Le concordat oui, c'est une entorse. Pour avoir eu des grands-parents alsaciens, je peux constater les avoir vu préférer le modèle allemand non laïque au modèle français. Cela me paraît donc un sujet lié à la spécificité de la région et aux traumatismes subis (la famille a eu un mort "allemand" en 14-18 et un mort "français" en 39-45, je pense qu'on a accepté cette spécificité comme on a pu faire dans d'autres régions sur d'autres sujets). Par contre, tout cela commence à dater donc dans une génération ou je ne sais quand, il serait utile de remettre à plat.
Pour le reste, je ne vois pas:
- dans la loi, les signes religieux discrets sont tolérés si on ne revendique pas leur côté religieux: étoile coranique, main de fatima... ça passe. Mon conjoint est dans l'éducation nationale, on a demandé à une élève de simplement mettre sa croix sous son T-Shirt. Refus, revendication => conseil de discipline. Et exclusion si cela recommence.
aumônerie: la loi parle des "différents cultes". Où est la discrimination ? D'ailleurs, cela semble plutôt en diminution... mais cela aurait du sens de les supprimer. L'école publique est un lieu spécifique neutre où les jeunes ne devraient pas être exposés aux influences ou sujets imposés par les adultes.
Ensuite il y a la pratique. L'éducation nationale, c'est plutôt tout accepter tant que personne ne s'en aperçoit ou ne râle, pas de vagues, pas d'embrouilles, c'est bon pour ta carrière. Et surtout débrouille toi à ton niveau, les grands chefs définissent peu de stratégie globale et mettent la plupart des décisions dans la main des chefs d'établissement (quitte à les désavouer en fonction des poussées médiatiques ou parent qui "gueule" plus que les autres)
En parlant de pratique, dans toute ma scolarité et pour mon conjoint maintenant, la règle était menu unique mais repas de substitution (pas végétarien, hein, substitution, mais maintenant le végétarien permet de gérer différemment ou alors offre multi-plat mais parfois il n'y a pas assez) quand il y avait du porc, que plusieurs religions ne mangent pas. Repas de substitution interdit aux autres religions (trop difficile à gérer en cuisine). Il n'y avait pas de poisson le vendredi saint par choix: ce serait écouter une religion précise, ce qu'on veut éviter. Et quand on faisait le lien avec les repas de substitution (si ce n'est pas lié à une religion spécifique, il faudra m'expliquer), les décideurs ne comprenaient pas (ou faisaient semblant). Donc oui, j'ai plutôt expérimenté l'inverse. Mais en fait, cela marchait bien, c'était un état de fait et personne ne revendiquait plus pour lui ou moins pour l'autre (ce qui est arrivé 20 ans plus tard)
Et pour les fêtes religieuses, il suffit de demander une absence pour raisons familiales et l'élève peut être absent
Le vrai point d'achoppement reste les signes religieux non discrets (perso, je suis contre à l'école, aucun souci sur la voie publique si ce n'est pas contraint)... et les crop-top ;-)
La vraie discrimination, ce sont les établissements à très forte concentration de CSP défavorisées où les profs ne sont pas remplacés car les parents n'ont pas la capacité de hausser le ton face au rectorat, ramener les journalistes...
[^] # Re: Des statistiques ethniques
Posté par krylian . En réponse au journal [société] France, la République aveugle ?. Évalué à 2.
Le concordat oui, c'est une entorse. Pour avoir eu des grands-parents alsaciens, je peux constater les avoir vu préférer le modèle allemand non laïque au modèle français. Cela me paraît donc un sujet lié à la spécificité de la région et aux traumatismes subis (la famille a eu un mort "allemand" en 14-18 et un mort "français" en 39-45, je pense qu'on a accepté cette spécificité comme on a pu faire dans d'autres régions sur d'autres sujets). Par contre, tout cela commence à dater donc dans une génération ou je ne sais quand, il serait utile de remettre à plat.
Pour le reste, je ne vois pas:
- dans la loi, les signes religieux discrets sont tolérés si on ne revendique pas leur côté religieux: étoile coranique, main de fatima... ça passe. Mon conjoint est dans l'éducation nationale, on a demandé à une élève de simplement mettre sa croix sous son T-Shirt. Refus, revendication => conseil de discipline. Et exclusion si cela recommence.
Ensuite il y a la pratique. L'éducation nationale, c'est plutôt tout accepter tant que personne ne s'en aperçoit ou ne râle, pas de vagues, pas d'embrouilles, c'est bon pour ta carrière. Et surtout débrouille toi à ton niveau, les grands chefs définissent peu de stratégie globale et mettent la plupart des décisions dans la main des chefs d'établissement (quitte à les désavouer en fonction des poussées médiatiques ou parent qui "gueule" plus que les autres)
En parlant de pratique, dans toute ma scolarité et pour mon conjoint maintenant, la règle était menu unique mais repas de substitution (pas végétarien, hein, substitution, mais maintenant le végétarien permet de gérer différemment ou alors offre multi-plat mais parfois il n'y a pas assez) quand il y avait du porc, que plusieurs religions ne mangent pas. Repas de substitution interdit aux autres religions (trop difficile à gérer en cuisine). Il n'y avait pas de poisson le vendredi saint par choix: ce serait écouter une religion précise, ce qu'on veut éviter. Et quand on faisait le lien avec les repas de substitution (si ce n'est pas lié à une religion spécifique, il faudra m'expliquer), les décideurs ne comprenaient pas (ou faisaient semblant). Donc oui, j'ai plutôt expérimenté l'inverse. Mais en fait, cela marchait bien, c'était un état de fait et personne ne revendiquait plus pour lui ou moins pour l'autre (ce qui est arrivé 20 ans plus tard)
Et pour les fêtes religieuses, il suffit de demander une absence pour raisons familiales et l'élève peut être absent
Le vrai point d'achoppement reste les signes religieux non discrets (perso, je suis contre à l'école, aucun souci sur la voie publique si ce n'est pas contraint)... et les crop-top ;-)
La vraie discrimination, ce sont les établissements à très forte concentration de CSP défavorisées où les profs ne sont pas remplacés car les parents n'ont pas la capacité de hausser le ton face au rectorat, ramener les journalistes...