuis le traité de Maastricht et suivants, s'affolent de la destruction systématique des communs. Il n'a plus de légitimité non plus auprès de tous ceux qui s'inquiètent d'écologie.
Bref ce qui se passe, c'est que l'État est en train de perdre toute légitimé. Faute de rechercher un compromis social, la société se disloque et ça, ce n'est pas la faute des migrants, des banlieues ou de je ne sais quoi . C'est sa responsabilité directe.
La tentative de re-légitimation au travers de la mise en place d'un régime autoritaire s'appuie sur des années de politique indigente en matière de maintient de l'ordre, de stupéfiants, de protection de l'enfance, d'immigration. Elle dresse une partie de la population contre une autre, agite des relents de violence coloniale. Elle instrumentalise l'escalade de la violence pour obliger les gens à prendre parti. L'État construit du conflit au lieu du compromis social. Ce n'est plus la République. Sans justice, il n'y a plus de société. Que la police utilise la force pour faire respecter la loi, personne n'est contre. Mais quand elle l'utilise pour effrayer et punir (LBD pour tous), elle n'est plus le bras armé de la justice, mais celui de la tyrannie. C'est pour cela que les violences policières sont inacceptables. C'est pour cela qu'elle ne peuvent pas être considérées comme une réponse juste et légitime. La réponse juste c'est la justice qui la donne.
Les gauchistes ne sont pas dans le dénis. Ils connaissent très bien la France et ses problèmes. Ils ont juste compris qu'il est impératif de faire société, là ou les gens comme toi, viendront pleurer après le massacre en expliquant que plus jamais, qu'ils ne savaient pas, qu'ils n'avaient pas compris ...
# Toute chose n'est pas égale par ailleurs
Posté par Joris Dedieu (site web personnel) . En réponse au journal France, l'idéologie aveuglante. Évalué à 10.
Dénoncer la violence des uns n’excuse pas celle des autres. La violence de l'État n'est pas équivalente à la violence d'émeutiers ou de manifestants. L’État n'est légitime que parce qu'il est capable d'emporter un compromis social. Si ce n'est plus le cas, alors c'est juste une bande d'hommes armés dont la violence n'est pas plus acceptable que celle de n'importe quelle mafia.
Or aujourd'hui l'État n'a plus de légitimité auprès de beaucoup de personnes racisés, qui n'ayant pas obtenu le minimum de justice qu'ils réclament depuis les années 80 (la marche des Beurs c'était le droit de rentrer en boite ...), ont bien dû s'organiser autrement. Il n'a plus de légitimité auprès des victimes de la désindustrialisation. Il n'a plus de légitimité non plus auprès de tous ceux qui depuis le traité de Maastricht et suivants, s'affolent de la destruction systématique des communs. Il n'a plus de légitimité non plus auprès de tous ceux qui s'inquiètent d'écologie.
Bref ce qui se passe, c'est que l'État est en train de perdre toute légitimé. Faute de rechercher un compromis social, la société se disloque et ça, ce n'est pas la faute des migrants, des banlieues ou de je ne sais quoi . C'est sa responsabilité directe.
La tentative de re-légitimation au travers de la mise en place d'un régime autoritaire s'appuie sur des années de politique indigente en matière de maintient de l'ordre, de stupéfiants, de protection de l'enfance, d'immigration. Elle dresse une partie de la population contre une autre, agite des relents de violence coloniale. Elle instrumentalise l'escalade de la violence pour obliger les gens à prendre parti. L'État construit du conflit au lieu du compromis social. Ce n'est plus la République. Sans justice, il n'y a plus de société. Que la police utilise la force pour faire respecter la loi, personne n'est contre. Mais quand elle l'utilise pour effrayer et punir (LBD pour tous), elle n'est plus le bras armé de la justice, mais celui de la tyrannie. C'est pour cela que les violences policières sont inacceptables. C'est pour cela qu'elle ne peuvent pas être considérées comme une réponse juste et légitime. La réponse juste c'est la justice qui la donne.
Les gauchistes ne sont pas dans le dénis. Ils connaissent très bien la France et ses problèmes. Ils ont juste compris qu'il est impératif de faire société, là ou les gens comme toi, viendront pleurer après le massacre en expliquant que plus jamais, qu'ils ne savaient pas, qu'ils n'avaient pas compris ...