• [^] # Re: Et du coup pour DLFP

    Posté par . En réponse au journal Les mineurs privés de télécommunication, les majeurs traqués. Évalué à 5.

    Le tout dans le respect de chacun car le pseudonimat pouvait être levé au besoin par la justice.

    Justement, ce n'est pas ça le coeur du problème?

    1) Certains sites ne répondent pas aux demandes de la justice (parce qu'hébergés à l'étranger, typiquement)
    2) La justice ne récupère que l'IP et l'heure de connexion, ce qui est loin d'identifier une personne
    3) Il est maintenant trivial de passer par Tor ou un VPN (c'était possible il y a 10 ans, mais pas facile pour le commun des mortels)

    Paradoxalement, il est beaucoup plus facile pour Google de t'identifier que pour la justice.

    Ça me semble normal que la consultation d'Internet soit anonyme, mais dans l'absolu, la publication de contenus engage la responsabilité des auteurs (en terme de propriété intellectuelle et de délit de presse). Le principe qui imposerait à l'hébergeur de connaitre l'identité réelle des gens qui publient du contenu par leur site n'est pas particulièrement choquant; le journal connait l'identité de ses journalistes, et l'éditeur connait l'identité de ses auteurs, même ceux qui publient sous pseudonyme.

    J'ai l'impression qu'avec l'avènement rapide de ce qu'on a appelé le "web 2.0", on a complètement assimilé l'anonymat "normal" de la consultation (le même anonymat que celui qu'on a en écoutant la radio ou en regardant la télé), et un anonymat des auteurs, un peu comme si un commentaire sur un site était une sorte de tag ou de publication clandestine.

    C'est évidemment très différent de l'interdiction du pseudonymat (l'idée est que l'hébergeur connaisse l'identité des auteurs, qui peuvent poster sous pseudonyme), ou l'atteinte à la correspondance privée (seule la publication de contenu est concernée). L'implémentation, c'est autre chose, mais sur le principe, ça revient à essayer de refaire rentrer dans la normale une situation qui était devenue possible pour des raisons techniques, qui n'avaient rien à voir avec une reflexion sur la liberté d'expression.